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Les mauvais perdants (et ce qu’ils ont peur de perdre)

Publié le par S. Sellami

Par Diana Johnstone
 
 

election-2016-usSi la campagne présidentielle 2016 aux États-Unis fut une honte nationale, la réaction des perdants offre un spectacle plus triste encore. Hillary Clinton et son camp sont incapables d’admettre leur défaite.

Pourquoi ça ?

Parce que leur grand projet d’imposer l’hégémonie de l’Amérique “exceptionnelle” au monde entier, en renversant les régimes récalcitrants l’un après l’autre, paraît menacé par l’outsider Donald Trump. Celui-ci s’est prononcé contre la politique de « changement de régime », réalisation dont Hillary se vantait depuis son rôle essentiel dans la destruction de la Libye de Kadhafi. L’ensemble de l’establishment occidental, composée en gros d’idéologues néo-conservateurs, d’interventionnistes libéraux, de la haute finance, de l’OTAN, ainsi que de la plupart des dirigeants médiatiques et politiques des États-Unis et de l’Union Européenne, sont tous engagés à refaçonner le Moyen-Orient pour satisfaire Israël et l’Arabie Saoudite et à démolir l’impertinente Russie. Ils ont par conséquent été saisis d’une panique hystérique à l’idée que leur projet commun de globalisation puisse être saboté par un intrus imprévisible.

Le désir exprimé par Donald Trump d’améliorer les relations avec la Russie contredit la volonté de Hillary Clinton de « faire payer la Russie » pour sa mauvaise conduite au Moyen-Orient et ailleurs. Si le nouveau président tient ses promesses, cela pourrait constituer un coup sérieux au renforcement militaire de l’OTAN sur les frontières de la Russie, entrainant des pertes sérieuses pour l’industrie américaine de l’armement qui prévoit de gagner des milliards de dollars en vendant des armes superflues aux alliés de l’OTAN sous prétexte de la prétendue « menace russe ».

Les craintes du parti de la guerre sont peut-être exagérées. Les premiers choix de collaborateurs de Trump laisse prévoir une survie probable de la prétention des États-Unis à être la nation “exceptionnelle” et indispensable. Mais les priorités pourraient changer. Et ceux qui sont habitués à un règne absolu ne peuvent tolérer que celui-ci soit remis en cause.

Les mauvais perdants d’en haut



Les membres du Congrès, les grands médias, la CIA et jusqu’au président Obama se sont ridiculisés, et la nation avec eux, en affirmant que la cabale clintonienne a perdu l’élection à cause de Vladimir Poutine. Dans la mesure où le reste du monde pourrait prendre ces pleurnicheries au sérieux, cela devrait augmenter encore le prestige déjà considérable de Poutine. L’idée qu’un piratage moscovite de quelques messages internes au parti démocrate puisse faire perdre le candidat favori du puissant establishment étatsunien ne peut que signifier que la structure politique des États-Unis est si fragile que quelques révélations de courriels peuvent provoquer son effondrement. Un gouvernement notoirement connu pour fouiner dans les communications privées du monde entier, ainsi que pour renverser des gouvernements les uns après les autres par des moyens moins subtils et dont les agents se sont vantés d’avoir manipulé les Russes en 1996 pour faire réélire le totalement impopulaire Boris Eltsine, semble maintenant réduit à pleurer, « maman, Vlady joue avec mes jouets de piratage ! »

Il serait normal que les Russes préfèrent un président des États-Unis qui écarte ouvertement la possibilité de déclencher une guerre contre la Russie. Cela ne fait pas de la Russie « un ennemi », c’est juste un signe de bon sens. Cela ne signifie pas que Poutine soit assez naïf pour imaginer que Moscou puisse décider du résultat de l’élection avec quelques tours de passe-passe.

Tout ce spectacle misérable n’est rien d’autre que la poursuite de la russophobie exploitée par Hillary Clinton pour distraire de ses propres scandales multiples. En tant que pire perdante dans l’histoire électorale américaine, il lui faut blâmer la Russie, plutôt que de reconnaître qu’il ne manquait pas de raisons pour la rejeter.

La machine de propagande a trouvé une réponse aux informations gênantes : elles sont fausses. Cette fois-ci, les conspirationnistes de Washington sont en train de se surpasser. Les geeks russes étaient supposés savoir qu’en révélant quelques messages internes du Comité national démocrate, ils pouvaient assurer l’élection de Donald Trump. Quelle formidable prescience !

Obama promet des représailles contre la Russie pour avoir traité les États-Unis comme les États-Unis traitent, disons, le Honduras (et même la Russie elle-même jusqu’à ce que Poutine y mette un terme). Poutine a rétorqué que pour autant qu’il sache, les États-Unis n’étaient pas une république bananière, mais une grande puissance capable de protéger ses élections. Ce que Washington est en train de nier avec véhémence. Les mêmes médias qui ont affirmé l’existence des « armes de destruction massive » de Saddam transmettent à présent cette théorie du complot absurde avec tout le sérieux du monde.

En dénonçant ce « complot » russe sans donner de preuves, la CIA se départit de la discrétion habituelle des services de renseignement lorsqu’ils se soupçonnent mutuellement de manoeuvres, car le but du récit actuel est de convaincre le public américain que l’élection de Trump est illégitime, dans l’espoir vain d’abord de gagner le collège électoral, puis de paralyser sa présidence en le qualifiant d’agent de Poutine.

Les mauvais perdants d’en bas



Les mauvais perdants au sommet savent au moins ce qu’ils font et ont un but. Les mauvais perdants d’en bas expriment des émotions sans objectifs clairs. Appeler à « la résistance » comme si le pays venait d’être envahi par des extraterrestres n’est qu’une fausse auto-dramatisation. Le système électoral américain est archaïque et bizarre, mais Trump a joué le jeu selon les règles. Il a fait campagne pour remporter les Etats pivots, et non une majorité populaire, et c’est ce qu’il a obtenu.

Le problème n’est pas Trump mais un système politique qui réduit le choix de l’électorat à deux candidats détestés, soutenus par de grandes fortunes.

