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La défaite d'Hillary Clinton ou la preuve que le sang des innocents ne peut rester impuni

16 Novembre 2016 , Rédigé par S. Sellami

 
 

Je suis dans la joie parce que Donald Trump a gagné la dernière présidentielle américaine. Je suis dans l'allégresse parce que mon souhait s'est réalisé une fois de plus. La dernière fois où je formai un vœu, c'était en 2011, après que la coalition franco-onusienne eut fini de bombarder Abidjan. Qu'avais-je souhaité ? Que Goodluck Jonathan, Abdoulaye Wade, Nicolas Sarkozy, Amadou Toumani Touré, Blaise Compaoré, David Cameron perdent le pouvoir dans leur pays.

Et chacun d'entre eux le perdit effectivement. Certains partirent dans le déshonneur et sous les quolibets. C'est le cas de Compaoré chassé en 48 h comme un vulgaire voleur de poulets par le vaillant peuple burkinabè. Pourquoi avais-je souhaité que l'ancien dictateur de Ouaga et les autres ennemis de la Côte d'Ivoire sortent par la petite porte et pourquoi me suis-je réjoui de ce qui leur arriva? Pour répondre à cette double question, il convient de découvrir ce que ces hommes en commun.

Alors, qu'est-ce que ces gens ont en partage? Qu'est-ce qui les unit? Qu'ont-ils fait qu'ils n'auraient jamais dû faire? Ils ont mis leur "bouche" dans le problème des Ivoiriens. Ils ont comploté contre la Côte d'Ivoire qui se battait de toutes ses forces pour devenir plus libre et plus maîtresse de son destin. Ils ont soutenu des voyous et des assassins tout en diabolisant injustement Laurent Gbagbo qui voulait que les richesses du pays profitent, non pas exclusivement, mais d'abord aux Ivoiriens et n'entendait pas travailler sous la dictée de la France.

Ils ont fait couler le sang des Ivoiriens à l'Ouest pour que des multinationales et des étrangers viennent y occuper les terres. Ils sont responsables des tueries et massacres qui eurent lieu dans notre pays pour avoir pris fait et cause pour un imposteur. Ils ont applaudi, dansé et festoyé après la mort de Mouammar Kadhafi qui, sans être saint, avait aidé financièrement plusieurs pays sahéliens et engagé, courageusement et généreusement, le combat pour que l'Afrique devienne progressivement autonome et souveraine. Ils se sont servis du malheur des autres (tremblement de terre en Haïti, violences à l'Est de la RDC, instabilité de la Libye, etc.) pour s'enrichir.

Pourquoi tous les hommes et femmes épris de justice devraient-ils être contents que ces personnes malfaisantes soient passées à la trappe les unes après les autres? Parce que leur départ du pouvoir ou leur échec électoral, malgré le soutien dont ils bénéficiaient de la part de l'oligarchie financière internationale, est la preuve que tout se paie ici-bas (le mal autant que le bien) et que le tort causé au petit et au pauvre, le sang et le cri de l'innocent ne peuvent rester indéfiniment sans conséquences. Ouattara devrait comprendre que son passé de faiseur de coups d'État finira bien par le rattraper et que son tour d'être chassé est imminent car, comme l'a bien dit le professeur Aboudramane Sangaré, "ce combat-là ne s'arrêtera pas". Le président par intérim du FPI ne parlait pas uniquement du combat pour le triomphe de la vérité et de la justice, du combat pour une Côte d'Ivoire libre et souveraine.

Il voulait dire aussi que le combat pour faire partir Ouattara et sa clique de pilleurs et de menteurs sera mené jusqu'au bout, quoi qu'il advienne. Que le régime agonisant d'Abidjan sache donc que ni les intimidations, ni les agressions des "Microbes", ni les arrestations des leaders du Front du Refus, ni le gazage des manifestants ne stopperont cette grande marche vers une Côte d'Ivoire débarrassée d'escrocs et de sanguinaires et que les prochaines législatives bidon ne détourneront pas l'attention des Ivoiriens de cet objectif majeur.

Pourquoi la victoire de Trump me fait-elle chaud au cœur? Parce que le successeur d'Obama a dit, clairement et gravement, que le président des États-Unis d'Amérique a mieux à faire chez lui que d'intervenir chez les autres, que son pays doit cesser de semer le chaos, la mort et la désolation çà et là (voyons dans quel état se trouvent aujourd'hui l'Irak, la Libye et la Côte d'Ivoire et qui peut nous convaincre que la vie est meilleure aujourd'hui dans ces trois pays?) sous prétexte qu'on veut y imposer la démocratie ou sauver des populations qui seraient en danger. Pour Donald Trump, l'Amérique n'est pas le gendarme du monde et ses dirigeants devraient s'employer à résoudre les nombreux problèmes des Américains au lieu de jouer les sauveurs ou justiciers dans les autres pays.

Certains pays sont considérés ou se considèrent comme de grands pays. Je dois affirmer que cette grandeur n'est pas toujours méritée et que, dans certains cas, il s'agit purement et simplement d'une pseudo-grandeur car la vraie grandeur ne consiste pas à décider ce qui est bon ou mauvais pour les autres, à leur imposer ses vues, ni à leur donner des leçons et des ordres mais à respecter leur liberté, c'est-à-dire à ne pas juger les choix qu'ils ont faits. La grandeur a ainsi quelque chose à voir avec l'humilité, aussi paradoxal que cela paraisse. Et telle est peut-être la signification de la formule employée plusieurs fois par Trump lors de la campagne électorale: "Je ferai en sorte que l'Amérique retrouve sa grandeur" (I will make America great again).

Tant mieux si Trump arrivait à faire quelque chose pour l'Afrique pendant son premier mandat mais je fais partie de ceux qui croient dur comme fer que les Africains n'ont rien à attendre de lui ni des autres dirigeants occidentaux et que c'est à chaque Africain d'être lui-même "le boulanger de sa vie" (Jacques Roumain dans Gouverneurs de la rosée). Cela veut dire que nous devons nous battre, et donc accepter de prendre des risques, pour que chacun de nos pays devienne une terre de justice et de liberté. Les autres peuples ne pourront que nous accompagner. Pour le dire autrement, l'avenir de l'Afrique relève d'abord et avant tout de la responsabilité et de l'engagement des Africains.Si je n'attends rien de Trump pour l'Afrique, alors pourquoi sa victoire me réjouit-elle? Pourquoi peut-on regarder son élection comme une bonne nouvelle? Parce que le candidat des Républicains a montré qu'il n'est pas sous l'emprise des médias mensonges, parce que, the last but not the least, il souhaite que son pays discute avec Vladimir Putin sur la question syrienne et que tous ceux qui sont pour la paix se joignent au président russe pour combattre Daesh au lieu de réclamer à cor et à cri le départ de Bachar Al Assad. Une position qui, à mon avis, relève simpl

ement du bon sens. Comme quoi, le fou n'est pas toujours celui que l'on croit.

La politique du nouveau président américain bouleversera-t-elle qualitativement le monde? On ne peut que l'espérer. D'ores et déjà, souhaitons simplement qu'il tienne sa promesse de ne pas s'ingérer dans les affaires intérieures des autres pays et qu'il ne soutienne jamais les pays européens prêts à détruire les pays du Sud pour voler leurs richesses !

Jean-Claude DJEREKE

Jean-Claude DJEREKE

http://cameroonvoice.com/

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