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Tebboune, Bouhadja et la gérontocratie algérienne

31 Juillet 2017 , Rédigé par S. Sellami

Alors que la France à la population vieillissante vient d'élire à la tête de sa république un jeune homme de moins de 40 ans, en Algérie, le pays des jeunes, on continue de faire confiance aux vieux schnocks qui ont mené le pays à la faillite.
C'est ainsi qu'a été désigné à la tête de l'assemblée nationale un vieux rentier qui répond au nom de Saïd Bouhadja. Sans diplômes universitaires ni compétences dans quelque domaine que ce soit, ce vieillard sorti des archives du FLN des opportunistes et des prédateurs, ce Saïd Bouhadja a pour seul atout son âge pour faire partie de la nomenklatura algérienne. Âgé de 78 ans, est un inconnu du public. Tapez son nom sur n'importe quel moteur de recherches de l'internet vous ne trouverez rien d'autre sur lui que les derniers articles relatifs à son investiture à la tête de l'APN.
 
Autre consécration de la gérentocratie, la nomination de Abdelmadjid Tebboune premier ministre en replacement de Abdelmalek Sellal. Âgé de 72 ans, Tebboune avait bénéficié d'une retraite bien méritée en février 1992 avant d'être rappelé en 1999 par Bouteflika pour occuper divers portefeuilles dans les gouvernements successifs sous le présidence de l'inamovible président de la république jusqu'à cette surprenante nomination au poste de premier ministre.
 
La nomination de Bouhadja à la tête de l'APN  et celle de Tebboune au premier ministère est un message fort des gouvernants: l'Algérie est la propriété privée de cette caste de prédateurs qui ne sont pas prêts de lâcher le flambeau. Un lambeau qui finira par leur brûler les doigts.
 
Mon journal 25/05/2017
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Avec son « Livre noir », le Président tunisien Moncef Marzouki risque mille ans de prison !

31 Juillet 2017 , Rédigé par S. Sellami

C’est un Président sans honneur,
Et, de surcroît, un sacré menteur
Puisqu’auparavant, il a juré
Devant des millions de téléspectateurs :
À moins que cela par une loi soit encadré,
Jamais, au grand jamais je ne publierai,
Quoi que ce soit concernant mes détracteurs
À partir des archives du Palais .
Et il n’est pas à sa première affabulation : 
N’a-t-il pas affirmé, catégoriquement, 
Qu’il ne candidatera jamais à être résident
Au Palais de Carthage ou équivalent

Pour tout cela et d’autres raisons
Qu’il serait long d’énumérer, 
Je déclare, ici, solennellement,
Par ce petit poème engagé,
Qu’à compter de ce moment,
Il n’est plus mon Président [1]

1. Le Livre noir du Président Marzouki

Moncef Marzouki, Président provisoire de la République tunisienne, vient de publier, par le biais du Département d’Information et de Communication de la Présidence de la République, un livre, de 354 pages, n’entrant pas dans ses prérogatives présidentielles, intitulé : « Le système de propagande sous Ben Ali-Le Livre noir ». Ce livre, qui a été imprimé en 300 exemplaires dans une première édition, a été révélé au public le jeudi 28 novembre 2013, par certains médias, et, par suite, mis en ligne. Il renferme un ensemble de données issues des archives du Palais de Carthage, révélant les noms d’entreprises de presse, écrite et audiovisuelle, de journalistes, d’universitaires, d’avocats, … présentés comme étant impliqués dans le système de corruption sous le régime déchu.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a réagi, à la publication de ce livre, samedi 30 novembre 2013, dans un communiqué où il exprime sa position de principe demandant d’associer les structures professionnelles aux processus visant à dévoiler les archives de la dictature et à dénoncer le système de corruption et les corrompus dans le secteur des médias. Le SNJT a exprimé aussi son rejet absolu de l’instrumentalisation des archives nationales et sa crainte de voir les données contenues dans ce livre utilisées dans le cadre de règlements de comptes partisans et politiques. Quant au Syndicat de la sécurité républicaine, il a insisté sur la nécessité de traiter le problème de la corruption liée à l’ancien régime dans le cadre de la Justice transitionnelle.

Plusieurs acteurs de la société civile et de la classe politique ont vu dans la publication du dit livre une manipulation des dites archives par le Président Marzouki en vue de faire taire, diffamer, intimider… des médias, des journalistes… ou simplement un règlement de comptes avec ses détracteurs. Et, presque tout le monde regrette qu’une telle action n’ait pas été menée dans le cadre de la Justice transitionnelle.

Quant à moi, loin d’être juriste, je peux affirmer, sans risque de me tromper, que le Magistrat suprême Moncef Marzouki, en s’accaparant des archives du Palais de Carthage qui appartiennent au Peuple tunisien, en s’arrogeant le droit de les trier, de les inventorier de les analyser et de les publier, a commis un véritable déni de justice envers ce Peuple. Et l’on est en droit de se demander s’il existe, sur le plan moral, une différence entre un Zinochet [2] qui détourne les deniers de la Nation à son profit et un Tartour [3] qui se sert des Archives de l’État pour sa propagande !

2. Le volet juridique

Les juristes spécialisés ont souligné que la publication de ce Livre noir « ne respecte pas la loi organique n° 2004-63 du 27 juillet 2004 , relative à la protection des données à caractère personnel, puisqu’il était question, dans le livre, de données qui touchent à l’image des personnes citées et à leurs proches , et également à la loi n° 88-95 du 2 août 1988 relative aux archives, qui considère que les archives publiques font partie du domaine public, et stipule que la communication des archives ne peut se faire qu’à l’expiration de délais bien déterminés : allant de trente ans , jusqu’à cent ans et plus , surtout si elles portent sur des documents qui contiennent des informations mettant en cause la vie privée ou intéressant la sécurité nationale ou des renseignements individuels ayant trait à la vie personnelle et familiale et, d’une manière générale, aux faits et comportements d’ordre privé ».

En outre, d’après eux, Moncef Marzouki pourrait être poursuivi, dès maintenant, en justice, étant donné que la loi sur l’organisation provisoire des pouvoirs publics, qui fait, actuellement, autorité constitutionnelle provisoire en Tunisie, ne mentionne aucune immunité pour le Président provisoire de la république. 
Il pourrait être poursuivi, d’abord, parce qu’il a violé, au moins, deux lois, à savoir, lesdites lois mentionnées ci-dessus concernant, respectivement, les archives de l’État et la protection des données à caractère personnel, et, ensuite, parce qu’il a violé l’engagement de respecter la loi qu’il a pris lors de sa prestation de serment devant les représentants du Peuple, le jour de sa prise de fonction.

De plus, selon eux,chaque personne mentionnée dans le Livre noir, qu’elle soit impliquée ou non avec le système de corruption du régime déchu, est en droit d’intenter un procès contre le Président Marzouki, la peine encourue par ce dernier pour chacun de ces procès peut atteindre deux ans de prison [4]. D’ailleurs, plusieurs citoyens cités dans le Livre noir (avocats, journalistes, hommes politiques, hommes d’affaires,…) ont déjà annoncé leur décision de porter plainte contre le Président provisoire. Or, ce livre recense une liste de plus de 500 personnes ayant collaboré, d’après le Président provisoire, avec l’ancien régime [5] et ces peines étant, me semble-t-il, cumulatives, notre Président-voyageur provisoire risque donc 1.000 ans de prison.

3. Dans son livre noir, Moncef Marzouki "s’encense"

Dans son Livre noir, le Président provisoire Moncef Marzouki consacre 13 pages aux actes de militantisme du citoyen Moncef Marzouki. Ainsi, on peut lire à la page 285 de ce livre que « les archives de la Présidence démontrent que Moncef Marzouki est l’un des principaux militants à avoir fait face à la dictature ! ». Ce qui a fait dire au journaliste Ali Laidi : « Là on est carrément dans la propagande et aux frais des Tunisiens à qui appartiennent ces archives, ce palais, et qui payent de leurs impôts les fonctionnaires zélés qui perpétuent les "bonnes" manières de l‘administration de Ben Ali » [6].

