À ceux qui crèvent en bas

Publié le par S. Sellami

Je romps le silence pour ceux qui ont eu, qui ont ou qui auront une jeunesse comparable à celle d’un chien, qui essayent de sortir de la pauvreté et qui ont déjà atteint la fin du mois le 5! Je ne prendrai pas de gants, car la vie ne l’a pas fait avec moi quand elle a tout emporté…

Quartiers populaires, cités, banlieues dégradées/ rétrogradées, villages et petites villes, tous avec un point commun : la Pauvreté.

La pauvreté ayant une signification propre à chacun, ici je vais vous parler de celle que je connais le mieux.

De la galère de vivre entre 16 et 25 ans : pupilles de la nation, étudiants, jeunes chômeurs, sans jamais avoir travaillé et ne pouvant pas même bénéficier du RSA, et enfin, tous ceux à qui il faudra la hargne, le courage et la souffrance pour sortir du cercle vicieux qu’est de naître, de grandir et de vivre pauvres.

Défavorisés mais on nous appelle les « assistés », au sein de cette réalité travestie dans laquelle on nous a dépossédés, nous sommes depuis mal jugés.

Nous sommes des poids, des charges, des alcooliques, des drogués, des chômeurs, des ratés… Et si nous étions juste des êtres cherchant a exister ?

De ce fait, nous avons le droit de nous soulever, de crier tel la furie Alecton, les souvenirs de nos vies nous le permettent, ces images qui nous reviennent : les pleurs de nos mères, ces hommes et femmes qui dans l’alcool se sont noyés, l’idée que nous sommes actuellement des millions à être apeurés, rabaissés, discriminés, violentés, psychologiquement éreintés, blessés, médicamentés, drogués, brancardés et même crevés !

Nous pourrions être libres de faire ce que l’on veux, mais on y trouve uniquement de la honte 

LE REGARD DES AUTRES EST PLUS IMPORTANT QUE CELUI QUE L’ON PORTE SUR NOUS-MÊMES, ALORS COMME NOUS AVONS L’IMPRESSION D’ÊTRE INCOMPRIS, ON GARDE LE SILENCE AUPRÈS DES AUTRES, MAIS À L’INTÉRIEUR, ON ABJURE, ON CRIE, ON IMPLOSE.

À se débattre, on se vide de son énergie et on finit très souvent par se résigner, ce qui revient à mourir car pas besoin d’être physiquement mort pour cesser d’exister, un cœur froid et je cesse déjà d’être.

Dans la pauvreté, un bonheur n’arrive jamais seul, il est toujours accompagné d’une galère…On ne s’en sort pas comme ça d’un cercle vicieux.

« À 25 balais, j’pensais être millionnaire, mais bon, rah…» ( Ademo, Humain), nous voulons tous pouvoir danser sur la musique de l’abondance sans se soucier de devoir travailler deux fois plus pour y arriver. La cuillère est d’argent ou de bois, l’une donne et l’autre met dans le besoin, question de rareté et de sécurité au fond.

On pourrait considérer ce fait comme le moteur de nos ambitions, ou encore comme une des règles du jeu ou bien on pourrait répondre qu’il en est ainsi. Mais putain, que j’ai crevé la dalle, j’ai saigné des larmes de haine avec une envie folle de montrer au monde que ma vie en vaut la peine, que je suis un humain, qui attend seulement que quelqu’un lui tende la main. Appelez moi Nantas !

Je sais que beaucoup de ceux qui sont dans cette situation ne liront pas forcément ce message, mais je l’offre tout de même en pâture, les cris en seront peut-être un jour entendus, je fais avec ce que je peux afin d’aider notre misérable troupeau.

« AUCUNE BESOGNE POURTANT NE LUI FAISAIT PEUR ; DU BOUT DE SON PETIT DOIGT, IL AURAIT SOULEVÉ UN MONDE ; ET IL DEMEURAIT LÀ, REJETÉ DANS SON COIN, RÉDUIT À L’IMPUISSANCE, SE DÉVORANT                                                      COMME UN LION EN CAGE. »                         NANTAS, EMILE ZOLA.                                                                                                                                                  

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