Quoiqu’ils pensent ou ressentent, les manifestants de rue anti-Trump, plutôt jeunes, créent une image d’enfants gâtés d’une société de consommation hédoniste qui piquent des crises lorsqu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent. Bien sûr, certains sont véritablement préoccupés pour leurs amis immigrants illégaux et craignent leur déportation (ce qui se faisait déjà sous Obama). Il reste possible d’organiser leur défense. Il est probable que la plupart des manifestants auraient préféré Bernie Sanders, mais que cela leur plaise ou non, leurs protestations sont la continuation des thèmes dominants de la campagne négative de Hillary Clinton. Elle a joué sur la peur. En l’absence de tout programme économique pour répondre aux besoins de millions d’électeurs qui ont montré leur préférence pour Sanders, et de ceux qui se tournèrent vers Trump tout simplement à cause de sa vague promesse de créer des emplois, sa campagne a exagéré la portée des déclarations les plus politiquement incorrectes de Trump, créant l’illusion que Trump était un raciste violent dont le seul programme était de susciter la haine. Pire encore, Hillary a stigmatisés des millions d’électeurs favorables à Trump comme « un panier de déplorables, racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes – tout ce que vous voulez ». Ces remarques ont été faites à un rassemblement LGBT, dans le cadre de sa politique identitaire pour gagner les voix des minorités en stigmatisant la majorité blanche – qui elle-même est en passe de devenir minoritaire. La prémisse des politiques identitaires est que les minorités ethniques et sexuelles sont opprimées et donc moralement supérieures à la majorité blanche, qui est l’oppresseur implicite. C’est cette tendance à trier les gens selon des catégories moralement distinctes qui divise la population, tout autant —sinon plus — que les hyperboles de Trump sur les immigrants mexicains ou musulmans. Elle a servi à convaincre un grand nombre de gens dévoués au politiquement correct à considérer la classe ouvrière blanche des régions du centre des États-Unis comme des envahisseurs ennemis qui menaceraient de les envoyer tous dans des camps de concentration.

Effrayés par ce que Trump est accusé de vouloir faire, ses adversaires d’en bas ont tendance à ignorer ce que ses adversaires d’en haut sont en train de faire. La dernière trouvaille de la campagne Clinton, à savoir rejeter la faute de sa défaite sur les « fausses nouvelles », soi-disant inspirées par l’ennemi russe, est une facette de la tendance croissante de vouloir censurer Internet, d’abord pour pédophilie, ou antisémitisme, et prochainement sous prétexte de combattre les « fausses nouvelles » — c’est-à-dire celles qui vont à l’encontre de la ligne officielle. Cette menace contre la liberté d’expression est bien plus grave que les saillies machistes de Trump que la campagne Clinton a bruyamment gonflées pour créer le scandale.

Il est normal et souhaitable que se développe une opposition politique aux mesures réactionnaires de la future administration Trump. Mais une telle opposition devrait s’atteler à définir les enjeux et fixer des objectifs précis, au lieu d’exprimer un rejet global sans résultat pratique.

La réaction anti-Trump hystérique est incapable de saisir les implications de la campagne qui vise à blâmer Poutine pour la défaite de Hillary. Les anti-Trump veulent-ils la guerre avec la Russie ? J’en doute. Mais ils ne veulent pas reconnaître que malgré tout, la présidence Trump présente une occasion d’éviter la guerre avec la Russie. Ceci est une fenêtre d’opportunité qui se refermera brutalement si l’establishment clintonien et le parti de la guerre obtiennent gain de cause. Qu’ils en soient conscients ou non, les manifestations de rue aident cet establishment à délégitimer Trump et à saboter le seul élément vraiment positif dans son programme : la paix avec la Russie.

Ajustements dans la liste des ennemis



Par leurs choix fatalement erronés au Moyen-Orient et en Ukraine, les dirigeants à Washington ont mis les États-Unis dans une trajectoire de collision avec la Russie. Incapable d’admettre que les États-Unis ont parié sur le mauvais cheval en Syrie, le Parti de la Guerre ne voit pas d’autre choix que de diaboliser et de « punir » la Russie, au risque en fin de compte d’avoir recours aux arguments décisifs du vaste arsenal nucléaire du Pentagone. La propagande anti-russe a dépassé les niveaux extrêmes de la guerre froide. Presque tout le monde s’y met, en rivalisant d’inventivité. Qu’est-ce qui peut mettre un terme à cette folie ? Qu’est ce qui peut servir à créer des attitudes et des relations normales envers cette grande nation qui aspire avant tout à être simplement respectée et à promouvoir le droit international basé sur la souveraineté nationale ? Comment les États-Unis peuvent-ils faire la paix avec la Russie ?

Il est clair que dans l’Amérique capitaliste et chauvine il n’y a aucune chance de passer à une politique de paix en nommant mon ami l’excellent pacifiste David Swanson aux relations extérieures américaines, aussi souhaitable que cela puisse être.

De façon réaliste, la seule façon dont l’Amérique capitaliste puisse faire la paix avec la Russie est en développant les affaires capitalistes. C’est ce que Trump propose de faire.

Face aux réalités, un peu de réalisme est utile. Le choix du patron de Exxon, Rex W. Tillerson, comme secrétaire d’État est la meilleure démarche possible pour mettre fin à la course actuelle vers la guerre avec la Russie. A ce stade, le slogan américain pour la paix ne peut être que « Faites les affaires, pas la guerre ».

Mais la « résistance » à Trump ne soutiendra probablement pas cette politique pragmatique en faveur de la paix. Cette politique se heurte déjà à une opposition au Congrès, chez des Démocrates et des Républicains avides de guerre. Au lieu de soutenir la détente, en criant « Trump n’est pas mon président ! », les gauchistes désorientés renforcent par inadvertance cette opposition, qui est pire que Trump.

Éviter la guerre avec la Russie ne transformera pas Washington en un havre de douceur et de lumière. Trump est dotée d’une personnalité agressive, et les personnalités opportunistes et agressives de l’establishment, notamment ses amis pro-Israëliens, vont l’aider à retourner l’agressivité des États-Unis vers d’autres cibles. L’attachement de Trump à Israël n’a rien de nouveau, mais semble particulièrement intransigeant. Dans ce contexte, les mots extrêmement durs de Trump envers l’Iran sont de mauvais augure, et il faut espérer que son rejet déclaré des guerres de « changements de régime » s’appliquera ici comme ailleurs. La rhétorique anti-chinoise de Trump ne promet rien de bon, mais à la longue il n’y a pas grand chose que lui ou les États-Unis puissent faire pour empêcher la Chine de redevenir la « nation indispensable » qu’elle était pendant la majeure partie de sa longue histoire. Des accords commerciaux plus stricts ne conduiront pas à l’Apocalypse.

