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Ces Algériennes qui cherchent et qui ne trouvent pas

13 Août 2017 , Rédigé par S. Sellami

Ces Algériennes qui cherchent et qui ne trouvent pas

"Elle a une envie de femme. Envie de quoi ? Mais du Tout, du Grand Tout universel… A ce désir immense, profond, vaste comme une mer, elle succombe, elle sommeille…Elle a dormi, elle a rêvé… Le beau rêve ! Et comment le dire ? C’est que le monstre merveilleux de la vie universelle ; chez elle, s’était englouti ; que désormais vie et mort, tout tenait dans ses entrailles, et qu’au prix de tant de douleurs, elle avait conçu la Nature." (1)

C’est une agence allemande, la DPA, qui a donné le chiffre : plus de 50% des Algériennes en âge de se marier n’ont pas trouvé de mari. Par ailleurs, les statistiques révèlent que 50% des Japonaises et 60% des Japonais boudent le mariage. D’une nationalité à une autre d’une culture à une autre, le sujet devient complément et vice-versa. Certes les chercheurs germaniques n’ont fait que scanner la société algérienne et emprunter son langage. Chez nous, une femme sans mari est une femme qui n’a pas trouvé de mari, simplement. Malgré le codage étatique, la "démocratisation" de l’école et le voile intégré et intégral, il y a pénurie en la matière pour accomplir la "moitié de la religion". On ne nous dit pas combien d’Algériens ne veulent pas être "trouvés" mais logiquement leur nombre ne doit pas être négligeable si on se réfère à la biologie (il naît 105 garçons pour 100 filles) et étant donné qu’il n’y a pas de facteur perturbant tel que l’avortement sélectif ou l’infanticide sexiste qui fait qu’un géant comme la Chine a un manque de femmes estimé à 100 millions.

Aux enquêteurs, un chef de service en gynécologie a jugé utile de préciser : "L’impossibilité pour les Algériennes de trouver des maris pousse grand nombre parmi elles, à avoir une vie sexuelle hors mariage." Il ajoute que la prolifération des actes sexuels hors mariage implique la surconsommation des contraceptifs de tous types monopolisés par les pharmacies. Il interpelle les pouvoirs publics pour mettre la pilule gratuite à la disposition de toutes ces malchanceuses. Raisonnement pragmatique courageux et déconnecté. Certes pourquoi laisser venir au monde des enfants illégitimes dont personne n’en veut et qui vont coûter bien plus cher que tous les moyens de contraception réunis. Rappelons qu’il fut un temps où parce qu’elle a eu des relations hors mariage, la fille était interdite de mariage, vouée à la solitude, au pire à la prostitution ou au crime d’honneur. Déconnecté : l’État -FLN a utilisé la femme algérienne pour obtenir l’Indépendance, l’a renvoyée derrière ses fourneaux avant de la donner en pâture aux intégristes en 1984 avec le code de l’infamie qui l’a dégradée en tant qu’être humain pour en faire une chose, un objet inerte qui peut être accepté, refusé, rejeté avec des rejetons à son image. Contrairement à la Japonaise qui jouit non seulement de lois égalitaires depuis 1945, mais elle peut se marier le matin à l’église et le soir quémander la bénédiction des ancêtres dans un temple. Le célibat ne concerne pas seulement les femmes algériennes, il est planétaire tout sexes confondus. Les experts disent que «c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’un nombre aussi élevé d’individus de tous âges et de toutes conditions ont décidé de vivre en solitaire en «singleton». Selon le Pew Research Center aux USA, l’âge moyen du premier mariage atteint «le niveau le plus élevé jamais enregistré, avec une hausse de 5ans au cours du demi-siècle passé. »En 1996, le nombre de singletons était de 153 millions, 206 millions en 2006 une augmentation de 33% en 10 ans. (2) En France, on parle de «célibat-boom», 15 millions de célibataires d’après l’Insee, soit un adulte sur trois dont 60% sont des femmes.

