Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ

Primaire à droite : Le bal des ralliements (et des hypocrites ?) a commencé

21 Novembre 2016 , Rédigé par S. Sellami

DROITE Le score de François Fillon au premier tour de la primaire bouscule sa famille politique : les sarkozystes sont tentés de le rallier, les juppéistes tentent le tout pour le tout, les soutiens de la dernière heure justifient leur choix…Nicolas Sarkozy au soir du premier tour de la primaire à droite, le 20 novembre 2016 à Paris Nicolas Sarkozy au soir du premier tour de la primaire à droite, le 20 novembre 2016 à Paris - Ian Langsdon/AP/SIPA

Soutenir un candidat (à une primaire, à une présidentielle, à une téléréalité), c’est un sacerdoce. Quand, par un coup du sort, votre favori se fait copieusement éjecter par un vote du public, il ne vous reste plus qu’à choisir un autre poulain. Les fans de Sarko ont dû reporter leur vote, sur Thomas, par exemple (oui, on parle de Secret Story). Contrairement à la téléréalité, en politique, choisir le mauvais cheval peut coûter cher. Au lendemain de la déferlante Fillon au premier tour de la primaire de la droite et du centre, les personnalités ralliées aux perdants revoient leur engagement.

>> A lire aussi : EN DIRECT. Primaire à droite. Suivez les derniers résultats et réactions

Les #TeamFillon

La poussière du combat est retombée, et Sarkozy se retrouve KO. Il a annoncé qu’il votera pour François Fillon, son ancien Premier ministre, sans vraiment donner de consignes à ses électeurs. Ses soutiens se succèdent pour l’imiter. Le président (par intérim) des Républicains, Laurent Wauquiez, vante « l’héritage » que laisse l’ancien président, et fait « le choix du rassemblement », donc Fillon.

Revenue de sa brouille avec Sarkozy, la député européenne Rachida Dati avait fini par le soutenir pour la primaire. Pour le second tour, elle ravalera encore une fois son orgueil, et annonce vouloir voter François Fillon, pour lequel elle avait eu, dans le passé, des mots peu amènes.

Le maire de Tourcoing et directeur de campagne de Sarkozy, Gérald Darmanin, le député LR et coordinateur adjoint de la campagne Guillaume Larrivé, le conseiller régional et conseiller du candidat Guillaume Peltier ou encore la porte-parole de LR et oratrice nationale chargée de la fonction publique de Sarkozy, Valérie Debord, se tournent tous vers l’ancien Premier ministre.

Le député Luc Chatel loue « son programme économique et sa large capacité de rassemblement ». Le sénateur Roger Karoutchi, coordinateur adjoint de la campagne de Sarkozy, a plus de mal à s’y faire. L’émission de France 5 C Politiquele montre en pleine discussion avec Thierry Solère, président de la commission d’organisation de la primaire, dimanche soir : « Aïe aïe aïe aïe aïe… Bon, bah, écoute, s’il faut rallier Fillon… »

Le plus dur, c’est pour les fillonistes qui ne croyaient pas en Fillon… En 2012, Eric Ciotti était son directeur de campagne pour prendre la tête de l’UMP, mais il a fini par parier sur Sarkozy pour la primaire. Après la défaite de son poulain, il est revenu à ses anciennes amours, et en profiter pour tirer à vue contre l’autre candidat sélectionné, Alain Juppé.

 

Pour balayer la page socialiste, @FrancoisFillon met le curseur plus loin que @alainjuppe avec un vrai programme de rupture

Soutien de Sarkozy, le sénateur Alain Houpert ne voit même pas l’intérêt de s’embarrasser avec un second tour. Le score de Fillon lui suffit pour qu’il soit le candidat de la droite.

 

Est-il nécessaire de faire un second tour ? Rassemblons-nous dès maintenant pour que @FrancoisFillon soit notre Président de la République !

Le perdant du renouveau, Bruno Le Maire, avait promis qu’il ne « rallierai[t] aucun candidat », et pourtant… Il a annoncé dès dimanche soir soutenir François Fillon. « Et je n’ai rien demandé, a-t-il cru bon de préciser sur RMC. C’est la différence entre un ralliement et un soutien. » Son porte-parole, Franck Riester, votera, lui, Alain Juppé.

C’est Juppé qu’il leur faut

La quatrième place surprise, qui savait qu’elle allait perdre, Nathalie Kosciusko-Morizet, fière de son résultat, a vite annoncé son ralliement à Alain Juppé, « pour défendre [s]es idées ». Chez les soutiens du maire de Bordeaux, ça s’agite un peu : le haut score de Fillon fait craindre une défaite, mais pas question de le lâcher.

L’ancien Sarko-boy Geoffroy Didier avait annoncé son soutien à Alain Juppé à moins d’une semaine du premier tour, arguant d’un « désaccord de fond » avec l’ancien président. Il continue, un peu plus mollement, à le soutenir. Il ne faut jamais insulter l’avenir.

 

Deux hommes d'Etat débattront projet contre projet. Celui d'Alain Juppé a ma faveur par sa capacité à rassembler les Français. 

Dès dimanche soir, le député Hervé Mariton a assuré le service après-vente de son candidat, et a sonné la charge contre Fillon. Pas de coup bas, mais un rappel délicat du bilan du Premier ministre de Sarkozy.

 

 est le candidat le plus sérieux sur le plan budgétaire. On ne peut pas démarrer un mandat en laissant filer les comptes publics 

Mais son activisme pour le maire de Bordeaux n’a pas plu à tous. Le maire de Montluçon, Daniel Dugléry, l’a renvoyé dans les cordes, comme l'a rapporté La Montagne : « On n’a qu’un crétin qui s’est exprimé, c’est Hervé Mariton. Je pense qu’il a dû avoir un jour un petit souci avec François Fillon et il trouve ce soir le moyen de régler ses comptes devant la France entière. C’est indigne ! »

Début novembre, Valérie Pécresse, avait choisi de soutenir Alain Juppé. La présidente de l’Ile-de-France avait pourtant été une fervente filloniste par le passé. Lors de l’élection pour la présidence de l’UMP en 2012, elle s’affichait tout sourire (!) à ses côtés :

Au lendemain de la vague Fillon, elle reste derrière Alain Juppé, s’assume comme « une femme libre, qui choisit son candidat en fonction de son programme », et en profite pour lancer une (petite) pique à Nicolas Sarkozy, même si elle s’en défend. C’est pas beau de frapper quelqu’un à terre…

Sans engagement

Ce premier tour de la primaire laisse des soutiens sur le carreau, orphelin de leur leader. Le premier d’entre eux, Christian Estrosi. Dimanche soir, le premier adjoint de Nice semblait extrêmement peiné de la défaite de Nicolas Sarkozy. Lundi matin, il annonce ne choisir aucun candidat pour le deuxième tour.

 

Les électeurs sont libres. Je n’ai pas l’intention de m’engager derrière un candidat pour le moment 

Cosme Buxin , publié le 21/11/2016                                                                                                                                                                                                                http://www.20minutes.fr/

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article