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"Emeute au sommet de l'Etat" !, ironise Nour-Eddine Boukrouh

11 Août 2017 , Rédigé par S. Sellami

 

Bouteflika, l'émeutier en chef au sommet de l'Etat.  Bouteflika, l'émeutier en chef au sommet de l'Etat.

Nous reproduisons cette analyse particulièrement inquiétante que Nour-Eddine Boukrouh a publié sur sa page facebook.

 

Les spécialistes de la communication moderne nous apprennent que celui qui détient l’information tient le pouvoir d’orienter les mouvements d’opinion, les idées et les convictions qui meuvent les hommes.

Cette fonction d’information du public et d’orientation des esprits était, depuis l’indépendance, dévolue à l’APS et, dans le domaine de la télévision, à l’ENTV.

 

Au cours des deux dernières années, on a observé que cette mission a été progressivement transférée à la chaîne "Ennahar tv" qui, comme chacun sait est, en vertu du statut insensé voulu par l’Etat pour les télévisions privées, une chaîne étrangère autorisée à activer en Algérie dans des limites excluant qu’elle puisse se substituer à la communication officielle.

Or c’est ce à quoi elle est parvenue. Sinon de droit, du moins de fait. Nos idées et convictions relatives à la vie politique sont donc influencées par cette chaîne qui n’aide pas à les structurer mais à les disperser aux quatre vents.

"Ennahar tv" est devenue la source de toutes les sources car ce qu’elle annonce depuis dans ses news depuis deux ans se confirme généralement. Avant il y avait aussi Ammar Sâadani, mais l’agrément lui a été brusquement retiré et son canal fermé comme s’il n’avait jamais existé.

Pourquoi cette chaîne de statut étranger a-t-elle pris la place de l’agence officielle de presse et de la chaîne publique de télévision ? C’est un des mystères de la communication de l’Etat sous le quatrième mandat.

Pourquoi la présidence de la République lui confie-t-elle l’exclusivité de ses fuites organisées, foucades et toquades ? Ça ne nous regarde pas, semble-t-il.

Que nous a appris cette fois la source autorisée ?

Qu’une émeute a éclaté au sommet de l’Etat et qu’on ne peut compter sur aucune police anti-émeutes pour restaurer l’ordre car l’émeutier en chef, selon des informations qu’il est interdit de chercher à vérifier, serait le chef de l’Etat lui-même.

En effet, et de mémoire d’Algérien indépendant (si les informations distillées par « Ennahartv » se confirment), on n’a jamais vu un président de la République se plaindre publiquement de son Premier ministre et pousser à l’émeute les membres de son équipe en leur enjoignant d’agir en s’affranchissant des directives issues d’un plan d’action adopté en conseil des ministres puis par le Parlement.

C’est ce qu’aurait fait le Président, selon "Ennahar tv", en envoyant aux membres du Gouvernement, en l’absence du Premier ministre (en fuite ou en vacances en France, on ne sait plus), « des instructions urgentes afin de mettre fin à l’anarchie née des dernières instructions relatives aux importations ».

Mais comment procéder dans la pratique pour mettre fin à l’anarchie supposée avoir été créée par le Premier ministre sans un coordinateur des actions des différents départements ministériels ? A-t-on désigné un intérimaire pour ce faire ? Ou bien les ministres vont-ils devoir improviser chacun de leur côté ?

Alors qu’il aurait été plus indiqué de convoquer le Premier ministre ou de l’instruire par téléphone en attendant de le limoger le cas échéant sans ameuter l’univers, le Président a parlé de lui en public comme d’un délinquant qui ne tardera pas à être écroué.

Toujours selon "Ennahar tv", il l’aurait mis en demeure de "respecter les textes de loi" et "d’arrêter la publicité contre les patrons et les investisseurs étrangers" (sic).

Avec cet énième épisode fantasque du quatrième mandat, nous aurons franchi le mur du son. Avant, on n’entendait pas le « bang » assourdissant quand un Premier ministre remplaçait un autre ; tout se faisait en douceur, à la vitesse subsonique, voire celle des ultra-sons. Mais cette fois-ci, c’est vraiment le "big bang", la débandade générale et bientôt peut-être le sauve-qui-peut.

Ces actes et ces paroles, qu’ils émanent du Président, de son frère ou d’Ouyahia selon une autre source, ne sont pas raisonnés ; ils sont incohérents et n’obéissent à aucune logique.

Si l’erreur de casting concernant Benaggoun a laissé les observateurs pantois, celle s’appliquant à Tebboune pose par les invraisemblances qui l’entourent un très grave problème, celui de l’exercice des pouvoirs présidentiels.

Car ce Monsieur est un très ancien ami du Président ; il n’a pas un tempérament d’aventurier et n’est pas un gaffeur ; il est dans les rouages du pouvoir depuis des décennies et ne peut pas jouer ce qu’il lui reste à vivre à la roulette ; rappelons-nous aussi qu’il a été désigné il n’y a pas longtemps à l’Ordre national du mérite.

Si ce qui est imputé au président Abdelaziz Bouteflika par "Ennahar tv" émane réellement de lui, cela voudrait dire que nous ne sommes plus en présence d’un homme affligé d’une défaillance physique mais aussi, depuis peu, d’une déficience mentale.

Sa destitution immédiate s’imposerait alors comme une nécessité devant l’apparition de signes de démence, de confusion mentale ou de perte du discernement chez lui, risquant de placer le pays dans une situation de "péril imminent".

S’il n’émane pas de lui c’est donc de son frère comme dirait Jean de La Fontaine, mais cela rendrait les choses encore plus compliquées : cela signifierait une éclipse totale du président légal, la vacance de la fonction présidentielle et une usurpation de pouvoir.

Les nouvelles qui, au moment où j’écris, donnnent une autre exégèse des événements récents, celle d’un Ouyahia volant au secours de ses amis du patronat, renforceraient l’hypothèse de l’évanescence du Président tout en ouvrant instantanément une série d’interrogations sur une collusion inattendue entre lui et le frère du Président. Normalement ils tendraient à s’évincer mutuellement plutôt qu’à se compléter.

Si ce n’est pas le cas, si le Président dispose toujours de ses facultés mentales, pourquoi a-t-il laissé son frère emprunter l’apparat présidentiel à « al-Alia », et son directeur de cabinet attaquer Tebboune en son nom ?

De quelque façon qu’on retourne le problème, on retombe toujours dans l’absurde, un absurde dérivant de l’absurdité du quatrième mandat. Qu’en sera-t-il d’un cinquième ?

Nour-Eddine Boukrouh

http://www.lematindz.net/

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