L’échec de l’élite intellectuelle



La triste image des Américains d’aujourd’hui comme de mauvais perdants, incapables d’affronter la réalité, doit être attribuée en partie à l’échec éthique de la « génération 1968 » des intellectuels. Dans une société démocratique, le premier devoir des hommes et des femmes ayant le temps, le goût et la capacité d’étudier avec rigueur la réalité est de partager leurs connaissances et compréhension avec ceux qui ne disposent pas de tels privilèges. La génération des intellectuels dont la conscience politique a été temporairement éveillée par la tragédie de la guerre du Vietnam aurait dû reconnaître que leur devoir était d’utiliser leur position pour éduquer le peuple américain sur l’histoire et les réalités du monde que Washington se proposait de redessiner. Mais l’actuelle phase du capitalisme hédoniste offre aux intellectuels de bien plus grandes opportunités de réussite en manipulant les masses qu’en les éduquant. Le marketing de la société de consommation a même contribué au développement de la politique identitaire en ciblant le marché des jeunes, le marché gay, et ainsi de suite. Une masse critique d’universitaires « progressistes » s’est retirée dans le monde abstrait du post-modernisme, et a fini par diriger l’attention des jeunes sur la bonne manière de réagir à la sexualité des autres ou d’élargir leur conception du « genre ». De telles élucubrations ésotériques alimentent le syndrome de « publier ou périr » et permettent aux universitaires en sciences humaines d’éviter le moindre sujet qui pourrait être jugé critique du militarisme croissant des États-Unis ou des dérives du monde « globalisé » dominé par la haute finance. La controverse la plus aigue qui secoue aujourd’hui le monde universitaire est de savoir qui doit utiliser quelles toilettes.

Si les snobs intellectuels peuvent ricaner avec une telle auto-satisfaction sur les pauvres “déplorables” des régions qu’ils ne voient que d’en haut en prenant l’avion d’une côte des États-Unis à l’autre, c’est parce qu’ils ont eux-mêmes ignoré leur devoir social primaire qui est de chercher la vérité et de la partager. Gronder des inconnus pour leurs attitudes supposées « mauvaises » tout en donnant l’exemple social de la course à la promotion personnelle effrénée ne peut que produire cette réaction anti-élite appelée « populisme ». Trump est la revanche de ceux qui se sentent manipulés, oubliés et méprisés. Quels que soient ses défauts, il était le seul choix qui leur était offert pour exprimer leur révolte dans une élection pourrie. Les États-Unis sont profondément divisés idéologiquement, ainsi que sur le plan économique. Les États-Unis sont menacés, non pas par la Russie, mais par leurs propres divisions internes et l’incapacité des Américains non seulement à comprendre le monde, mais à se comprendre entre eux.

Diana Johnstone

Article original en anglais :

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The 2016 Elections: “The Bad Losers” and What They Fear Losing20 décembre 2016

Traduction VD pour le Grand Soir.

 

Philippe Ehua                                                                                                                                                  https://wordpress.com/ 

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Tunisie : du prix Nobel de la paix à la Cour pénale internationale

Publié le par S. Sellami

 

Désignée par l’ONU et par des instituts spécialisés comme étant le premier pays fournisseur de terroristes islamistes dans le monde, la Tunisie n’est plus cet « unique pays à avoir réussi son printemps arabe » au point de se faire décerner le prix Nobel de la paix, mais un Etat compromis avec le terrorisme global dont les responsables sont désormais visés par la Cour pénale internationale.

 
Photo du quartet du "dialogue national" avec le premier ministre canadian Philippe Couillard, le 16 mai 2016 au Québec.
Photo du quartet du "dialogue national" avec le premier ministre canadian Philippe Couillard, le 16 mai 2016 au Québec.

Lorsqu'en octobre 2015, certains lobbies du comité norvégien ont décidé d’attribuer au quartet le prix Nobel de la paix, c’était pour eux et pour les Etats qui sont derrière l’ultime tentative de persuader les Arabes en général et les Tunisiens en particulier que le « printemps arabe » n’était pas ce projet de Grand-Moyen-Orient visant à détruire tous les Etats-nations et à semer le chaos chez les musulmans, mais un véritable soulèvement des peuples contre leurs « dictateurs ». En d’autres termes, que les Tunisiens ont eu raison de détruire leur propre pays et de contaminer le reste du monde arabe par leur supposée révolution populaire. Pour le comité Nobel, il était essentiel de faire avaler aux Tunisiens cette dernière pilule qui flatte leur ego et de perpétuer ce mythe pour que les autres peuples, syrien, libyen, égyptien, algérien, yéménite…ne renoncent jamais à l’autodestruction et à la diabolisation de leurs élites nationalistes. 

Avec l’échec de ce plan impérialiste et atlantiste en Syrie, et le retour sur la scène internationale de la Russie, les donnes politiques et géopolitiques ont changé. Les mêmes journaux qui exaltaient le « printemps tunisien », flattaient l’islamisme « modéré » et félicitaient les Tunisiens de leur prix Nobel titrent aujourd’hui, « La Tunisie, ce vivier du terrorisme international » (Le Figaro du 23 décembre 2016), « Tunisie, risque de somalisation » (RTBF, 25 décembre 2016), « En Tunisie, dans la couveuse salafiste » (Le Point du 3 décembre 2016)… 

Pour ceux qui connaissent si bien les turpitudes et le machiavélisme des occidentaux, ce changement dans la terminologie médiatique annonce un revirement à 190°. Nous allons lire dans les semaines qui viennent des « analyses » et des « enquêtes » qui prouvent que les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France, l’Allemagne et la Belgique n’ont aucune responsabilité dans la prolifération du terrorisme international et qu’ils ont été induit en erreur par le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Turquie et la Tunisie, les quatre principaux pays qui sont aujourd’hui sur le banc des accusés. 

Le 17 juin 2013, le journal syrien « Al-Watan » révélait que la Syrie a constitué des dossiers à charge contre ces quatre pays et qu’elle va les porter devant le Conseil de Sécurité de l’ONU et devant la Cour pénale internationale pénal (CPI), à ne pas confondre avec le Tribunal pénal international. Avec toutes les preuves cumulées depuis, et particulièrement après la libération d’Alep-Est, sur les nationalités des djihadistes et sur l’origine de leur armement, le gouvernement syrien s’apprête, par le biais du Venezuela –la Syrie n’ayant pas ratifié le Statut de la CPI- à entamer cette démarche auprès des Nations-Unies. 