 

En Corée du Sud, on n’hésite pas à qualifier de bombe sociale les 20% des femmes qui ne cherchent ni à se marier ni à faire des enfants. Alors que le taux de natalité le plus bas d’Asie se trouve en Corée du Sud, Japon, Taïwan et Hong-Kong, que du beau monde. Pour les sociologues allemands Ulrich Beck et Élisabeth Beck, l’individu est en train de devenir l’unité de base de la reproduction sociale. Pour Toffler, la famille nucléide (père mère enfants) est une construction du 19eme siècle liée à l’industrialisation et il prévoit sa disparition dans une société postindustrielle. Dans les pays occidentaux, ce n’est pas le recul du mariage qui inquiète, mais le fait que ces «singletones» ne veulent pas faire des enfants. L’enquête souligne que la quasi-totalité des Algériennes célibataires vivent sous la protection du père ou du frère.

Toutes les études le démontrent quel que soit le pays, ses coutumes et sa religion, le célibat féminin a pris de l’ampleur avec l’accès des femmes à l’université. Certes les causes du célibat sont autant sociales que personnelles, mais quand on est économiquement indépendant, on n’est pas obligé de s’unir à l’autre pour survivre. Dans le règne animal, en général, la femelle fait des petits sans dépendre du mâle pour sa subsistance, les lionnes choisissent le lion qui assure leur protection et en échange, elles chassent pour le nourrir. Selon les statistiques, 34,2% des femmes trentenaires à Séoul ayant un diplôme universitaire sont célibataires et pour leur grande majorité elles n’ont pas d’enfants. Alors que le taux de fécondité des autres ayant le même âge et sans diplôme est pratiquement égal à celui des Algériennes : 3,64. D’après le sociologue Kim Young-chul, les femmes sont trop «sélectives» :"Aussi longtemps que les femmes adhéreront à l’idée que leurs maris doivent être meilleurs qu’elles dans tous les domaines, il leur sera difficile de trouver quelqu’un..." Certes, il est légitime qu’une femme cherche un partenaire ayant le même statut qu’elle, mais certaines n’hésitent pas chez nous à faire un mariage au «rabais» et parfois elles acceptent de végéter dans leur cuisine malgré les longues années d’études. D’autres n’ont aucune exigence, se contentent d’une dot symbolique et vont jusqu’à contribuer aux dépenses de la fête au risque d’alimenter les mauvaises langues et subir ce genre de sarcasme: "elle a acheté un mari".

Aux USA, la situation de la femme noire intellectuelle est encore plus préoccupante, le taux de célibat est celui des Algériennes additionné à celui des Sud-Coréennes : plus de 70% (3). À 40 ans, une Noire a 5 fois moins de chances de se marier qu’une Blanche. La chaine ABC a réuni des experts pour leur poser la question : pourquoi les femmes noires qui réussissent sont souvent célibataires ? Dans son livre Is Marriage for white People ? (Le mariage est-il réservé aux Blancs ?) Ralph Richard Banks, professeur à la Stanford Law School (Californie) qui est lui-même noir, met en cause le rejet des mariages mixtes de la part des Afro-Américaines. Une autre cause aussi importante c’est le nombre des prisonniers noirs, 40% de l’effectif total alors qu’ils ne représentent qu’à peine 15% de la population. Autre facteur, les femmes noires sont deux fois plus diplômées que leurs congénères et même quand elles ne sont pas "sélectives" question mariage, elles échouent à 60%. "Où il y a mariage sans amour, il y aura amour sans mariage.» disait B. Franklin. Quant aux hommes noirs qui réussissent, ils avouent qu’ils ont le choix entre les Noires, les Blanches, Hispaniques, les Asiatiques. Banks conclut que seule une sur 20 franchit la barrière raciale : "Elles veulent se montrer solidaires des hommes de leur communauté. Pour beaucoup d’entre elles, mariage mixte rime avec trahison." Parfois les causes sont futiles : "C’est facile de sortir avec un Noir, car il sait que je ne me lave pas les cheveux tous les jours, que je porte un foulard la nuit…" Pour d’autres, elles veulent des bébés noirs parce qu’elles ont peur d’enfanter un petit blanc et de passer pour la nounou. (4) Pourtant, nous sommes en Amérique où la deuxième femme la plus populaire après Mère Theresa, est une présentatrice noire de la télé qui vaut 1,5 milliard de dollars d’après Forbes Oprah et où la première dame est une Afro-Américaine. Le problème réside sans doute dans la démission paternelle : deux fois plus importante chez les Noirs. Lors de sa première élection, Obama a osé, lui qui n’a pas connu son père, fustiger cette «anomalie». En France, un juge enquêtant sur les causes de la délinquance dans les banlieues a conclu à un dénominateur commun : l’absence du père. Le garçon frustré du modèle masculin se révolte, se venge en intégrant la bande tandis que la fille gavée du modèle maternel hésite entre l’imiter ou l’éviter tout en évitant de "trahir". Sur le web, un internaute a écrit : "Pour nous qui sommes Africains-Américains, nous savons que le racisme, la guerre, la drogue l’homosexualité, l’injustice et la pauvreté ont influencé de façon significative notre capacité à engager et à soutenir à long terme des relations monogames."