Finalement, en Tunisie, ce n’est pas l’imagination qui est en haut du Pouvoir, mais ce sont les apprentis-sorciers, les bourdes, les mensonges, le mépris, et tous leurs équivalents !

Salah Horchani

[2Le sobriquet de « Zinochet » attribué au Général-Président déchu Zine-el-Abidine Ben Ali, à cause de nombreuses similitudes entre lui et le Dictateur chilien le Général Augusto Pinochet, est revendiqué par le journaliste tunisien Slim Bagga.

[3Le sobriquet Tartour, que l’AFP a fait entrer dans ses dépêches, attribué au Président provisoire Moncef Marzouki, il est né sur les réseaux sociaux pour indiquer que ce dernier est un Président sans pouvoir ; "Tartour", terme arabe pouvant se traduire par : personnage insignifiant, de décor.

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Benaouda, ex membre des 22 : «Nezzar passait ses soirées avec Bigeard !!!»

31 Juillet 2017 , Rédigé par S. Sellami

C’est ce qu’a déclaré le colonel Amar Benouda, dernier membre du groupe des 22, en ajoutant que c’est pour cela que Boumediene a ordonné son limogeage de l’ANP.

En outre, il a défié l’ancien ministre de la Défense, Khaled Nezzar,  de produire un quelconque document attestant d’avoir donné sans autorisation de sa hiérarchie l’armement algérien à l’Egypte.

En effet, ceci vient en réponse à l’accusation grave proférée par Nezzar, l’accusant même d’incohérence dans ses déclarations au sujet de la question des armes, compte tenu de ce qui a été rapporté dans ses mémoires.

Et d’ajouter qu’il comprenait sa haine envers lui et le président Houari Boumediene, car ce dernier,  avant sa mort, avait donné un ordre à Abdelkader Chabou, SG du ministère de la Défense, de le limoger des rangs de l’ANP,  sur la base d’un rapport des services de sécurité algériens à Paris notifiant que Nezzar passait ses soirées avec Marcel Bigeard, de triste mémoire,  dans sa maison en banlieue.

Mais Chabou lui a conseillé de se faire oublier et il n’est réapparu qu’aux obsèques de feu Boumediene.

Et d’ajouter que c’est Chabou qui l’a coopté, protégé et soutenu du temps de Chadli Bendjedid.

Mais au final Nezzar s’est retourné contre Chadli en le forçant à démissionner car d’après Benaouda, il est l’instigateur et l’exécutant du complot tramé contre le président Chadli Bendjedid qui a respecté la volonté du peuple et les résultats des 

http://www.monjournal-dz.com/

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D’acier trompé

31 Juillet 2017 , Rédigé par S. Sellami

Je me suis juré depuis quelques années d’être, à titre personnel, plutôt adepte de "construire" plutôt que de "réagir".

J’ai vu aujourd’hui une analyse politique concernant François Hollande sur le site web de "La Tribune" de Jean-Philippe Denis . L’article est repris sur le site theconversation.com "Le triple coup de génie stratégique de François Hollande"

Jean-Philippe Denis est Docteur en sciences de gestion, agrégé des faculté de droit, sciences économiques et de gestion à l’Université Paris Sud / Saclay membre du centre de recherche RITM (Réseaux, Innovation, Territoires Mondialisation).

Jean-Philippe Denis a coordonné "l’Encyclopédie de la Stratégie" et est l’auteur de "l’Introduction au Hip-Hop management".

A vrai dire, je suis effaré.

Cela commence avec un "coup de génie stratégique" et le rappel d’un Tweet de Steve Jobs, je le reproduis ici tel que cité en anglais (sur le site theconversation.com)

"When someone treats you like an option, help them narrow their choices by removing yourself from the equation. It’s that simple."

François Hollande en renonçant va simplement plus tard se rendre indispensable et ne plus être une option mais un choix.

Puis le rappel des données du problème de "Double bind" que ’"connaissent bien les férus de l’école de Palo Alto". La thèse du "double bind" ou double injonction contradictoire de l’Ecole de psychologie de Palo Alto serait celle, dans le cas de François Hollande de vouloir prendre sa place dans la course à la présidentielle pour la lui rendre au final (Tuer le Père, ne pas y arriver, et lui donner la stature de Sauveur).

En bref, François Hollande s’est retiré de la présidentielle parce que, raisonnant avec l’intéressé, "vous étiez bien conscient en 2012 que votre prédécesseur aurait eu tout à gagner à ne pas se représenter - quelle belle preuve d’immaturité stratégique de se (re)présenter quand il est évident qu’on a perdu d’avance !"

Ceci révèle de la plus parfaite méconnaissance et de la plus grande hypocrisie concernant le déroulé de la campagne ayant vu l’élection de François Hollande en 2012, mais cette opinion volontairement biaisée en appelle une autre, bien plus sordide, que je préciserai plus loin. Il faut relever qu’est glissé la simple constatation "Accessoirement plane sur vous l’ombre d’un risque d’attentat avant l’échéance fatale qui tranchera sur le renouvellement (ou non) de votre mandat".

Il faudrait longuement disserter, analyser et remettre dans son contexte cette dernière opinion, se plaçant du point de vue du plus haut représentant de la République, dans le contexte actuel des lois hyper sécuritaires, de l’état d’urgence, avec les traumatismes occasionnés par les attentats de Janvier 2015 (Charlie Hebdo) et de Novembre 2015 (Bataclan), elle est sans doute l’apogée de la nullité et de la sordidité de la pensée politique telle exprimée par son auteur.

Sous couvert du plus parfait cynisme, (un Président ne redoute un attentat que pour sa réélection), le parallèle entre le mandat de François Hollande et celui passé de Nicolas Sarkozy n’échappe pas à Jean-Philippe Denis. Parce que ce dernier à échoué aux Primaires de la Droite et du Centre, Jean-Philippe Denis, adapte des pensées entrepreneuriales de la Silicon Valley et de son "génie" Steve Jobs, doit faire ce même choix entre "losers" et "winners", pour l’un la double défaite, à sa réélection de 2012 et à sa désignation comme candidat pour 2017, pour l’autre, le champion-stratège qui a déclaré ne pas être candidat pour finalement contre toute attente l’emporter en 2017. Et au fil de la vie politique, l’égrènement des attentats qui font monter la popularité d’un Président en exercice pour le rôle de père rassembleur et ordonnateur des périodes de deuils nationaux, ou condamnerait la réélection du Président sortant en campagne (sous quel motif ? Laxisme sécuritaire ?), et devant donc manœuvrer en conséquence.

Le parallèle inavoué, et habilement démenti mais sous-jacent serait que les tueries de Mohammed Merah à Toulouse en mars 2012 aient vu Nicolas Sarkozy perdre des élections (Jean-Philippe Denis rappelle seulement que François Hollande le dépassait dans les sondages, mais omet qu’il n’a cessé de remonter jusqu’au premier tour) dont elles étaient selon l’avis de son successeur "perdues d’avance" et auxquelles la raison aurait valu qu’il ne se représenta pas (en pleine campagne en mars ?) Quid des dépassements de campagne ? Quid des meetings faramineux et "hors budgets" ayant amené l’invalidation des comptes de campagnes de Nicolas Sarkozy, et l’avance d’un seul point au premier tour de François Hollande sur ce dernier ? (28% contre 27%)

Mon opinion (discutable) est que l’élection d’Eva Joly aux primaires écologistes et non celle de Nicolas Hulot (affaiblissant François Hollande) fut largement responsable de la défaite de Nicolas Sarkozy, ce dernier pouvant passer en tête au premier tour et sans doute l’emporter au second. Et de ce point de vue, l’opinion émise par bien des électeurs de Nicolas Sarkozy était que les attentats de Toulouse rendaient la réélection de leur mentor comme acquise et évidente, et ne le démentaient pas, n’en ayant d’ailleurs alors ni responsabilité personnelle ou politique.

