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RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ

'' La Machine noire,

23 Février 2017 , Rédigé par S. Sellami

L’image contient peut-être : une personne ou plus et gros plan

'' Machine noire, toi qui n'as jamais enfanté,toi qui n'as jamais éduqué,toi qui n'as jamais abreuvé de la sève de tes seins le moindre bébé ! rends moi mon fils ! rends moi Lakhdar, prunelle de mes yeux ! ''.

C'est un extrait d'un des plus émouvant textes du S'raoui. qui relate l'histoire d'une mère à qui l'Etat colonial français a arraché son fils.C'était la veille de la première guerre mondiale.La France coloniale avait besoin de bras vigoureux pour le fonctionnement de son industrie de blindés et de chair à canon pour ses guerres.

A la tendresse de la mère et à la luminosité prodigieuse de la terre et du ciel d'Afrique,le jeune algérien s'était retrouvé dans la grisaille froide du ciel sombre d'Europe et dans la profondeur insalubre des mines de charbon. La mère,alors s'était accrochée à la dernière image '' une locomotive noire '' traînant des wagons à bestiaux où étaient entassés des jeunes de vingt ans qui dans leur promiscuité,ressemblaient plus à des veaux qu'on menait à l'abattoir.Elle s'était également accrochée au dernier mot ! '' Ne pleure pas, mère chérie! je reviendrais!''. La mère, alors avait commencé à compter les jours et à chaque lever du jour elle se rendait à la gare pour voir partir le wagon noir '' la machine '' jusqu'au jour où prise dans un vent de folie, son désarroi n'ayant d'égal que sa douleur,elle suivit le rail froid à la poursuite de la '' machine noire '' et s'adressant à elle comme s'il s'agissait d'un être humain, elle la suppliait de lui rendre son fils.
La beauté de la poésie populaire des hautes plaines sétifiennes jaillit des profondeurs de la générosité et de la sensibilité des mots. Poésie de traditions orale,elle sème son verbe dans les espaces jusqu'à changer les horizons.Son verbe étreint d'émotion transperce la carapace des cœurs.

Source   Arsane Leila

 

 

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