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VIDÉO - Benoît Hamon pointe la "coresponsabilité" de Facebook dans l’élection de Trump

14 Novembre 2016 , Rédigé par S. Sellami

VIDÉO - Benoît Hamon pointe la "coresponsabilité" de Facebook dans l’élection de Trump

Les réseaux sociaux ont-ils eu une influence décisive sur l’élection surprise de Donald Trump à l’élection présidentielle aux Etats-Unis ? C’est la théorie que défend un article du New York Times qui pointe notamment la responsabilité du principal réseau social, à savoir Facebook. Ce dont se défend son patron, Marck Zuckerberg.

Invité de Franceinfo: ce samedi 12 novembre, Benoît Hamon est interrogé dans la séquence "Compol" sur cette question de la responsabilité de Facebook. Et pour le candidat à la primaire de la gauche, cela ne fait aucun doute, même si Facebook ne peut être tenu, selon lui, d’unique responsable de ce séisme électoral. Il dit ainsi :

Facebook a une coresponsabilité à travers les algorithmes qui sont les siens et ce mécanisme de l’information affinitaire.

Pour lui, au-delà de Facebook, il y a un problème avec les *médias* qui utilisent des "algorithmes". "Tous ces médias qui procèdent avec des algorithmes qui vous adressent de l’information affinitaire c’est-à-dire ce que vous pensez déjà, on vous abreuve des mêmes théories, des mêmes journaux", commence par développer l’ancien ministre de l’Education nationale. Qui poursuit, fustigeant ces lieux en ligne où se créent "des formes de contre-sociétés" éloignées de la réalité :

Tous ces médias-là ont une responsabilité évidente dans l’apparition de formes de contre-sociétés où chacun se construit une vérité même si cette vérité est très loin de la réalité.

"On ne pourra pas continuer avec une forme de dichotomie entre des organes de presse écrite qui ont une responsabilité sur le contenu qu’ils publient et des hébergeurs ou des médias comme cela qui se déchargent de toute responsabilité", ajoute encore le député PS qui prétend à l’Elysée.

Un passage à voir en vidéo, isolé par France info: :

 


 

Il rejoint dans son raisonnement celui de Laurent Fabius. Pour l’ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères aujourd’hui président du Conseil constitutionnel,l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche est (aussi) un peu la faute des réseaux sociaux. Dans les colonnes du Figaro, le 10 novembre, il expliquait ainsi le résultat de la présidentielle américaine :

Le contraste est violent entre le fait que l'information sur la planète est devenue accessible à tous et cet autre fait que la capacité de décision des individus sur leur propre environnement est de plus en plus faible. Cette prise de conscience pousse les électeurs à une contestation globale et à un repli. Cette tendance est accentuée par le nouveau système politico-médiatique. Nous sommes entrés dans une 'ère de postvérité', de 'démagopolitique', où la parole coup de poing et la posture télévisée comptent plus que l'examen raisonné de leur bien-fondé. McLuhan disait déjà: 'Le message, c'est le médium' ; la surpuissance des réseaux sociaux contribue à créer une nouvelle donne politique.

L'analyse avait déjà été faite après la victoire du Brexit en Grande-Bretagne après une campagne où les mensonges des tenants de la sortie de l'Union européenne avaient été démontés et dénoncés sans que cela ait un quelconque impact sur les électeurs. Le même phénomène a, semble-t-il, eu lieu aux États-Unis où les contre-vérités du candidat Trump ont été scrutées et affichées par les médias traditionnels, avec le résultat que l'on sait : la vérité factuelle prend moins de place que le ressenti.

La victoire de Donald Trump, comme la montée des extrémismes un peu partout dans le monde, ne saurait cependant s'expliquer simplement par le développement des réseaux sociaux et d'une offre d'information militante alternative opposée à l'offre traditionnelle.

Image Sébastien Tronche

 

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