Voir la pensée d’un universitaire en Gestion appliquer aussi mal des axes de lecture en tant qu’expert en Stratégie sur la pensée politique est assez déroutant et donne une vue, qui n’atteint pas celle d’un Clausewitz mais d’un petit Machiavel. Elle indispose par contre fortement dans son biais par la reconnaissance que la violence en temps d’élection ouvre celle de la manipulation, et dont on ne sache jamais son orchestration réelle, pour ouvrir celui, déjà chargé pour les services de renseignements d’un risque qui n’atteignent et ne bouleversent pas seulement l’avis des urnes, mais aussi des vies humaines. Sous ses dehors légers, je trouve que les prémonitions de Jean-Philippe Denis devraient lui faire réfléchir si réellement ces éventualités entrent en compte des "coups de génie stratégiques" et non des heures les plus sombres que vivent alors dans ces moments là les démocraties.

Je ne disqualifie pas pour autant Jean-Philippe Denis pour exprimer son opinion, il s’agit de son droit le plus élémentaire à l’exprimer et à la voir débattue quand et où bon lui semble. Ce n’est pas l’affaire d’idéologie ou d’une opposition entre deux camps d’aucune sorte. Je préférerais que Monsieur Denis soit plus en pointe pour l’avancement de l’institution au nom de laquelle il parle plutôt que d’avancer en 3 phases le "coup stratégique" parfait de François Hollande, annonçant son renoncement pour se superposer au candidat de la Primaire socialiste qu’il a lui même souhaitée (au moins faut-il l’énoncer clairement pour mesurer l’immense bêtise de cette thèse).

L’impensé de Monsieur Denis est que son Université soit déterritorialisée en Californie, ce qui est doublement faux. Ses références, l’Ecole de Palo Alto et le génie de la stratégie "Steve Jobs" sont des totems d’une pensée qui voient l’aboutissement du modèle entrepreneurial dans la Silicon Valley, on peut le lui concéder mais jamais le plateau de Saclay n’aura réellement rivalisé (ni même essayé), avec un modèle dont l’essor s’appuye sur l’investissement risqué sur l’économie du transistor (années 40 et 50), du microprocesseur (années 70) puis de l’internet (années 90) et de la concentration de groupes ayant la puissance monétaire rivalisant celle d’Etat (depuis 2000).

Le pôle de recherche du plateau de Saclay est surtout concentré autour de celui du CEA modèle de nucléocratie avec tous ses mérites et ce qu’il a de plus odieux en France, indigente dans ses visées énergétiques à court comme à long terme. Main dans la main avec le nucléaire militaire elle promeut la prolifération de l’arme atomique comme dernier rempart face à un déclin avancé, au vu même de l’incurie dont 35 années d’absence colossale d’investissements dans les transports rendent les déplacements à Paris à l’aune de ceux d’une mégalopole du tiers monde (désinvestissement massif qui ne sera sûrement pas comblé par l’investissement d’un nouveau réseau de transport dit du Grand Paris).

Où sont les réussites entrepreneuriales qui auraient dû naître déjà il y a bien longtemps dans cette concentration exceptionnelle de matière grise sinon dans "l’acier trompé" d’Areva au Creusot ?

Il n’y a pas lieu d’aller à Stanford pour lire Clément Rosset ("Le réel et son double" Gallimard) et s’éclairer sur toutes les stratégies d’évitement et de retour "en double" du réel. Le retour ici est que François Hollande ne reviendra pas sur une parole qui ne lui laisserait pas 2% des suffrages au premier tour, et que le conseil en Gestion à l’Université Paris Sud ne donne pas lieu à ce genre de déculottée, mieux vaudrait-il conseiller au premier chef une filière nucléaire qui court au désastre.

Pour finir, la chose tabouée dans cet article est celui des drames que font subir la violence aveugle des attentats terroristes aux victimes, et de ce point de vue, je pense que Jean-Philippe Denis concluant son texte d’un "Chapeau l’artiste" à François Hollande en définissant lui-même, à la dérobée, l’achoppement de sa candidature à un possible attentat est proprement à se demander s’il n’est pas atteint d’un déficit patent d’empathie (ce que l’on est en droit de nommer sociopathie).

Pierre

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Salut, l’alchimiste !

31 Juillet 2017 , Rédigé par S. Sellami

Salut à l’alchimiste et...prestidigitateur !

L’alchimiste élyséen, qui fait ses malles, est parvenu, après de longues années d’études et d’essais, à transformer l’or en plomb. Quelle performance !

À son arrivée au pouvoir, le parti dit « socialiste » était omniprésent et omnipuissant : majorité à l’Assemblée et au Sénat, présidence de la quasi-totalité des régions, de la moitié des départements, de presque toutes les grandes villes de France, etc. Bref, il avait tous les moyens de réaliser une véritable politique économique et sociale de gauche, favorable, enfin, après les années Chirac et Sarkozy, à ses électeurs, en mesure de tenir les promesses de progrès social faites pendant la campagne dudit alchimiste.

Mais, avec sa baguette magique, il a peu à peu, de trahisons en trahisons, de renoncement en renoncement, avec la complicité des hiérarques, députés et sénateurs « socialistes », fait disparaitre, un à un, tous ses atouts, laissant derrière lui un champ de ruines, non seulement parce qu’il a ruiné les espoirs et trahi les engagements, mais aussi parce que sa politique a fait le jeu du F-Haine, jamais aussi puissant, encore jamais comme cette année utilisé pour faire bouffer aux Français, du Micron, matin, midi et soir !

Car, le dernier coup de baguette magique, après avoir plombé sa famille politique, n’a-t-il pas été de sortir du chapeau de prestidigitateur, son héritier légitime, la créature qu’il a créée, tel Méphisto ?

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BHL, une imposture tunisienne

31 Juillet 2017 , Rédigé par S. Sellami

BHL, une imposture tunisienne

Mondafrique a enquêté sur les amis libyens de Bernard-Henri Lévy et notamment Waheed Burshan, ancien membre du Conseil national de transition libyen qu’il a rencontré dans le Djebel Nafoussa lors de l’intervention franco-anglaise de 2011 contre Mouammar Kadhafi. Longtemps exilé à Chicago où il a défendu les intérêts des entreprises qatari, Burshan fut l’une des personnalités soutenues par la CIA et Doha pour reprendre les rênes de l’Etat libyen après la chute du "Guide".

Pendant longtemps Bernard-Henri Lévy n’a été que ridicule. Avec parfois une pointe d’odieux dans la série de ses mensonges, dans sa vie inventée et mise en scène façon série B. Un seul exemple pris dans la pile, quand il affirmait avoir livré des postes de radio au commandant Massoud en 1982. Mais la vie est comme la littérature, il lui faut bien des imposteurs ; leur existence gratifie les hommes courageux et discrets. Depuis qu’il a quitté le seul ridicule pour devenir complice des bombardiers, il a cessé de nous amuser. C’est ce qu’ont compris les tunisiens de la « société civile » qui, vendredi 31 octobre, ont réservé à ce pitre une standing ovation. Aux cris de « BHL dégage ! ». Reprenant ainsi les mots utilisés pour chasser Ben Ali.

Dehors, le clown.