N’ayant pas été non plus signataires du statut de la CPI, le Qatar, la Turquie et l’Arabie Saoudite ne risquent pas grand chose pour le moment. Ce qui n’est pas le cas de la Tunisie qui, dans l’euphorie de la « révolution du jasmin », a ratifié, le 24 juin 2011, son adhésion à la Cour pénale internationale. Cette ratification expose les plus hauts gouvernants tunisiens, de 2011 à 2014, à des poursuites pénales devant cette juridiction internationale, pour « crimes de guerres », voir « crimes contre l’humanité » qui ont été commis « par des ressortissants des États membre ou sur le territoire des États parties » (selon les statuts de la CPI). 

Principales personnalités concernées pour « incitation au terrorisme » ou « connivence implicite ou explicite » ou « nonchalance » avec des réseaux djihadistes, Rached Ghannouchi, Béji Caïd Essebsi (pour la période de transition où il a été chef de gouvernement), Moncef Marzouki, Hamadi Jebali, Ali Larayedh, Mehdi Jomaa et Habib Essid. Leur responsabilité morale et politique concernerait tout aussi bien les « combattants » Tunisiens expédiés en Syrie et qui sont près de 9000 individus, que les terroristes également Tunisiens qui ont commis des actions terroristes en Europe. 

La démarche syro-vénézuélienne discrètement appuyée par la Russie a d’autant plus de chance d’aboutir que la Cour pénale internationale, discréditée et de plus en plus mal vue en raison de sa justice à géométrie variable, a besoin d’une affaire retentissante pour redorer son blason et booster sa légitimité. 

Nebil Ben Yahmed       

http://www.tunisie-secret.com/

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L’autre Israel. par Ted Pike

Publié le par S. Sellami

Documentaire [VOSTFR] sur la genèse du sionisme du révérend chrétien conservateur Ted Pike, publié en 1987. Ce doc présente un résumé de 15 années des recherches personnelles de Ted Pike sur le sionisme, ce qui l’a conduit à s’intéresser au talmud et à la littérature juive en général, autant qu’au communisme en Russie et à son financement.

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La Syrie, Astana et le basculement du monde

Publié le par S. Sellami

La Syrie, Astana et le basculement du monde

Depuis la libération d'Alep, les événements se précipitent. Des négociations inter-syriennes ont été menées sous l'égide de la Russie, de l'Iran et de la Turquie. Elles ont abouti le 29 décembre à un triple accord entre le gouvernement syrien et sept groupes de l'opposition armée. « Trois documents ont été signés », a déclaré le président russe. Le premier instaure « un cessez-le-feu sur l'ensemble du territoire syrien ». Le deuxième définit « les mesures visant à contrôler le respect de la trêve ». Le troisième est une « déclaration sur la volonté des parties en conflit de lancer des négociations de paix ».

Certes, on objectera à juste titre que cet accord n'instaure dans l'immédiat qu'un fragile cessez-le-feu. Il peut être remis en cause à tout moment, les terroristes d'Al-Qaida et de Daech en sont exclus, et il ne règle pas, au fond, la crise syrienne ouverte au printemps 2011. Il n'empêche que cette signature, fruit de tractations entre des parties qui ne se parlaient plus, marque une nouvelle avancée en vue d'un règlement politique du conflit, une semaine à peine après la victoire de l'armée arabe syrienne dans la deuxième ville du pays.

L'avenir dira si cette étape était décisive, mais on peut déjà en tirer trois enseignements.
Le premier, c'est que rien ne vaut une victoire militaire pour remettre les pendules à l'heure. La débandade des « rebelles » d'Alep-Est après un mois de combats valide la stratégie syrienne de reconquête territoriale. Les cinq premières villes du pays sont désormais sous le contrôle du gouvernement : Damas, Alep, Homs, Lattaquié et Hama. Toutes les combinaisons échafaudées en Occident et dans les pays du Golfe pour imposer le départ de Bachar Al-Assad, que ce soit comme « préalable » ou comme « résultat » d'une transition politique, se brisent sur cette réalité comme une coque vermoulue sur des récifs côtiers.                                                             
La victoire militaire de l'armée syrienne et de ses alliés, en réalité, conforte l'initiative russe en faveur d'une solution politique. En position de faiblesse, les groupes armés non affiliés à Daech ou Al-Qaida vont devoir choisir entre une fuite en avant qui liera leur sort à ces jusqu'au-boutistes ou une négociation avec un Etat syrien qui les chasse, peu à peu, des principales agglomérations du pays. L'attitude de ces groupes est l'une des inconnues qui pèseront sur la suite des événements, mais il est significatif qu'ils aient choisi, sans doute à contre-cœur, la solution négociée.

Le deuxième enseignement, c'est l'éviction spectaculaire des Etats-Unis, éjectés comme des malpropres d'une scène syrienne où ils ont additionné les mensonges, les coups bas et les échecs à répétition. Pour la première fois dans l'histoire contemporaine, la négociation sur un conflit majeur est engagée sans Washington, qui doit se résoudre à faire tapisserie pendant que Moscou mène la danse. Discrédités par une politique erratique, les USA sont condamnés à approuver un processus qu'ils n'ont jamais cherché à promouvoir tout en prétendant le contraire. En attendant, ils se voient contraints de mettre une sourdine à leurs jérémiades sur les « crimes de guerre » et la « barbarie russe ».Cette mise en orbite de la Maison-Blanche est d'autant plus cruelle que son principal allié dans la région, la Turquie, y a participé activement. Pour Ankara, mieux vaut un adversaire avec qui on peut négocier (Moscou) qu'un allié félon qui vous fait des enfants dans le dos (Washington). Les USA paient leur ambiguïté lors de la tentative de coup d'Etat en Turquie, mais aussi le soutien opportuniste accordé aux Kurdes de Syrie. M. Poutine, dont la retenue lors de l'affaire du Soukhoï abattu a porté ses fruits, n'eut qu'à tendre la main à son homologue turc pour que la géographie et l'économie, facteurs objectifs de convergence turco-russe, prennent le dessus. L'admission de la Turquie dans le club des parrains de la paix en Syrie est un coup de maître. Mais Moscou a aussi contracté une police d'assurance du côté de Doha. En lui concédant une participation au capital de la compagnie pétrolière nationale Rosneft, Moscou achète la neutralité du Qatar. Ce pacte de circonstance devrait contribuer à la tiédeur de l'Arabie saoudite, à son tour, pour une rébellion en déroute. Revirement turc, défection qatarie, isolement saoudien, le dispositif clintonien du « regime change » en Syrie s'effondre comme un château de cartes. Donald Trump a proclamé son intention d'en finir avec ces lubies néo-conservatrices. A croire qu'il avait anticipé la suite des événements !