Le monde arabe aussi n’est pas épargné par le célibat des femmes, dès la fin des années 70, on a observé le recul de l’âge moyen du mariage et vers les années 90, le phénomène a commencé à inquiéter les régimes. C’est que le mariage arabe n’est pas l’union d’une femme et d’un homme, mais de deux familles qui vont pondre une troisième dont la structure est déterminée à l’avance par l’État le régime et la société. Le célibat est un non-sens encore moins celui des femmes, le mariage est le seul canal de reproduction de l’espèce. Même en Arabie Saoudite où les femmes n’ont aucune existence légale à part celle que leur concède leur tuteur, elles sont de plus en plus éduquées, indépendantes financièrement et ne veulent plus être forcées à n’importe quel mariage. Les sociologues saoudiens pointent du doigt cette émancipation qui explique leur refus d’être la seconde troisième ou quatrième épouse. Pour échapper à ce genre d’union, certaines vont jusqu’à chercher des concubins étrangers. "Les femmes sont de plus en plus instruites et ont un emploi alors, elles n’ont plus hâte de se marier afin de bénéficier par le biais de leur mari d’un soutien financier, surtout si leurs parents leur offrent la liberté de voyager et de mener leur vie comme elles le souhaitent…", affirme Wajiha Al-Huwaidar, militante saoudienne des droits des femmes. Pour combattre ces rebelles, un groupe de jeunes a lancé une campagne pour la polygamie avec le slogan : "Prophète des quatre" Eman Al Nafjan, une blogueuse qui écrit sur les problèmes des femmes saoudiennes livre son analyse : «Cette campagne ne sert pas à convaincre les femmes, il y a beaucoup de femmes qui acceptent de telles propositions de mariage. Ce que ce groupe cherche à faire, c’est de convaincre les hommes de se marier avec des femmes plus âgées… Les hommes saoudiens souhaitent se marier avec de jeunes vierges pas avec des femmes âgées ou divorcées. Mais le problème est que nous avons beaucoup de femmes âgées qui ne sont pas mariées. Les hommes ne sont pas intéressés par ce type de femmes. Et les jeunes filles, quant à elles, ne veulent pas faire office de seconde épouse… Ces hommes polygames veulent juste du bon temps, alors ils épousent une femme. Parfois cela ne dure qu’un mois, puis ils divorcent sans que personne, pas même la première épouse, ne soit au courant de quoi que ce soit… Il arrive aussi que la femme tombe enceinte ou que le couple soit réellement amoureux, mais c’est rare.» (5) La polygamie est autorisée dans tous les pays musulmans à l’exception de la Turquie et de la Tunisie, quasi généralisée en Afrique noire, mais on a constaté que là où il y a un développement social et économique, elle recule. Les anthropologues parlent d’esclavage féminin : plus il y a d’épouses plus il a de la main-d’œuvre pour le travail de la terre. Ce qui explique que la polygamie en Afrique est mieux tolérée par les victimes qui voient en elle un moyen de les soulager de leur dur quotidien jalonné par les mutilations sexuelles, les viols, les génocides, le sida et en prime des codes misogynes. Au Mali, menacé par les islamistes, sauvé par la France des droits de l’homme, il fallait attendre la naissance d’un nouveau code qui concède enfin le statut d’humain à la Malienne et pour interdire aux Maliens de marier leur fille à 13 ans. Pour contrer cette «épidémie» du célibat féminin qui touche tous les pays arabes, on organise des mariages collectifs, on alerte les prédicateurs officiels, on découvre le cauchemar de la dot, on débloque des fonds pour des prêts des dons afin d’alléger le poids des festivités matrimoniales.