Prié par le pouvoir, après une nuit passée à « La Résidence », le palace de Tunis, de rentrer au plus vite en France, le vieux philosophe la queue entre les jambes, s’est quand même gentiment assis dans un jet pour filer. A Paris, où ses points de chute médiatiques sont aussi nombreux que les relais de poste à l’époque des diligences, les affidés de BHL se sont mis au travail. Leur ordre de mission, leur story telling : donner son vrai sens à l’expulsion du génie du Flore.

C’est Liliane Lazar qui, depuis sa chaire (bien faible) de « professeur à Hofstra Univesity », USA, ouvre le premier barrage de contre-artillerie. C’est bien normal, depuis Long Island Liliane voit tout, sait tout de ce qui se passe en Tunisie. Ses mots sur le voyage de BHL sont donc du béton : l’ami de Nicolas Sarkozy ne s’est rendu au pays du jasmin que pour discuter, sur un mode fitzgéraldien, avec quelques amis dans le hall d’un palace et dans la fumée des cigares. Des amis libyens. Exploits, tant l’espèce est introuvable, des démocrates pas du tout islamistes.

De BHL à Gulliver

Pauvre Liliane qui, comme souvent quand les serviteurs veulent trop bien faire, se prend les pieds dans le tapis. Ainsi, en légende d’une photo où l’on voit le romanquêteur entouré de ses gens, la professeure nomme l’un des convives comme étant « Djebel Nefousa ». Éclat de rire général : « Monsieur Djebel Nefousa » n’existe pas, il s’agit du nom d’un haut plateau libyen proche de la frontière tunisienne où, aux côtés de conseillers qataris et français, les islamistes rebelles à Kadhafi ont préparé leur raid vers Tripoli. Avec à leur tête le si charmant et démocrate Abdel Hakim Belhadj, le prince du djihad et agent de Doha. C’est aujourd’hui ce grand maître barbu qui règne sur Tripoli. Liliane confond un homme et une montagne… ce qui devrait la pousser bientôt à s’intéresser plus aux voyages de Gulliver qu’à ceux de BHL.

Dans la brigade de défense de l’homme de Dombasle, qui ne manque pas de bras, après Liliane, le pompon revient à Jérôme Béglé. C’est un courtisan mondain et ne sachant pas écrire, qui a fini par trouver une écuelle au Point. Bien entendu, Jérôme pratique l’art où il excelle, servir la soupe. Même dans ses questions, aussi vides qu’un théâtre où se joue du BHL, on remarque le style du maître. Là notre phare de la nouvelle philo, mais aussi journaliste donc attaché à la vérité, décrit la petite foule qui l’attend à l’aéroport : « Quelques dizaines d’islamistes ou, peut être, d’exilés kadhafistes »… Voila, crier « BHL dégage ! » est une offense à trois coups, c’est être islamiste, antisémite et aimer les dictateurs. Ceux qui faisaient le pied de grue en attente du génie sortant de l’Airbus, et que nous connaissons comme des tunisiens laïcs, des citoyens de la société civile, vont apprécier l’injure.

Djebel or not Djebel

Dans l’Express où BHL a aussi son rond de serviette, on tend les sels afin que notre intellectuel multi spires reprenne connaissance. Mieux que lui prenant la plume, c’est son Sancho Pansa, Gilles Herzog, qui signe le compliment. Divergence avec le patron, le bon Gilles nous dit que les amis libyens, ceux qu’il fallait rencontrer, « habitaient sur place ou venaient de Tripoli », alors que BHL dans son envolée digne d’une carte IGN nous dit que ces démocrates venaient aussi de « Benghazi, des villes du djebel Nefousa (sic), Misrata, Zaouia »…Faudrait savoir ! Djebel or not djebel ? Heureusement pour l’intérêt du romanquête, Herzog nous livre un détail avec du sang : à son hôtel, BHL a été agressé par un homme… C’est bien connu, le palace de Tunis est un nid de supporters du Califat. Herzog ne peut imaginer que ce type en colère suit chaque jour le film d’horreur de ses voisin, du technicolor enclenché par BHL en 2011 à Tripoli : « Apocalypse Now ». 

Bernard-Henri Levy avec son ami libyen Waheed Burshan, troisième en partant de la droite, à l’hôtel "La Résidence" à Gammarth, dans la banlieue chic de Tunis.

Mais attardons nous un peu sur l’excellent Waheed Burshan, l’un des aimables humanistes avec lesquels BHL s’est entretenu à l’hôtel « La Résidence ». Là, une petite leçon est nécessaire. Souvenez-vous d’un certain Ahmed Chalabi présenté en 2003 par les Américains comme l’homme providentiel qui devait remplacer Saddam Hussein… A l’usage il s’est révélé que ce démocrate était à la fois un voleur et un agent double allant rendre compte à Téhéran. Waheed Bershan, outre, détail important, qu’il n’est pas délinquant, a joué le rôle de Chalabi en Libye. Pour le Département d’État ce libyen exilé à Chicago était un fer au feu. Un joker sans cesse réchauffé par la CIA et le Qatar afin qu’il se tienne prêt à faire bonne figure, « au cas ou », pour devenir le cadre du nouvel État.

Et, pour la révolution libyenne, Bershan a mouillé son maillot, jusque sur le plateau de Nafousa où, assis dans le fourgon du Qatar piloté par Belhadj, il a rencontré BHL le libérateur, le Sandino, la Marti, le Guevara de la Libye. Notre ami Waheed méritait bien de faire parti du Comité National de Transition, la crème de la crème. Puis, sagement, tout en gardant un œil sur le réchaud libyen, et l’autre sur les envolées de BHL, Burshan à occupé son temps à défendre les intérêts d’entreprises qataries. Ce qui est plus sage. Nourri de la philosophie des Frères Musulmans, le saint homme dont la fille et la femme vivent sous le voile, peut attendre son heure.


Waheed Burshan avec sa fille, Sarah et sa femme, Amal, à Tunis. Cette photo a été prise en 2011 lors de l’entrée des rebelles libyens dans Tripoli

En réalité, comme l’a révélé Mondafrique, une réunion politique autour de la « réunification des partis libyens » devait bien se tenir à Hammamet. On attendait là d’autres philosophes, ceux d’Ennadha bien sûr, mais aussi ce cher Belhadj que BHL a croisé sans le voir dans la fureur de Nefousa. On ignorait que, fauteur de guerre, Lévy avait aussi la qualité d’un imam capable de rassembler la Oumma, la communauté des croyants.

JACQUES MARIE BOURGET, 03 Nov 2014.

»» http://mondafrique.com/lire/international/2014/11/03/bhl-une-imposture...
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Le vrai visage de la colonisation en Algérie

31 Juillet 2017 , Rédigé par S. Sellami

« Le scandale, ce n’est pas de cacher la vérité, mais de ne pas la dire tout entière. » G.Bernanos "Les attardés du colonialisme me poursuivent de leur vindincte" René Vautier

 
Il y a quelques jours, Emmanuel Macron, un des candidats à la présidentielle française de 2017, vient de jeter un pavé dans la mare en affirmant, notamment et tout de go, à partir d’Alger, « que la colonisation était un crime contre l’humanité ». Il n’en fallait pas plus pour soulever un tollé à droite et à l’extrême droite. Pour autant, comme nous allons le rappeler, Emmanuel Macron ne confirmait ainsi en quelques mots que ce que l’histoire objective de la colonisation nous a appris. 
 

Pour bien le comprendre, partons de l’année 1930. En effet, 1930 est une année bien symbolique pour aborder un tel sujet. Cette année-là, toute une « intelligentsia » de la Métropole et de la colonie est mobilisée pour fêter avec faste le centenaire de la « présence française » en Algérie [1]. Pour le pouvoir colonial, nul-doute : c’est « leur Algérie » qu’on allait célébrer. 