Le dernier enseignement, enfin, est lié au lieu même des futures négociations de paix. Capitale futuriste du Kazakhstan construite en 1997, Astana est au cœur de cet arc de puissance géopolitique dont Moscou est l'artisan inlassable face aux prétentions occidentales à régenter la planète. C'est à travers le territoire kazakh que passent les oléoducs qui acheminent, vers la Chine, le gaz en provenance des gisements de la Caspienne. Premier producteur mondial d'uranium, le Kazakhstan est un allié stratégique de la Russie et son partenaire essentiel dans les domaines-clé de la modernité économique (nucléaire, spatial, hydrocarbures).

Ce pays asiatique majoritairement musulman est membre de l'Union eurasienne et de l'Organisation de coopération de Shanghaï. En plein développement, proche de la Russie, il est le symbole des nouveaux équilibres du monde. C'est à Astana que les négociations de paix commenceront en janvier, précédant celles de Genève en février. Les deux processus ne sont pas contradictoires, affirme la diplomatie russe. Staffan de Mistura, délégué spécial de l'ONU pour la Syrie, sourit pour la forme. Mais quel symbole ! Détrônée par la capitale kazakhe, la cité helvétique n'est plus le centre de l'activité diplomatique. Les Russes l'ont déplacé à l'Est, au cœur d'une Eurasie qui est le siège des puissances de demain.

Auteur : Bruno Guigue

http://oumma.com/

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MISÈRE INTELLECTUELLE : L'Anti-complotiste MENDÈS FRANCE obligé de lire son "interview" sur France-Inter.

Publié le par S. Sellami

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Souvenez-vous : le 24 mai, face à un public composé d'enseignants, il avait qualifié le fondateur de Panamza de « grand conspirationniste extrêmement véreux » {http://panamza.com/tristan-mendes-france}.

Le 26 décembre, sur la radio publique France Inter, Tristan Mendès France -présenté comme un "spécialiste des nouveaux usages numériques"- était l'invité de la journaliste Alexandra Bensaïd.

À l'écoute, cet entretien connivent semble néanmoins authentique. En visionnant la vidéo, surprise, surprise : il s'agit d'une lecture de fiche. L'invité garde constamment la tête baissée pour lire ses notes tandis que la journaliste, de mèche avec lui, adopte faussement un ton spontané {http://dai.ly/x56cjw1}.

À souligner : l'interview se focalise sur la "désinformation" et le "complotisme" abondamment pratiqués -selon le tandem Bensaïd/Mendès France- par les médias indépendants du web.

Détail cocasse : à l'origine de cette interview-bidon, la journaliste ultra-diplômée Alexandra Bensaïd (Sciences Po, Columbia University, CFJ) ose vanter "la véracité de l'info sur France Inter" {http://dai.ly/x56cjw1?start=432}.

Tristan Mendes-France : "Il y a des campagnes toxiques sur les réseaux sociaux"

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[Vidéo] L'Allemagne s'attaque à son génocide africain (New York Times)

Publié le par NYT

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Provocations de fin d'année 2016 à In-Salah.

Publié le par Saoudi Abdelaziz

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Jaloux ? L’ambassade de Russie trolle Londres pour son silence sur le cessez-le-feu syrien

Publié le par S. Sellami

Jaloux ? L’ambassade de Russie trolle Londres pour son silence sur le cessez-le-feu syrien© Wikipédia
Ambassade de Russie à Londres

Des diplomates russes en Grande-Bretagne ont lancé un sondage humoristique sur Twitter qui propose des choix décalés sur la raison de l'absence de réaction du Royaume-Uni sur l'établissement d'un cessez-le-feu en Syrie.

Un cessez-le-feu sur l’ensemble de la Syrie est entré en vigueur à minuit le 30 décembre. Une initiative a été saluée par le département d’Etat américain. Son représentant Mark Toner a déclaré : «La nouvelle sur le cessez-le-feu en Syrie est un développement positif.»

Quid de la Grande-Bretagne ? Silence. L’ambassade de Russie à Londres a même plaisanté à ce sujet sur son compte de Twitter en lançant un sondage demandant : «Aucune réaction du Royaume-Uni sur le cessez-le-feu dans toute la Syrie négocié par la Russie, la Turquie et l’Iran. Pourquoi ?». Des usagers de Twitter avaient trois options à choisir : «Jalousie», «Le Bureau des Affaires étrangères est en vacances» et «Il ne peut pas le croire».

Comment le révèlent les résultats finaux du sondage, plus de la moitié (51%) ont opté pour la Jalousie. Les deux autres ont atteint presque le même nombre de voix : «Il ne peut pas le croire» - 25% et «Le Bureau des Affaires étrangères est en vacances» - 24%.

Le cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et les rebelles a été négocié par Moscou et Ankara et soutenu par Téhéran. Si le cessez-le-feu n’échoue pas, des pourparlers de paix s'ouvriront au Kazakhstan le mois prochain.

https://francais.rt.com

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السعودية وإسرائيل 2016: وجهان لعملة واحدة

Publié le par S. Sellami

السعودية وإسرائيل 2016: وجهان لعملة واحدة

لم تعد أخبار لقاء مسئولين سعوديين بنظرائهم الإسرائيليين خبراً يدعو للدهشة، فاعتيادية المشهد الذي يجمع المسئولين على مختلف مواقعهم ومراتبهم في كل من الدولتين والابتسامات والتصريحات البراقة والواعدة، كانت محض انعكاس لتطور خطير في السنوات الخمس الأخيرة، ما بين توق إسرائيلي إلى تطبيع العلاقات وعلانيتها مع دول عربية، وحاجة سعودية لحليف إقليمي، مروراً بتقاطع المصالح وترجمة ذلك على كافة المستويات وحتى العسكرية منها، وصولاً إلى اعتراف علني صريح لا جدال فيه على لسان بنيامين نتنياهو، بأن دولة الاحتلال على علاقة جيدة للغاية وفي تحالف ضد أخطار مشتركة بدول “سُنية عربية”.