En 1992, les Emirats arabes unis ont offert des primes pour encourager les hommes, trop séduits par des étrangères, à préférer leurs compatriotes. Egypte Jordanie Qatar Bahreïn Yémen pays du Golfe Palestine Soudan et même l’Iran qui a réservé 1,3 milliard de dollars de ses excédents pétroliers pour créer le Fond matrimonial en 2006… Nos émigrées semblent miraculeusement épargnées par le phénomène, l’une d’elles sur le web écrit : "Moi j’ai 31 ans, je ne connais ni n’ai jamais fréquenté aucun homme de ma vie. Les seules demandes en mariage que j’ai reçues viennent de l’étranger d’hommes que je n’ai jamais vus et qui ne m’ont probablement jamais vue, bref on sait la seule chose qui les intéresse, mais moi je refuse d’épouser un homme qui ne s’intéresse qu’à un titre de séjour… Je pense donc que je ne me marierai probablement jamais et Dieu sait à quel point je souhaiterais fonder une famille et avoir des enfants." Une autre ajoute : "Je vis au Canada depuis 5 ans, j’ai 42 ans…j’en ai vu des vertes et des pas mûres. Physiquement, je suis normale, j’ai réussi à me frayer une place dans ce pays…Allah sobhanou m’a tout donné sauf un mari… Nos hommes et malheureusement pour nous, ont découvert que dans ce pays des femmes peuvent s’offrir pour une nuit, alors pourquoi en prendre une pour la vie ? Et certaines de nos femmes font autant…" On constate certaines similitudes avec les Afro-Américaines sauf que la barrière est plus religieuse que raciale.

Pourtant, si certaines de nos expatriées redécouvrent l’Islam, d’autres n’hésitent pas à s’affranchir du dogme pour se marier. Au Québec, les chiffres révèlent que les Maghrébines sont plus nombreuses à se lancer dans des mariages mixtes que les Maghrébins. En France où le mélange génétique concerne ¼ à 1/3 de la population, il y a autant de musulmans que de musulmanes qui franchissent le pas. Les sociétés changent de l’intérieur même quand l’extérieur garde son apparence figée. Darwin s’est trompé ainsi que Freud, toutes les études anthropologiques le démontrent : dans des conditions similaires et sans élément perturbateur comme la peur, les femmes agissent comme les hommes. Si la femme ne pèse pas lourd sur l’échiquier arabe, son célibat sème la panique chez les régimes arabes sauf chez l’exception algérienne où le système ne se projette pas dans un avenir algéro-algérien, son existence est liée à la rente pétrolière et aux profits pour l’ailleurs… La famille musulmane ne se contente pas d’être seulement patriarcale, elle est aussi «étendue, patrilinéaire, patrilocale, patriarcale, endogame et occasionnellement polygame». Ce modèle affirment les études est orienté vers un type de reproduction qui favorise le nombre, les « hiérarchies du genre et des générations» pour des sociétés segmentaires d’après Philippe Fargues. En un mot telle famille tel régime, mais la machine a commencé à grincer à la fin des années 80. Une génération est passée subissant cette paralysie sociale pour finir par tout rejeter sans rien rejeter, n’est-t-elle pas la cause du printemps arabe et de ses dérives ? Certes c’est dans les pays les plus démocratiques que la condition féminine se porte bien sans pourtant atteindre l’idéal. Le féminisme ne fait plus recette, a échoué dans l’essentiel : le pouvoir a toujours un seul genre, le plus mauvais des masculins. Le blocage existe dans les écarts de salaires, la sanction «maternité» pour les promotions, l’image poupée Barbie véhiculée dans les médias sans oublier la crise économique qui touche en premier les plus vulnérables, les femmes et ceux du bas de l’échelle. L’instruction a ouvert les yeux de la femme sur l’anomalie de sa situation et elle use consciemment ou inconsciemment du seul moyen en son pouvoir : la reproduction de l’espèce. Todd dans son livre "Après l’Empire", souligne que si la guerre est une affaire d’hommes, les enfants sont une affaire de femmes. Historiquement, si aucun élément extérieur n’intervient, les guerres, les conflits, les génocides entrainent toujours une diminution du nombre d’enfants au lieu d’une augmentation afin de compenser les pertes en vie humaine. Dans les jardins zoologiques, les animaux ne se reproduisent qu’avec l’aide de la science, la nature a horreur des situations "anormales".