A travers maints événements (conférences, rencontres, fêtes etc.), en Algérie et dans le monde, alimentés en timbres postaux, médailles, livres, brochures, films, « rien n’est économisé pour impressionner le colonisé, l’étranger et peut-être le colonisateur lui-même. » [2] C’est l’occasion de mettre en avant les méthodes et les résultats de la colonisation. Dans toute cette propagande, il nous a paru utile de rappeler comment les romans coloniaux de l’époque présentaient la situation.
 
C’est un beau roman...
 
Tout en mettant en valeur les « brillants exploits » des grandes figures militaires de la conquête, notamment le maréchal de Bourmont [3], les maréchaux et autres généraux, les romans coloniaux exaltent au mieux le colon, symbole de cette nouvelle race qui a été implantée en Algérie, apportant ce sang nouveau nécessaire à la régénération d’un pays peuplé jusque-là de « déchets d’humanité, de dégénérés, abrutis par des siècles de servitude, de paresse, d’insouciance, de stupidité, d’êtres dégradés, réfractaires à toute civilisation, qui n’ont jamais été, qui ne seront jamais des civilisés. [4] »
 
Le succès économique de la colonie que l’on célèbre résulte du travail opiniâtre des colons sur une terre particulièrement ingrate. Dès leur arrivée en Algérie, « minés par la fièvre mais soutenus par une volonté de fer, les colons avaient appris à lutter jusqu’à la fin ; ils savaient mourir debout, comme les soldats sous le feu, cherchant pour dernier appui le manche de la bêche ou de la charrue. [5] » Le mythe est là : le colon martyre, véritable « soldat laboureur », tenant le fusil d’une main et labourant de l’autre pour, le soir venu, rejoindre les baraques de planches qui lui servent de logis, quand ce ne sont pas des tentes militaires.
 
C’est donc dans cet univers « de brutalité, de violence, et de luttes », que les colons réalisent leur « œuvre créatrice ». 
 
Boufarik, une petite bourgade de la Mitidja, dans la région d’Alger, symbolise à elle seule cette réussite. Dans cette plaine, que la propagande officielle décrit comme un désert d’eaux stagnantes et nauséabondes, le village de Boufarik, présenté comme l’endroit le plus mortel, devient source d’inspiration pour la littérature coloniale. Pour ces écrivains aux ordres, « il n’était qu’un point d’eau devant l’emplacement d’un marché hebdomadaire indigène, Boufarik la grande victime de (la tribu) des Hadjoute, de la fièvre, de l’incendie, du pillage et des sauterelles. [6] » 
 
Tous les thèmes chers à la propagande coloniale sont là et le resteront pour longtemps : marécages infestés de moustiques et de sauterelles porteurs de malaria et autres épidémies ; tribus sanguinaires pillant et incendiant. Plusieurs décennies après, l’Algérie, « œuvre des colons qui l’ont arrosée de leur sueur » sera toujours magnifiée de la sorte. « Les champs de céréales aux terres propres et aux moissons régulières, les vignobles avec leurs rangées alignées au cordeau, les quadrillages rigoureux des vastes vergers et le damier des cultures maraîchères dessinent un paysage géométrique dans des plaines autrefois marécageuses. [7] »

Tout cela est tellement « évident » que pendant la célébration du centenaire, « pas une voix discordante ne s’est élevée, spécialement (de la part des indigènes), qui, toujours et en tous lieux, ont témoigné éloquemment de leur loyalisme ardent et indéfectible.[8] » Autrement dit, le pays est désormais pacifié et certains d’entre eux sont en voie de civilisation. Mieux, grâce à l’éducation que leur a prodiguée la colonisation, certains indigènes font oublier le fanatisme légendaire et la barbarie primitive de leur race, et accèdent au statut d’« individus à morale et à idéal civilisé ». Car, nous explique-t-on, « En Algérie, nos colons enracinent la France dans le sol, mais nos maîtresses l’enracinent dans les cœurs. [9] » Au point, selon les plus optimistes, que « l’esprit de la race berbère se transforme. Aujourd’hui, est née une seule et même famille française. [10] » Un enthousiasme, que tempèrent toutefois les plus radicaux, inquiets de cette évolution des indigènes. « N’ayant fait qu’un apprentissage insuffisant de la liberté, ils n’ont en général des élites que les apparences, et de notre civilisation, quand ils s’évertuent à la copier, qu’un vernis souvent inconsistant.[11] »
 
C’est donc dans une sorte d’euphorie générale que les festivités du centenaire célèbrent « l’œuvre accomplie en un siècle sur la terre d’Afrique par la France colonisatrice, ..., dans le but de la perpétuer dans la mémoire des contemporains et de ceux qui suivront. [12] » 

C’est une belle histoire...
 
A la veille de l’indépendance, l’historiographie officielle (représentée ici par les travaux de L.Mouilleseaux [13]) continue d’emboîter le pas. A coups d’analyses et de chiffres, elle se charge de présenter, de façon plus concrète et moins romancée, les prétendus bienfaits de la colonisation. Elle y présente l’Algérie comme un pays ouvert à tous. 
On était loin, il est vrai, du débarquement inopiné, en 1832, de 400 « colons » rhénans sur le pavé de la Casbah d’Alger.

L’ouverture de la colonisation aux français de la Métropole débuta réellement avec Bugeaud et son idéal de « soldats laboureurs » auxquels il offre de petites concessions de 4 à 10 hectares, vouées à la monoculture des céréales, et regroupées en villages faciles à défendre. 
 
En 1848, arrivèrent ces 12 000 ouvriers parisiens, au chômage et frondeurs, vainqueurs de Louis Philippe, et que la Seconde République expédia en Algérie. Puis, le Second Empire envoya les déportés du 2 décembre pour, finalement, s’en tenir aux grandes concessions, accordées aux capitalistes agraires et fonciers. 
 
A la veille de 1870, on n’avait guère créé plus de 37 villages. La IIIème République reprit à son compte la démarche de Bugeaud. Les Alsaciens/Lorrains, qui refusaient la nationalité allemande, furent installés sur les terres séquestrées suite à l’insurrection d’El Mokrani. 
 
Dès lors, de 1871 à 1901, 428 villages sont fondés, peuplés de 55 000 métropolitains. Puis, la crise viticole métropolitaine, consécutive au phylloxéra, aidant, de nouvelles familles d’agriculteurs confirmés, originaires du Midi, renforcèrent massivement la colonisation agricole et l’ouvrirent sur de nouvelles productions, notamment viticoles. Pour accélérer le mouvement, la colonisation agricole fut également ouverte aux étrangers. Les Espagnols, habitués au climat, créèrent des villages maraîchers dès 1850 sur le littoral algérois, puis dans la région oranaise.
 
Cependant, malgré l’importance accordée dans la propagande officielle et la littérature à cette présence agricole, c’est, selon les historiens, la présence non agricole qui fut la plus importante, et aussi la plus significative en termes d’effets économiques. Dans ce cadre, la part des étrangers est encore plus nette. Les quartiers modernes construits à Alger sont, pour l’essentiel, le fruit du travail des maçons Piémontais. Les routes furent ouvertes par les rouliers Valenciens. L’activité de pêche dut beaucoup au savoir-faire des Siciliens. Il y eut aussi des Rhénans, des Suisses, des Maltais. 
 
Cependant, cette multitude d’ethnies, qui représenta 40% de la population coloniale, commença à poser problème car elle menaçait le caractère français de la colonisation. Aussi, une loi de 1889 naturalisa automatiquement, à leur majorité, les fils d’étrangers nés sur « le territoire national », sauf revendication contraire. Et, afin d’« éviter que les valeurs traditionnelles de la France ne soient submergées par celles des nouveaux naturalisés », le développement de l’école se chargea de les franciser. Après tout, n’avait-on pas réussi, dès 1871, avec le décret Crémeux, à franciser les israélites, pourtant d’origine autochtone, parlant l’arabe et fort nombreux (130 000 âmes) [14] ?
 
