La tentation frontiste des électeurs de Sarkozy en cas d'échec à la primaire

Publié le par S. Sellami

 
Si leur champion perd la primaire, nombre de supporteurs de l'ex-président assurent qu'ils voteront Le Pen en mai prochain. Les proches de Juppé refusent d'y croire.
Nicolas Sarkozy répète à l'envi que, s'il ne remporte pas la primaire, le FN a de grandes chances d'arriver au pouvoir. - SIPA

Il est des matins où le téléphone au siège des Républicains sonne plus qu'à l'ordinaire. Le 27 octobre, les standardistes ont fort à faire. «Pourquoi il a dit ça ? C'est une connerie !» protestent nombre de militants après avoir entendu Nicolas Sarkozy affirmer chez Jean-Jacques Bourdin (RMC et BFMTV) qu'entre François Hollande et Marine Le Pen il choisirait de voter pour le socialiste... «Pas de gaieté de cœur», concède l'ancien chef de l'Etat, qui estime qu'entre son parti et celui de la famille Le Pen il y a «une barrière infranchissable». Nombre de militants ne voient pourtant aucun obstacle entre leur champion et la présidente du FN. Gavés de«double ration de frites» et de racines «gauloises», ils ne comprennent pas comment leur candidat peut se dire plus proche de Hollande que de la chef frontiste.

Un déluge frontiste

En réalité, la déclaration de Nicolas Sarkozy dissimule à peine une stratégie pour gagner la primaire... «Après moi, le déluge», disait Louis XV, pour signifier qu'il n'avait que faire du sort de son pays une fois mort. «Après moi, le FN», avance en substance Sarkozy, comme un avertissement à ceux qui s'apprêteraient à voter Juppé«Pour que tous ces gens n'aillent pas grossir les rangs du FN, il vaut mieux que ce soit moi. Tous les pays où la droite n'a pas assumé son corpus d'idées, ça a conduit à la catastrophe», dit-il très clairement sur France Info. L'argument est simple : s'il n'est pas désigné candidat, ce sera Marine Le Pen en mai.

Et c'est vrai qu'ils sont nombreux, les militants LR présents aux meetings de Nicolas Sarkozy, à affirmer qu'ils préféreront toujours «Marine» à ce «socialiste» de Juppé, qui ose faire de «l'identité heureuse» un objectif et discuter avec ce «traître» de François Bayrou...

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