Parmi les 50% d’Algériennes qui ont eu la chance de trouver un mari, combien ont subi la pression de leur famille pour se lier, combien taisent la violence conjugale par peur d’être répudiée et se retrouver à la rue, combien acceptent un mari polygame parce qu’elles ne voient aucune issue à leur malheur à moins de sacrifier les enfants, combien sont-elles celles qui ont brisé leur carrière pour se retrouver dépendante de la seule volonté de l’époux comme le stimule le code de la famille, combien sont-elles celles qui ignorent que leur conjoint a concocté un mariage religieux et qui deviendra officiel le jour du partage de l’héritage…? Dans son livre « Les Algériennes Victimes de la Société Néopatriarcale» l’historien et anthropologue, Mahmoud Bennoune écrit dans son introduction : "En 1978, plus de 15 ans après l’indépendance, j’ai interviewé une douzaine de collègues femmes de l’université d’Alger au sujet de leur vie quotidienne .La plupart d’entre elles m’ont répondu en utilisant la même expression : elles se sentaient vivre dans une "prison" et leurs "maris", "frères" et "pères" leur apparaissaient comme des"geôliers". Celles qui avaient pu faire un séjour d’études à l’étranger insistaient sur la morosité de leur vie quotidienne plus que les autres." 35 ans plus tard, c’est pire avec l’émergence du terrorisme qui les a ciblées en premier et un code sexiste qui a fait exploser le nombre des répudiations. Et pour celles qui ont eu la chance de faire un séjour d’études à l’étranger, elles prennent généralement un billet sans retour avec la complicité du "mari" du "frère" et du "père".

Les psychologues ont constaté que le célibat est un choix dans 2% seulement des cas, c'est-à-dire 98% le subissent. 2% c’est aussi le pourcentage des enfants surdoués. Le célibat «inné» a donc la même probabilité d’existence que le génie. S’il devient la règle au lieu de l’exception c’est que la fracture est abyssale, les inégalités démentes. D’après Aristote c’est les catégories intermédiaires qui stabilisent les systèmes politiques or elles n’existent pas dans le monde arabe qui n’est constitué que de dominants et dominés liés tacitement : les premiers redistribuent le pain de la rente et les autres s’occupent de leur sphère privée en gommant la politique de leurs préoccupations. Aujourd’hui le pain et la famille sont menacés, le contrat ne tient plus et c’est la panique à bord. Comment faire pour rattraper des siècles de retard, survivre à la crise mondiale et se préparer aux dangereux virages, aux mutations à venir ? Dans Sultanes Oubliées, l’historienne Fatima Mernissi ne cache pas son pessimisme : "Nous, habitants des médinas-démocraties, sommes en train de tourbillonner entre ciel et terre, cosmonautes malgré nous, sans combinaisons ni masques à oxygène, lâchés dans cette danse planétaire, la face nue et les paumes ouvertes. À cette différence, qui est loin d’être négligeables : c’est que nous, les femmes, devons faire toutes ces pirouettes avec le voile en plus." 

Mimi Massiva

Renvois

(1) Catherine B. Clément (La Jeune Née)

(2) Rapport d’Euromonitor International (organisme d’analyse des marchés à Londres)

(3) New York Times 

(4) Jeuneafrique.com : Etats-Unis : pas de «mariage blanc» pour les Africaines-Américaines 

(5) www.guysen.com/ article_4-mari

http://www.lematindz.net/

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