Grâce à ces politiques de peuplement et de naturalisation, la structure démographique de l’Algérie se modifie radicalement. L’accroissement de la population européenne est alimenté exclusivement par l’immigration jusqu’en 1851. Puis, ce sont les naissances en Algérie qui font l’essentiel de la croissance. Au point qu’en 1960, 87% des 1 200 000 Français d’Algérie sont nés sur la terre d’Afrique et que certaines familles en sont à leur cinquième génération. Enfin, progressivement, la part des ruraux sur les citadins ne cessa de diminuer : 40% en 1856, 28% en 1926 et 17% en 1954. 
 
Parallèlement, la population musulmane, qui se composait, selon l’historiographie dominante, de quelques 3 millions d’individus en 1830, « ne progressa guère jusqu’en 1870 » (doux euphémisme !) car, « Les famines, les épidémies, les luttes entre tribus assuraient un frein efficace à l’accroissement du nombre d’habitants. » Après 1870, selon cette même historiographie, « la démographie musulmane allait croître sous l’effet bénéfique de l’action sanitaire et médicale », de sorte qu’en 1954, on compta près de 9 millions de musulmans, soit une multiplication par 3 par rapport à 1830. Par ailleurs, cantonnés à plus de 90% dans les campagnes en 1830, ceux-ci, « incapables de se nourrir avec la vieille économie traditionnelle » s’en sont allés rejoindre les zones de colonisation agricole puis urbaine. Ainsi, alors qu’il n’y a que 3% de musulmans dans Alger en 1830, il y en a 20% en 1954.
 
Dans ces conditions démographiques, l’Algérie, selon cette historiographie, réalise alors une « prodigieuse métamorphose ». Le pays connaît d’abord « un extraordinaire développement urbain ». En 1960, l’agglomération algéroise est forte de 700 000 habitants, Oran de 360 000 habitants, Constantine de 200 000 habitants, Bône de 140 000 habitants. Plusieurs autres villes s’approchent des 100 000 habitants : Sidi Bel Abbés, Tlemcen, Philippeville, Blida... Par ailleurs, « l’Algérie de 1830 ne possédait pas un kilomètre de chemin carrossable, tous les transports se faisant à dos de chameau ou de mulet. De nos jours (en 1960), elle offre un réseau routier de près de 60 000 kilomètres...Celui-ci est doublé par un réseau ferré de 4 500 kilomètres. » Le réseau de communications est aussi doté de plusieurs aérodromes et le trafic portuaire assure des flux dépassant annuellement 15 millions de tonnes de marchandises et un million et demi de voyageurs. Enfin, « après les villes, les villages ont bénéficié, peu à peu de l’électrification. »
 
Grâce à cela, poursuit cette historiographie, le développement économique du pays a été exceptionnel. Ainsi, le secteur agricole produit, en cette année 1960, quelques 22 millions de quintaux de céréales, 15 millions d’hectolitres de vin, 4 millions de quintaux d’agrumes et 7 millions de quintaux de cultures maraîchères. « Seul le cheptel paraît en régression par rapport à 1830. » L’industrie n’est pas en reste. « Après avoir mis longtemps à s’implanter, elle connaît depuis 1944 un essor remarquable. » Et, depuis 1956, une nouvelle croissance est attendue de la mise en œuvre du Plan de Constantine. D’autant que la découverte, quelques mois auparavant, du pétrole et du gaz sahariens a bouleversé les données du problème, et que les matières premières, notamment minérales, ne manquent pas. Grâce à cela, l’Algérie réalise des performances en termes de commerce extérieur. « En 1954, le pays exporte 140 milliards de francs, dont 114 vers la Métropole, et importe 218 milliards, dont 180 à partir de la France métropolitaine...L’Algérie est alors le premier client de la France. Elle se classe bien avant l’Allemagne. »
 
Ce développement économique a donc permis « d’amorcer la promotion de l’élément musulman... En 1954, plus de 400 000 musulmans et leurs familles, soit près de deux millions d’habitants, bénéficient d’un niveau de vie analogue à celui des ouvriers, employés et fonctionnaires de la Métropole. » Par ailleurs, « alors que l’équipement sanitaire de l’Algérie était nul en 1830, et que quelques toubibs appliquaient des recettes remontant au Moyen Âge, entremêlées de pratiques magiques, la multiplication des hôpitaux, que la population musulmane fréquenta dès les premières années, se traduit, en 1960, par 145 établissements hospitaliers, 32 dispensaires antituberculeux et une centaine de centres ophtalmologiques, dont la clientèle est, à 90%, constituée par les musulmans. » Enfin, comment oublier l’effort culturel mené à travers l’enseignement. En 1944, un plan de scolarisation, étalé sur 20 ans, avait été lancé. « En 1959, étaient scolarisés 724 000 enfants, dont 586 000 musulmans. Le nombre des instituteurs était de 19 000... Dès 1848, un lycée était créé à Alger. En 1960, il en existe 23, que doublent 24 collèges. Les musulmans fournissent le quart des 70 000 élèves...L’Université d’Alger abrite 5 000 étudiants. La proportion des musulmans y est de 13%. »
 
Dès lors, l’historiographie dominante, rejoignant la prose littéraire du centenaire, conclut en ces termes. « Alors que l’Algérie de 1830 vivait totalement à l’écart des grands courants de la pensée humaine, l’Algérie moderne, quoique sollicitée par des problèmes urgents plus terre à terre (la guerre d’Algérie ?), a su faire entendre sa voix...Ses écrivains, enfin, ont su se faire une place de choix, et le plus illustre d’entre eux, Albert Camus, a reçu le Prix Nobel. »

Démentis par la réalité...
 
Le problème pour « ce beau roman et cette belle histoire », c’est qu’ils furent très tôt démentis par la réalité. Une réalité que n’a pas tardé à découvrir le jeune Albert Camus, justement, et qu’il relate dans son « scandaleux reportage en Kabylie », publié pendant plusieurs jours dans le Journal Alger Républicain, en juin 1939, c’est-à-dire moins de dix ans après l’euphorie du centenaire.
 
Son témoignage est accablant, car ce qui vaut pour la Kabylie vaut pour toute l’Algérie. « Je n’attaque ici personne. Je suis allé en Kabylie avec l’intention délibérée de parler de ce qui était bien. Mais je n’ai rien vu. Cette misère, tout de suite, m’a bouché les yeux. Je l’ai vue partout. Elle m’a suivi partout. C’est elle qu’il importe de mettre en avant, de souligner à gros traits, pour qu’elle saute aux yeux de tous et qu’elle triomphe de la paresse et de l’indifférence. » « Il n’est pas, ajoute-t-il, de spectacle plus désespérant que cette misère au milieu d’un des plus beaux pays du monde...Qu’avons-nous fait pour que ce pays reprenne son vrai visage ? » Dans les villages qu’il a traversés, Albert Camus n’a vu, parlé et vécu qu’avec des kabyles. Or nous dit-il « Tous, sans exception, n’ont su parler que d’une seule chose et c’est de la misère. (Aussi), c’est de cette misère que je parlerai. Tout en vient et tout y revient...Car, si l’on en croit Bernanos, le scandale, ce n’est pas de cacher la vérité, mais de ne pas la dire tout entière. »
 