هذا الوصف والتصنيف الذي أطلقه نتنياهو مصادقاً لما هو عليه الواقع من مسارات أثبتت أن تقاطع كل من الرياض وإسرائيل ليس فقط في مصلحة كل منهما، ولكن هو أمر ضروري وحيوي وحتى وجودي لاستمرار كل من الكيان الصهيوني والمملكة الأسرية السعودية، فالأخيرة وما عانته من تراجع بنيوي على مدار السنوات الماضية ومفاقمة هذا في العامين الأخريين بخوض حرب في اليمن وتورط أكثر في سوريا، وصراع داخلي ومستقبل غامض فيما يخص الحكم مستقبلاً، عانت أخيراً من انكشاف الغطاء الأميركي الذي يكفل الحماية للمملكة، وبالتالي كانت حاجة الرياض لتعويض هذا الانكشاف بتوطيد ورص الصفوف خلفها في المنطقة عن طريق سياسة شراء المواقف السياسية، وتوثيق العلاقات مع تل أبيب، التي تتشارك مع الرياض في بوصلة واحدة فيما يخص العداء للمقاومة وإيران، وتضررهما من التغيرات التي شملت المنطقة واستجابة واشنطن معها، مثل الملف النووي الإيراني والاتفاق الذي أفضى إلى إسقاط خيار الحرب أو الضربة العسكرية الأميركية ضد طهران بسبب برنامجها النووي، وهو ما كانت كل من السعودية وإسرائيل تدفع في اتجاهه.

ويمكن القول أن العام الجاري شهد تكثيف وتسريع وتيرة تعميق العلاقات بين السعودية وإسرائيل، فمقارنة ب،2013 كانت العلاقات في طور الخروج للعلانية وجس النبض الشعبي، وفي 2014 بدأت سيرورة عمل مشترك ضد اتفاق نووي وشيك، والعام الماضي ومع إخفاق إجهاض الاتفاق النووي، والذي حاز معظم مجهود الدولتين في التقارب بينهم، بدأ الاتجاه لتعميق على مستوى ثنائي وبشكل أكبر من التقاطع الآني في المصلحة والهدف، وجعله تعاون استراتيجي قائم على فكرة أو معادلة مفادها قيادة مشتركة للمنطقة ممثلة في تل أبيب والرياض بعد الانسحاب الأميركي الوشيك وتصاعد النفوذ الإيراني على حساب الإخفاق المشترك الفردي لكل منهما طيلة السنوات الماضية في مختلف أماكن الصراع من العراق لسوريا للبنان لغزة، والاتجاه خلال هذا العام لتوحيد المواقف والأهداف والعمل عليه وفق إستراتيجية برجماتية تتمثل في سعودة القرار السياسي العربي من خلال الجامعة العربية ونفوذ المملكة في مختلف الدول العربية والكبيرة منها مثل مصر على وجه الخصوص، وتوجيه هذا الاصطفاف الجبري الممول والمحمل بالامتنان السعودي لاسترضاء إسرائيل رجاء لدعمها أمام خطر مشترك هو إيران ومحور المقاومة.

على الجهة المقابلة رأت تل أبيب بشكل تصاعدي أن التحالف أو الاستفادة من “الإستراتيجية” السعودية سابقة الذكر يأتي في صلب مصلحتها، سواء في كون المملكة تقدم نفسها إقليمياً ودولياً على أنها ممثلة “السُنة العرب”، وهو ما يدفع نحو ما دعا إليه نتنياهو مباشرة في النصف الثاني من 2014 بتأجيج الصراع السُني- الشيعي كون أن الاثنين أعداء لإسرائيل، أو استفادة الكيان الصهيوني من تحزيم موقف “عربي” يقبل بإسرائيل ويطبع علاقاته معها تتكفل به المملكة، أو بالحد الأدنى العمل المشترك بشكل برجماتي على محاصرة حركات المقاومة سياسياً وإعلامياً وأمنياً وحتى ميدانياً وعسكرياً في سوريا، التي التقيا فيها الرياض وتل أبيب على دعم وتمويل وتسليح ورعاية الجماعات الإرهابية، وصولاً إلى الاستفادة منهم والتنسيق معهم ليس في إطار الصراع والحرب السورية، ولكن باستهداف كوادر المقاومة على مدار العامين الماضيين .

أبرز حوادث هذه العام كانت الحادثة التي أودت بحياة القيادي بحزب الله اللبناني، مصطفى بدر الدين، والذي أُتهمت إسرائيل باغتيال بشكل تقليدي على قاعدة المستفيد، إلا أنه قد لا يكون المنفذ المباشر إسرائيلي مثلما كان الحال في اغتيال جهاد مغنية وسمير القنطار، والتي اعتمد فيها على الجماعات الإرهابية المتعاونة مع وخاصة في جبهة الجولان في جمع المعلومات حولهم ورصد تحركاتهم ومن ثم القيام بضربات جوية، وهو ما قد يعني أن تبادل أدوار على مستوى إقليمي بين العدو وعواصم عربية وإقليمية مشتبكة في الأزمة السورية قد يكون فيه المخطط إسرائيلي والمنفذ أحد الجهات أو الجماعات المسلحة في الداخل السوري، فبخلاف الغطاء الإعلامي والدعائي المستمر منذ فترة والذي يمنح “شرعية” لإسرائيل في جرائمها واغتيالها لكوادر حزب الله بحجة تدخله في سوريا، فإن هناك انفتاح وتقارب وتنسيق سياسي وأمني بين دول عربية وعلى رأسها السعودية وإسرائيل في السنوات الأخيرة. في هذا السياق، يأتي تعليق مستشار الأمن القومي الإسرائيلي السابق، يعقوب عميدرور، بأن اغتيال بدر الدين “أمر جيد لإسرائيل التي ليست مسئولة دائماً عن الاغتيالات التي تستهدف أعدائها” كمفارقة لافته من حيث تلميحه لاحتمالية مشاركة أطراف أخرى في استهداف حزب الله، سواء سياسياً وإعلامياً –وهو الأمر الذي تبنته السعودية عربياً وهللت له إسرائيل- أو عسكرياً وأمنياً, بالإضافة أن تصريح عميدرور لا يخرج عن التوصيات التي خرج بها اجتماعه قبل أيام مع رئيس الاستخبارات السعودية الأسبق، الأمير تركي الفيصل، والتي خلصت إلى “تطوير وعلانية التعاون بين الرياض وتل أبيب على كافة الأصعدة”.

