Le funeste débat des De Funes

Publié le par S. Sellami

Àchaque fois que j'ai corrigé des copies, j'ai toujours été rongée par le même souci :
Est-ce que je dois faire ressortir le réel ou le possible, le visage ou le masque, l'être ou la valeur ?
Tout citoyen devrait s'il en est un, se soumettre à cet exercice de haute voltige qui consiste à lire avant délire ses futurs dirigeants.
C'est la note qui remplira le bulletin de vote.

Hamon :
Il n'était pas utile du tout de nous rappeler tes quatre vérités... tout le monde les connaît : ton futur désirable n'est plus désiré, ton revenu universel n'est pas toujours le bienvenue, ton burn-out assuré ne rassure plus, ton 49-3 citoyen est très moyen... c'est surtout la répétition qui est lassante et embarrassante... une Miss France qui ne cesse pas de dire qu'elle a un beau nez, finira par sentir mauvais. Même si son nez n'est pas faux, mais vrai.
Tu me rappelles Louis de Funès dans "Le gendarme se marie" qui au matin de son concours, au lieu de réfléchir sur le sujet posé, étale tous ses stylos de toutes les couleurs sur la table comme pour dire qu'il a tous les outils pour concourir, mais on ne peut pas s'empêcher d'en douter en se disant :
a-t-il vraiment la capacité d'utiliser ses outils ?
On ne te demande pas ce que tu as comme chaussure mais ce que tu as sous le pied : de la présence, de la prestance, de la puissance de conviction.
On cherche un homme qui a du cœur et non pas quelqu'un qui a appris sa leçon par cœur. C'est trop récitatif.
Tu as d'ailleurs réussi ton entame de match en interpellant le peuple et en lui disant : avant de choisir celui qui va vous rassembler, choisissez d'abord à quoi vous, peuple, vous voulez ressembler.
C'est excellent, bien trouvé mais surtout inattendu, mais vous avez perdu par la suite toute espèce de créativité, toute ingéniosité.
J'ai mis zéro, pour t'inciter à repartir de zéro.

Macron :
Ça me peine de te faire de la peine. Parce que j'ai la ferme conviction que tu es très fragile.
Corneille disait que la valeur n'attend pas le nombre des années. Je crois qu'il n'a pas raison, en politique du moins, on sait que ce n'est pas une science, mais elle a néanmoins besoin d'expérience.
On peut se faire renverser si on n'a pas déjà traversé la réalité, compté les difficultés, essuyé les échecs. Tu as beaucoup réussi pas assez échoué. Trop mignon pour t'occuper de nos oignons.
J'ai coutume en tant qu'institutrice de mettre les premiers de la classe derrière pour qu'ils ne perdent pas de vue les tarés que je place toujours devant parce que ce sont ces derniers qui déterminent le véritable niveau de la classe.
On t'a reproché avec malice de ne pas savoir sur quel pied danser, de pomper tantôt à droite, tantôt à gauche l'air qui te rend si fier...
Il fallait leur répondre comme Socrate, pour les confondre en disant :
que tu prenais la vérité, là où elle est, sans te soucier de son locataire, ni de sa position dans l'atmosphère.
Ce n'est pas parce que tu as choisi d'être nulle part que tu es partout!
Parce que tu es forcément quelque part, et tu es le seul à ne pas le voir, ou à nous le faire croire.

Quand on t'écoute, on entend un tout autre que toi.
On a l'impression que tu ne t'appartiens pas, que tu dépends d'un système dont tu reprends tous les thèmes à nos dépends. Tu n'es pas électron libre, mais électron adhérent, programmé pour notre électrocution.
Tu épates parce que tu appâtes. Tu es un appât... qui émeut même avec ses faux pas. Tant pis pour ceux qui te croient.
Zéro aussi parce que tu sais ce que tu fais!

Fillon :
Ton cas, Fillon, est synonyme aujourd'hui de l'art de s'écarter du sillon sans se faire du mouron.
La démission de Le Roux risque de compromettre toutes tes chances de te retrouver au second tour, sans parler des compléments d'information qui te rapprochent un peu plus chaque jour du trou.

Présumé innocent, tu vas à mon sens finir par y engloutir toute la droite avec toi. Après tout, c'est ton droit de faire valoir ton droit au suicide. Individuel mais peut être pas collectif... parce que la morale est de retour. Pour mettre les comptes à jour. Adieu la politique !
Tu as réalisé hier une très mauvaise première mi-temps. Opaque, tu as été transparent... quasiment absent.
La peur d'être relancé t'a peut être figé... tu avais du mal à ne pas te sentir coupable aux yeux de ceux qui étaient là pour nous ouvrir les yeux.
Tu rougissais de temps en temps, à défaut de rugir et même lorsque tes arguments étaient conséquents, tu t'empressais de ranger tout signe ostentatoire de fierté.
Je me vois mal te noter, ou t'ôter le peu d'orgueil qu'il te reste. Et je loue tes adversaires pour t'avoir épargné une honte programmée.

À suivre...

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