Or, la Kabylie région arboricole et surpeuplée, n’a pas les moyens de subvenir aux besoins de sa population. Dès lors, précise Camus, « le Kabyle consommateur de blé, paye à sa terre magnifique et ingrate le tribut de la faim... (Car), ce blé qu’il faut acheter au prix fort, le paysan kabyle ne peut l’acquérir avec la production qu’on lui enlève à bas prix...(D’autant) qu’on lui a ôté aussi le travail et qu’il reste sans défense contre la faim. » D’ailleurs ajoute-t-il, « un rapport officiel évalue à 40% les familles kabyles qui vivent actuellement avec moins de 1 000 francs par an, c’est-à-dire (qu’on y réfléchisse bien), moins de 100 francs par mois. » Dans ces conditions précise-t-il, « je crois pouvoir affirmer que 50% au moins de la population se nourrit d’herbes et de racines[15] et attendent pour le reste la charité administrative sous forme de distributions de grains. » Une distribution de grains dont Camus souligne l’absurdité : « Distribuer 12 litres de grains tous les deux ou trois mois à des familles de 4 à 5 enfants, c’est très exactement cracher dans l’eau pour faire des ronds. » D’autant que cette distribution est le plus souvent laissée à l’arbitraire des caïds ou des conseillers municipaux. Pis, raconte-t-il, « par un petit matin, j’ai vu à Tizi-Ouzou, des enfants en loques disputer à des chiens kabyles le contenu d’une poubelle. » 
 
Aussi, assaillie par la faim, la population n’a pas non plus les moyens de se chauffer. Camus explique la raison de cette situation. « Le Code forestier empêche ces malheureux de prendre le bois où il se trouve et il n’est pas rare qu’ils se voient saisir leur seule richesse, l’âne croûteux et décharné qui servit à transporter les fagots. » Enfin, « privés d’eau et de communication, enfermés dans leurs taudis, les Kabyles réclament tout ce qui leur manque. Car, si jamais un peuple a eu le goût du logis sain et aéré, c’est bien celui-là. »
 
Bien sûr, reconnaît Camus, une partie infime des kabyles travaille, mais dans quelles conditions ? « Je suis forcé de dire, indique-t-il, que le régime du travail en Kabylie est un régime d’esclavage. Car je ne vois pas de quel autre nom appeler un régime où l’ouvrier travaille de 10 à 12 heures pour un salaire moyen de 6 à 10 francs (alors que l’estimation officielle du salaire journalier est de 17 francs) ... Même si l’ouvrier en question travaille 25 jours par mois, il gagnerait 150 francs avec quoi il lui faudrait nourrir pendant 30 jours une famille de plusieurs enfants. » Plus grave encore « pour la même durée (journalière), les femmes sont payées trois francs cinquante. » 
 
Pour justifier ces écarts de rémunérations, les patrons invoquent l’infériorité de la main d’œuvre indigène. Ce que conteste Camus qui précise que cette situation « trouve sa raison dans le mépris général où le colon tient le malheureux peuple de ce pays. Il est vrai par contre que l’on peut voir sur des chantiers vicinaux des ouvriers chancelants et incapables de lever leur pioche. Mais, c’est qu’ils n’ont pas mangé. Et l’on nous met en face d’une logique abjecte qui veut qu’un homme soit sans forces vives parce qu’il n’a pas de quoi manger et qu’on le paie moins parce qu’il est sans forces. »
 
Comment, dans de telles conditions, la population peut-elle combattre toutes sortes de maladies et autres épidémies ? En faisant appel aux moyens de santé publique mis en place par la colonisation ? Or, la situation sanitaire n’est guère plus brillante. Camus indique que « la Kabylie dispose en moyenne d’un médecin pour 60 000 habitants. Un chiffre ridicule. Ainsi, Tizi-Ouzou a un médecin communal pour 45 000 habitants, mais elle n’a pas d’infirmière/visiteuse. » On comprend mieux pourquoi la proportion de décès par rapport aux naissances est de 50%.
 
Enfin, s’agissant de l’enseignement, Camus apporte également un démenti cinglant au discours officiel. Le problème est simple écrit-il : « Ce pays manque d’écoles... Aussi, aujourd’hui, un dixième seulement des enfants kabyles en âge de fréquenter l’école peuvent bénéficier de l’enseignement. » Car, non seulement les budgets alloués sont insuffisants, mais ils sont très mal utilisés. Résultat, « les classes (existantes) comptent déjà des effectifs surchargés de 60 à 80 élèves. » Dès lors, conclut Camus, « on évalue dans la région à 80% le nombre d’enfants privés d’enseignement. Ce que je traduirai en disant que près de 10 000 enfants, dans cette seule région, sont livrés à la boue des égouts. »
 
Comme on le voit, l’enquête d’Albert Camus en Kabylie sonne le glas de la vision idyllique propagée par le Centenaire. D’ailleurs, le regard des économistes sur la période confirme largement le constat d’Albert Camus à l’échelle de tout le pays. Globalement, l’Algérie des années 1950 est marquée par de profondes inégalités et injustices sociales dans tous les domaines. Parmi elles, les inégalités de revenus. Ainsi, en 1955, alors que la population musulmane représente 90% de la population totale, elle ne dispose que de 53% des revenus. A l’inverse, les 10% représentant la population européenne reçoivent 47% des revenus. 
 
Dans les villes, la structure de la population musulmane est symptomatique de ces inégalités criantes : 33% sont des chômeurs, 33% des ouvriers, 13% des employés, 20% des artisans et 1% des cadres. En comparaison, la population européenne se décompose comme suit : 36% de chefs de petites entreprises, 29% d’ouvriers, 26% d’employés, 9% de cadres supérieurs et de grands chefs d’entreprises. En termes de revenus, cela se traduit par le fait que la population urbaine musulmane, soit 690 000 personnes, reçoit 106 milliards de francs, alors que la population urbaine européenne, soit 305 000 personnes, reçoit 286 milliards de francs. En d’autres termes, le revenu moyen d’un musulman, soit 230 000 francs est quatre fois plus faible que celui d’un Européen.

Cependant, il ne faut pas croire que ces inégalités et injustices ne frappaient que la population musulmane. Même au sein de la population européenne, qui pourtant ne connaît pratiquement pas le chômage, les « bienfaits économiques » de la colonisation n’ont pas bénéficié à tout le monde. Loin s’en faut. Vers 1955, il n’y avait plus que 20 000 agriculteurs français en Algérie, dont 6 400 propriétaires de plus de 100 hectares mais disposant de 87% des terres de la colonisation ! Dans les villes, les inégalités sont aussi visibles. Les ouvriers et les employés européens, qui représentent plus de la moitié de la population ne perçoivent que 28% des revenus, alors que les classes riches européennes, soit 9% de la population, perçoivent la même quantité de revenus. D’ailleurs, une statistique du Gouvernement général de l’Algérie en 1954 reconnaît que le niveau de vie moyen des européens d’Algérie était inférieur de 20% au niveau de vie moyen des français de la Métropole. Et encore ne s’agit-il ici que de moyennes [16].
 
Enfin, comment croire dans une telle misère que le pays soit pacifié ? Comme si subitement, depuis la reddition en 1847 de l’Emir Abdelkader, l’arrestation de Lalla Fadhma N’Soumer en 1857, puis la déportation d’El Mokrani en 1871, toute résistance avait disparu. Dans la réalité, ce fut tout le contraire. Les révoltes furent récurrentes, dans tout le pays, tout comme la répression qui s’abattait sur les populations indigènes. Comment taire également qu’au moment même où l’on s’apprêtait à célébrer le centenaire, le mouvement national algérien se structurait politiquement pour exiger des réformes de plus en plus radicales, et que pour toute réponse on intensifia répression. Celle-ci atteint son paroxysme en mai 1945 et fit quelques 45 000 morts dans les rangs des manifestants. Dès lors, le compte à rebours était déclenché qui allait déboucher sur le 1er novembre 1954, la guerre de libération nationale et l’indépendance du pays en juillet 1962.
 
