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LES DIVERSIONS ET L’ALTERNANCE CLANIQUE NE SONT PAS LA SOLUTION. ALLONS À L’ESSENTIEL !

10 Août 2017 , Rédigé par S. Sellami

Salah-Eddine SIDHOUM

Comme à chaque été, le sérail du pouvoir connait ses soubresauts et ce, depuis les années 70 avec les « folles nuits d’Alger » pour ceux qui s’en souviennent. Chaque été, le « ghachi » que nous sommes a droit à un feuilleton. Cette fois-ci, le carnaval boulitique s’est brusquement emballé. En moins de 24 heures, les gangs de l’oligarchie ont mobilisé leurs sites, torchons et plumitifs attitrés (à ne pas confondre avec nos journalistes probes qui malgré les contraintes des directions, continuent à travailler difficilement certes mais dignement). Tebboune, fonctionnaire du régime depuis 40 ans, parachuté il y a moins de 3 mois comme « chef du gouvernement » est au centre de la polémique, pour ne pas dire de la diversion. Présenté par certains comme le « zorro » de la lutte anti-corruption et par d’autres, comme un « traitre » qui voudrait saborder le « programme du président », il devient le pion d’une sourde lutte entre les gangs de l’oligarchie militaro-financière.
Et comme toujours, notre « élite » tant intellectuelle que boulitique tombe, tête baissée dans ce piège  en s’inscrivant dans la stratégie de ce régime qui impose les thèmes et les limites du débat, dans le cadre d’une alternance clanique.  Parler de l’Essentiel à savoir  le changement du régime et l’instauration de l’Etat de Droit est trop dangereux pour cette « élite » couarde. Parler de l’essentiel, à leurs yeux, c’est encourager la « main étrangère » et favoriser «le chaos à la syrienne et à la libyenne» !!

Alors on palabre « savamment » sur des faits réels ou imaginaires qu’offrent les services de l’action psychologique, à travers leurs canaux d’information à l’opinion publique.
Pour une certaine « élite », celle mise sous les feux de la rampe par la presse des « services » et qui gesticule sur les réseaux sociaux, les seuls problèmes qui se posent à l’Algérie sont la succession du locataire d’El Mouradia, se permettant même d’avancer des noms de « successeurs » parmi les mercenaires boulitiques, souvent chargés de sales besognes, après qu’ils aient mangé à tous les râteliers du régime depuis des décennies et qu’on nous présente, toute honte bue, comme des hommes d’Etat. Exit pour eux, le choix démocratique des représentants du peuple, la véritable alternance au pouvoir, la séparation des pouvoirs, la Constitution issue d’une Constituante.  En quelques mots, exit  les voies et moyens de l’instauration d’un Etat de Droit et des Libertés démocratiques.
Formatés, ils s’inscrivent dans la stratégie du régime et tout « changement » pour eux, ne doit s’inscrire que dans le cadre du système et de l’alternance clanique, selon la feuille de route de leurs Maitres des officines. Un simple changement de vitrine !

Devant cette situation dramatique (et je pèse mes mots), faite d’un effondrement des valeurs morales, d’une décomposition sociale, d’une structuration mafieuse institutionnalisée, d’une déliquescence du système politique faisant fonction d’Etat, d’une corruption généralisée et d’un délabrement économique, le moment n’est-il pas venu aux véritables élites du pays de prendre conscience de cette situation et d’assumer leurs responsabilités devant le Peuple et l’Histoire? Cette prise de conscience ne pourra qu’être salutaire pour notre pays et notre peuple. Car la gravité de la situation et la complexité de la crise interpellent la conscience de toutes les potentialités intellectuelles et politiques sincères et honnêtes pour tenter de sauver la patrie grandement menacée dans ses fondements par la politique suicidaire d’une oligarchie militaro-financière minée par ses contradictions internes et ses luttes souterraines. Une prise de conscience sincère de toutes nos potentialités humaines, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays  permettra d’insuffler une dynamique saine capable de mobiliser la population et de bousculer le désordre établi.

Nous ne sommes pas dupes pour croire aux supercheries des «gouvernants » et aux discours creux et stériles d’une certaine «classe » politique compromise et démonétisée. Notre peuple ou du moins sa majorité, après tant d’épreuves parfois tragiques et de duperies, sait aujourd’hui discerner les véritables hommes politiques des pantins et troubadours de la «boulitique », ceux qui servent et ceux qui se servent. Il l’a démontré lors des dernières mascarades électorales. Nous restons persuadés qu’il saura, demain, se mobiliser lorsqu’il aura à sa tête ou à ses côtés une véritable élite digne et sincère, tant intellectuelle pour le guider que politique pour le gouverner. Il l’a déjà démontré, à travers l’Histoire et  à chaque fois que les conditions s’offraient à lui.

L’Algérie a besoin aujourd’hui d’une force politique fédératrice qui, impulsée par une profonde adhésion populaire, poussera les patriotes sincères et courageux au sein du système politico-militaire (il en existe heureusement) à déverrouiller la situation, à contrecarrer cette fuite en avant suicidaire et à franchir le pas en accompagnant cette force politique à ancrage populaire véritable, vers une transition pacifique et démocratique, permettant ainsi d’aboutir à l’élection d’une Assemblée Constituante, premier jalon, vers l’instauration d’un Etat de Droit et des Libertés Démocratiques.  Ainsi sera réglée définitivement la question de la légitimité du pouvoir qui perdure depuis 1962 et qui est la cause majeure de la crise politique. Et cela nous évitera une autre tragédie, qui cette fois-ci risquerait d’emporter le pays.

Ce ne sont certainement pas ces luttes de gangs et ces tractations bassement politiciennes au sein des officines de l’oligarchie qui permettront à notre patrie de sortir de ce statu quo mortifère.

Nous restons persuadés que l’Algérie n’est pas stérile de compétences intellectuelles et politiques sincères et engagées qui n’ont rien à voir avec ces fausses élites d’imposteurs et d’opportunistes sorties des laboratoires de la police politique.

La lourde tâche de réconciliation nationale et de reconstruction du pays  ne peut être assumée par un « zaim » ou un seul courant politique, quel que soit son ancrage. C’est une lourde responsabilité qui incombe à toutes les forces politiques et intellectuelles réelles et sincères réunies autour d’un minimum de principes et de valeurs. Abane Ramdane  disait à juste titre en 1956 : « La libération de l’Algérie sera l’œuvre de tous les Algériens et non pas celle d’une fraction du peuple algérien quelle que soit son importance ». Plus d’un demi-siècle plus tard, nous pouvons dire de même de la reconstruction de notre pays détruit par cinq décennies d’imposture et d’aventurisme.

Evitons les palabres et les diversions. Allons courageusement à l’essentiel.

« Les volontés précaires se traduisent par des discours, les volontés fortes par des actes »

http://lequotidienalgerie.org/

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