الحديث في 207 لن يكون عن سيناريوهات نجاح أو فشل المسعى المشترك لكل من الرياض وتل أبيب في تقويض محور المقاومة، ولكن سيكون عن مدى هذا التحالف وقابليته للتوسع والانتقال لملفات وساحات أخرى، سواء انتهى بالفشل أو النجاح في لبنان، فمن نافلة القول أن مناهضة السعودية لحزب الله ليست وليدة السنوات الأخيرة ولكنها تمتد إلى السنوات الأولى لعمر المقاومة نفسها، سواء كان ذلك من باب علاقة الحزب بإيران والثورة الإسلامية هناك التي كانت تجلياتها الأولى الخارجية في نشأة الحزب، أو من باب تموضع السعودية الوظيفي في المنطقة والذي يتكامل مع السياسات الأميركية التي يضرها وجود مقاومة فاعلة وناجحة لما يزيد عن ثلاثة عقود؛ فالتلاقي السعودي الإسرائيلي لم يكن الأول من نوعه، بل يمتد حتى إلى بداية مساعي الاستعمار بإيجاد إسرائيل، مروراً بتعاون الرياض وتل أبيب ضد مصر في حرب اليمن الأولى في ستينيات القرن الماضي وصولاً إلى المبادرة السعودية للسلام في 2005، وما استلزم ذلك ضرورة وجود خط اتصال دائم كان في الغالب سري، وانتقل منذ سنوات بدافع من الضرورة إلى العلن وتطويره إلى آلية مشتركة يتم تدعيمها بشكل دوري –ذكرت القناة العاشرة الإسرائيلية قبل 3 أيام عن وفد إسرائيلي سياسي وأمني زار الرياض والتقى عدد من المسئولين السعوديين وأن الملك سلمان يرحب بتطبيع العلاقات مع تل أبيب- وأن ما دعا المملكة إلى الانتقال من السرية إلى العلانية في علاقتها مع إسرائيل، وتصعيدها الأخير ضد حزب الله يأتي وفق سيرورة هذه الآلية الناتجة عن إستراتيجية مشتركة بعيدة المدى بين الدولتين.

وبمد الخط على استقامته، في ظل مستقبل منظور لا توجد فيه الرعاية السياسية والتقاطع المصلحي المعهود من جانب واشنطن لحلفائها، فإن كل من الرياض وتل أبيب، سيشكلان سوياً قاطرة سياسات مشتركة وفق مصلحتهم باعتبارهم القوى الأكثر تأثيراً في الشرق الأوسط إزاء تحديات جسام تعانيها المنطقة مؤخراً، وهذا بحد ذاته لا يتشرط التوافق التام من باقي دول المنطقة على مقتضيات التحالف بين تل أبيب والرياض؛ فالأخيرة تراهن على مدى استمرار نفوذها في السياسة العربية متمثلة في مجلس التعاون الخليجي والجامعة العربية، وفيما يبدو الأول مستعد بل ومبادر لتطبيع العلاقات مع إسرائيل، قد يكون بالنسبة لأحد مكوناته تحفظ بخصوص الاندفاع السعودي فيه نحو أفق الصدام مع محور المقاومة. هذا بالطبع بخلاف باقي الدول العربية، التي تقيم وتُقيم الرياض علاقاتها معها على نفس المقياس الذي اتخذت فيه إجراءاتها الأخيرة ومنع المساعدات المالية عن لبنان. هذا بخلاف أن المملكة تعاني من تدهور اقتصادي سيؤثر بطبيعة الحال على مقدرة المال السياسي لديها في ظل تراكم سياسات الارتجال والعشوائية التي تنتهجها الرياض منذ العام الماضي، وبالتالي فإن مدى استفادة الرياض من هذا التحالف تكاد تكون معدومة، في حين أن تل أبيب تضمن من خلاله أفق أوسع من الحركة والمبادرة وسط “شرعية” تكفلها لها المملكة وتوابعها.

http://www.hourriya-tagheer.org/

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..... عادل العوفي: “حياة الليل” في السعودية وما خفي كان اعظم..

Publié le par S. Sellami

 

 هل سقطت كذبة المجتمع التقي الورع؟ واين الدعاة “للهداية والصلاح” ام ان ارسال الشباب العربي للهلاك بحثا عن “الحور العين” هو الاولوية؟.. هل يحق للام بي سي ان تهدم “أحلام” الشباب من اجل عيون “أحلام”؟.. أماني الخياط تؤكد ان الاعلام المصري “مستشفى للامراض للعقلية”

adel-alofi-new-.jpg55                               عادل العوفي

تقرير ملفت ذلك الذي عرض في برنامج “مراقبون” على قناة “فرانس 24″ حول شريط فيديو نشر على موقع “اليوتيوب” وصور في مدينة “جدة “السعودية لحفلة “ماجنة ” اثارت “استنفار” هيئة الامر بالمعروف والنهي عن المنكر للبحث عن “ابطال ” ذلك الشريط “الفاضح ” المسيئ  لهيبة وسمعة المملكة.

قطعا لن يكون من العادي لو تحلت محطة عربية اخرى “بالشجاعة ” واعادت طرح الموضوع كما تفعل مع مئات مقاطع الفيديو التي تقتفي اثارها من على الانترنت وتبني عليها سلسلة تقارير وبرامج لا تعد ولا تحصى، لكن حين يتعلق الامر “بفعل مشين” يدين المجتمع السعودي “المحافظ” فذلك “خط أحمر” لا يجدر بنا الاقتراب منه.

الجميل في التقرير انه تحدث عن “الوجه الاخر” لمدينة “جدة” السعودية و “الليالي الحمراء” المزدهرة فيها في تناقض صارخ مع ما يجري التسويق له “اعلاميا” كذلك وتلك الصورة ” المخادعة ” عن مجتمع سعودي تقي وورع.

ولعل الاهم الاستعانة بتقرير سابق لموقع “ويكيليكس″ الشهير الذي نشر “مذكرة ديبلوماسية أمريكية” عن “حياة الليل ” في المملكة العربية السعودية عبر ما كتبه القنصل العام الامريكي أنذاك “مارتن كوين ” الذي تحدث عن انتشار “مظاهر الرذيلة” من “كحول ومخدرات وجنس ” كل ذلك تحت ستار الابواب المغلقة.

