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ALEP, LES INVENDUS DE LA GUERRE DE SYRIE. Publié le 17 décembre 2016 par FLIR

17 Décembre 2016 , Rédigé par S. Sellami

alep

S’il y a bien une incompréhension entre les médias occidentaux et l’opinion publique mondiale c’est que, quelque part, le discours est devenu inaudible, à tel point que même les images les plus sublimées de la martyrologie n’ont plus d’effet sur les téléspectateurs. Empreinte d’un certain messianisme chrétien et de l’« icônisme » iranien, l’acte sacrificiel expose le corps humain pour que le témoignage reste à jamais gravé dans la conscience des gens.

Cette opération du marketing de la guerre offre pour l’occasion une multitude de possibilités d’expression vociférantes qui recoupent aussi bien la parole des humanistes de tout genre et que celle des va-t-on guerre. La guerre comme expression de la volonté de puissance produit toujours l’irréparable pour les populations civiles. La guerre menée par Bachar al Assad contre son peuple, est l’ultime opération de géopolitique d’une envergure internationale.

La Russie trop longtemps humiliée par un Occident de plus en plus conquérant a trouvé une nouvelle occasion pour dire, même diminuée, qu’elle est une puissance mondiale. La guerre d’Ukraine en est une illustration parfaite de la forme impériale entretenue par la Russie, tout au moins, avec l’extérieur proche. Comme la menace ne suffit pas et que les Occidentaux pêchent dans l’excès de la volonté de puissance, le maître du Kremlin décide de soutenir ouvertement le régime syrien.

Certains commentateurs s’obligent à expliquer cette intervention par le manque d’intérêt de Barak Obama à l’affaire syrienne. Or, il n’en est rien si on prend en compte les résultats des guerres d’Irak et de Libye, etc. Ainsi, le projet de l’exportation de la démocratie initié et mis en place par la droite américaine s’est soldé par un fiasco qui a refroidi les ardeurs des plus fervents défenseurs de l’interventionnisme occidental. Le lourd héritage qu’a eu à gérer le président américain a été la cause principale d’un désengagement militaire, d’ailleurs non achevé à ce jour.

En effet, sur l’affaire syrienne, le président américain tout en disant que ses choix ont été bons ne dit pas pourquoi il n’est pas intervenu directement en Syrie. Certes, la configuration géostratégique ne permet pas aux Occidentaux de faire directement la guerre à la Russie mais toujours est-il que c’est la faiblesse de l’opposition syrienne qui pose problème aux dirigeants occidentaux. Ce non-dit n’est un secret pour personne parce que les Occidentaux savent pertinemment que ce sont les groupes rebelles les plus radicaux de l’islamisme qui sont les plus forts.

Le dilemme de position explique en grande partie pourquoi les images les plus caractérisées de la guerre n’ont pas mobilisé un monde indifférencié à la manipulation médiatique. A tel point que les médias occidentaux et faute de mieux n’ont eu à vendre que l’indescriptible destruction de la ville d’Alep par l’aviation russe.

Faute de montrer des hommes et des femmes et des enfants massacrés en masse, ils se contentent de diffuser quelques images d’une ville totalement dévastée. La destruction de la ville d’Alep et les champs dévastés, à vue d’oeil, cachent la mort des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants comme si les Russes s’attaquaient aux repaires des insurgés pour montrer au monde entier que ces derniers ne représentent qu’eux-mêmes et que singulièrement Poutine ne cesse de répéter que les occidentaux sont à l’origine du désordre qui règne dans les pays « arabes ».

Dans tous cas, les Russes et leurs alliés ont montré l’asymétrie d’une guerre totale que,  précisément, Barak Obama a voulu éviter à ses troupes. Au même titre que ses alliés occidentaux, il entretient l’illusion d’une guerre contre Daech tout en voulant ménager les monarchies du golfe pourvoyeuses d’une idéologie moyen-âgeuse. Dans ce jeu complexe des relations internationales, les forces en présence se neutralisent parce que chaque partie garde intacts ses moyens d’intervention par l’entremise d’une savante organisation des jeux de rôle.

A bon compte, on sacrifie la population civile.

F. HAMITOUCHE

https://parti-udm.org

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