السؤال المطروح وموجه لكل من يجيدون الشتم والسب حين يتم فتح هذا “الملف المخزي” عن “الازدواجية السعودية”، حين نتحدث نحن نوصف “بالحاقدين” و”الغيورين” {اما حكاية العمالة والتخوين لا داعي لذكرها}، لكن ماردكم حين تتحدث جهة رسمية “امريكية ” عن الموضوع {لطالما ان لهؤلاء “مصداقية” كبيرة عندكم} وبالتفصيل الشامل الذي لا يدع مجالا للشك؟

تذكرت وانا اتابع هذا الملف بعض تغريدات “الدعاة” السعوديين وبعضها تطرق للاحتفالات برأس السنة وما يصاحبها من “سكر” وعربدة على غرار ما ذكره “محمد العريفي” مثلا وما اعتبرته بعض وسائل الاعلام ردا غير مباشر على قصيدة “عائض القرني” التي صورت كفيديو كليب في تركيا تحت عنوان “امنت بالمسيح”.

اين هؤلاء الدعاة من “الوجه المشين” الذي اضحى منتشرا على طول وعرض الاعلام الغربي ويصل المتلقي العربي بكل سهولة عبر مواقع الانترنت؟ اين برامجهم التي تكلف مزانيات ضخمة  من “محاربة” الرذيلة والفحشاء التي تعصف بسمعة بلدهم؟ ولماذا لا يجرؤون على المجاهرة بالحقيقة  و”الدعوة لهداية” هؤلاء واعادتهم لطريق الرشد والصواب؟ ام ان “المتورطين” ينتمون “لعلية القوم ” الذين ليس من “الجائز″ دعوتهم للصلاح والهداية؟

اقول هذا لاننا نتحدث عن “طرف رئيسي” في اغراق شباب الوطن العربي والزج بهم في مستنقعات الحروب وتفكيك وخراب الكثير من البلدان سعيا خلف “الحور العين”..

متى سيعترف هؤلاء بان “جلباب” التقوى كبير جدا عليهم؟

هل يحق للام بي سي ان تهدم “أحلام ” الشباب من اجل عيون “أحلام”؟:

لست ابدا من متابعي برنامج “اراب ايدل” الذي يبث على قناة “الام بي سي” السعودية، غير ان الضجة المثارة هذه الايام و “الشنان ” الحاصل بين الاماراتية “احلا ” واحدى المتسابقات الجزائريات واسمها “كاميليا ورد” استوقفني وبالاخص “حدة الهجوم” من لدن المتبارية التي خرجت من السباق نحو اللقب.

والغريب ان الامر تصادف مع اطلاعي على احدى التقارير الصحفية عن المغني السوري الشاب  “حازم الشريف” الذي توج بلقب البرنامج في نسخته الاخيرة وتحدث عن “منعه ” من رفع علم بلده لحظة الفوز بقرار من ادارة القناة قبل ان يتفاجأ بعلم السعودية في اليوم الموالي.

نعود لقصة احلام وكاميليا ونتحدث عما نشر في الاعلام عن سحب مقاطع الفيديو الخاصة بالمشاركة الجزائرية على قناة البرنامج على “اليوتيوب” وهو ما اكدته هي في احدى تغريداتها.

هنا سنربط بين الحالتين التي تفضح “ديكتاتورية” القناة السعودية في التعاطي مع هؤلاء المشاركين، فمثلا المغني السوري تقرر عدم رفعه العلم السوري لانه لن يوافق على حمل “العلم ” الذي “تهلل”  له السعودية واعلامها والا لتغيرت الصورة طبعا.

وفي الحالة الاخرى لماذا تنصب القناة نفسها “محامية” للذود عن المغنية الاماراتية المعروفة بتصرفاتها “المستبدة” والتي لا تخفى على القاصي والداني ؟ولماذا “تحرم” الشابة الجزائرية من تلك المقاطع التي “توثق ” لحضورها وهذا ما سينعكس بالسلب على مستقبلها الفني؟

لكن بالمقابل تبقى ملاحظة اخرى ملفتة للانتباه ونحن نتحدث عن برامج اكتشاف المواهب عموما ,لماذا يصمت الشباب العربي حتى اللحظة الاخيرة ليخرج علينا بتصريحات ضد تلك المسابقات والمشرفين عليها؟ واذا كانت بذلك السوء وتلك العشوائية وحتى “العنصرية”، فلماذا تقدمون على التضحية بالغالي والنفيس من اجل المشاركة فيها ورفع رصيدها من “الغنائم” بالذات؟

أماني الخياط تؤكد ان الاعلام المصري “مستشفى للامراض للعقلية ” :

“انها عقاب الهي للشعب”.. يا سلام على هذه “النظرة الثاقبة ” للامور والتي تكشف بجلاء الوضع المزري في مصر وتضع النقط على الحروف وتفرق بين “الضحية ” و”الجلاد” في موضوع الساعة الذي حول حياة المواطن المصري لجحيم لا يطاق.

لكن هل يجرا المواطن اياه على مواجهة نفسه “بالحقيقة الصادمة” تلك بانه “اصل البلاء” وسبب هذه “الكارثة” التي حلت بالمجتمع؟

قطعا لا..  لكنه بحاجة ملحة لسماع ومشاهدة “تحليلات واقعية” من لدن الاعلامية “أماني الخياط” لوضع الاصبع على الجرح النازف ومحاسبة “النفس″ و”بشدة” ,كيف لا و”النظام الغلبان” يضحي بكل ما اوتي من اجل تأمين “لقمة العيش” لذلك الشعب “المستهتر” الذي يهوى “الاستهلاك الزائد” والان يجني ثمار “فظاعاته”.

صدقوني لا استطيع ان اكتب بعيدا عن هذا الاسلوب اذا تعلق الامر “بمسرحية” بطلتها صاحبة برنامج “مباشر من العاصمة” على قناة “اون تي في” التي عادت لها في ظل الادارة الجديدة للمحطة.

لن اخوض في “سجلها الحافل” مع نظام عبد الفتاح السيسي، لكن ان تصل بها الامور الى حد “الهجوم” على الشعب المسكين وتحميله مسؤولية وضعه المزري الحالي و”تبرئة” المسؤولين بذلك الشكل “المخجل ” فتلك “فضيحة ” بكل المقاييس وتثبت بوضوح ان الاعلام المصري صار اشبه “بمستشفى الامراض العقلية”.

قبل ان اختم لدي سؤال لاولئك الاعلاميين الذين يوقعون عقودا خيالية وبارقام فلكية :من سيحاسبكم انتم الذين تلومون الشعب المغلوب على امره؟ ولماذا لا تضحون انتم مقابل “الوطن” الذين تدعون حبه؟

كاتب مغربي

 

http://www.raialyoum.com

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