Loin de la vérité tout entière [17]...
 
Mais, une telle issue, fut-elle une surprise ? Probablement oui, pour ceux qui, en 1954 et aujourd’hui encore croient, malgré tous ces démentis, dans les bienfaits de la colonisation et dans la possibilité qu’il y aurait eu de corriger les inégalités et les injustices constatées jusque-là. Ceux-là sont soit des gens à qui on continue de cacher la vérité, soit des gens qui se refusent à regarder la colonisation dans sa vérité entière, comme le suggérait Bernanos. 
 
En effet pour comprendre la brutalité de la rupture qui s’est opérée entre 1954 et 1962, il faut aller au-delà des inégalités et des injustices et revenir sur l’extraordinaire cruauté qui a présidé au processus colonial dans un pays dont on a en permanence dénaturé l’image d’avant l’invasion de juillet 1830.
 
Il est vrai que celui-ci était alors sous la domination turque. Mais, pour autant, le « pays des barbaresques » avait mis un terme, depuis plusieurs années, à ses actes de piraterie en Méditerranée. Il n’était plus, loin s’en faut « un nid de pirates et d’esclavagistes ». De fait, quand l’expédition (préméditée depuis 1827) prit la mer pour Alger, les raïs algériens avaient, depuis des années, amarré leurs chebeks. « Quant aux esclaves chrétiens, il ne restait plus dans les bagnes d’Alger qu’une centaine de prisonniers de guerre, des Grecs de la guerre de Morée pour la plupart. » 
 
Déjà, depuis 1785, on savait par les récits de voyage de l’abbé Poiret, qu’à son passage à Alger, la plupart des esclaves chrétiens étaient des soldats espagnols qui désertaient d’Oran au péril de leur vie, préférant de beaucoup l’esclavage chez les Maures d’Alger à la liberté au milieu des leurs (il est vrai que repris, ils étaient décapités). Il précisa, par ailleurs, qu’il y avait alors plus d’esclaves musulmans chez les Chrétiens. « A Malte, ajouta-t-il, Bonaparte libéra près de 3 000 galériens du seul bagne de La Valette...Dans le même temps, les bagnes d’Algérie ne comptaient que 750 chrétiens, dont 64 français. » Enfin, en matière économique, le pays produisait de quoi nourrir sa population et même exporter. C’est d’ailleurs un établissement français, la Maison Française, qui détenait le monopole des exportations de la Régence (en particulier les fournitures de blé, celles-là mêmes qui furent à l’origine du différend avec la France !) alors que le monopole à l’importation revenait à un établissement de Livourne. 
 

Pourtant, les mythes ont la vie dure.
 
Sur la rive sud de la Méditerranée, l’Algérie était un pays dont les terres étaient riches et bien cultivées, loin de l’image d’Epinal des marécages de la plaine de la Mitidja. Dès le débarquement, les témoignages se multiplient pour vanter ces « terres d’une fertilité admirable, bien boisées et bien arrosées, ayant de vastes jardins et de superbes vergers d’orangers. » En juillet 1830, à Blida, le général Bartillat affirme que « les plantations font de ce territoire un paradis terrestre. » Au point que les journaux de l’époque s’en émerveillent : « Cela rappelle les contrées les plus fertiles et les mieux cultivées d’Europe. » souligne le National. Le rapport du général Valazé confirme : « Le pays nous paraît riche, cultivé, couvert de bestiaux, de maisons et de jardins soignés. » Alexis de Tocqueville lui-même admirera « ce pays d’une admirable fertilité. » Dès 1833, à la Chambre, Piscatory, le secrétaire de la commission parlementaire, précise que « la riche et fertile province d’Oran est habitée par une population nombreuse et bien plus civilisée qu’on le croit. » A son tour, le maréchal de Saint Arnaud, parlant de la Kabylie, constate que « le pays est superbe, un des plus riches (qu’il ait) jamais vu. » 

Des étrangers ont également apprécié le pays à sa juste valeur. A titre d’exemple ce prince allemand et cet explorateur belge qui, en 1835, firent le tour de la Mitidja puis présentèrent aux autorités militaires un rapport dont voici quelques extraits : « Une vallée dont la beauté surpasse tout ce qu’on a vu s’étend de l’Atlas à la mer. Une végétation brillante couvre partout le sol sur lequel on voit de toutes parts de nombreux troupeaux. » Il en est de même des villes. Ainsi, selon Amédée de Bourmont, « Alger ressemble à une vraie ville de France, avec ses cafés, avec ses restaurants, avec ses hôpitaux, son bureau de poste et même son imprimerie. »
 
Mais alors, que s’est-il passé ? Pourquoi les colons de 1848 ne trouvèrent-ils en Algérie que marécages et déserts ? Là aussi, les témoignages sont accablants. « Il n’y avait pas encore quarante-huit heures que l’armée était campée dans un des plus beaux pays du monde, et déjà le pays était dévasté. [18] » De fait, en novembre 1830, le premier massacre collectif est ordonné par Clauzel en ces termes : « J’ai ordonné aux bataillons de détruire et brûler tout ce qui se trouve sur leur passage. » Puis suivront d’autres massacres. En 1833, à Bougie, les habitants qui n’avaient pu fuir furent égorgés dans leurs demeures jusqu’au dernier. Avec Clauzel, au seul niveau de la Mitidja, en moins de cinq ans, tout sera rasé. Et de cette plaine où il y avait encore, en 1832, suivant un rapport de Rovigo au ministre de la Défense, 23 tribus et 12 000 cavaliers, Tocqueville dira, en 1840 : « Une plaine comme l’Alsace, et pas une maison, pas un homme, pas un arbre. » Un an plus tard, le général Duvivier constate tristement : « Depuis onze ans, on a tout détruit, incendié, massacré hommes, femmes et enfants avec une fureur toujours croissante. » 
 
Et cela dura plus de 40 ans. 
 
Mais le pays était tellement riche que sa destruction totale dépassa les forces de l’armée. Bugeaud lui-même, qui fut un chaud partisan de l’éradication à l’américaine face aux Indiens, le reconnaît : « On n’arrive pas à couper tous les arbres. Vingt mille hommes, armés de bonnes haches ne couperaient pas en six mois les oliviers et les figuiers de ce beau pays. » Cependant la furie se poursuit et se concentre sur les villages. En quelques semaines, selon le général Camou, « plus de 300 villages avec leurs mosquées, écoles et zaouïas ont été détruits. » Dans le Sud algérien, la même stratégie terrifiante est suivie. En 1832, même dans les territoires « soumis », un indigène sur 320 passait en conseil de guerre, et parmi les inculpés, un sur cinq était exécuté. Un rapport sur les colonnes de 1841 y indique que « le nombre des douars incendiés et des récoltes détruites est incroyable. » Le pillage de Constantine, tristement célèbre, ravit le maréchal de Saint Arnaud qui ne cache pas que « la part la plus riche va aux chefs et à l’Etat-Major. »

Quand les populations indigènes n’étaient pas massacrées, elles étaient dispersées et abandonnées dans l’errance « dans un abîme de misère. » On pourrait encore aller plus loin dans l’horreur. Il suffirait de lire les lettres et rapports de nombreux officiers français eux-mêmes pour comprendre l’ampleur gigantesque de cette descente aux enfers : « on a jeté les kabyles dans les ravins » ; « têtes coupées et empalées au-dessus des drapeaux ou au bout des baïonnettes » ; « fumer à outrance comme des renards » ; « larder à la baïonnette (comme aux Ouled Saad, où 2300 femmes et enfants subirent ce sort) tout ce qui tombe sous la main » ; « murer 1500 Arabes avec femmes et enfants ». 
 
A l’évidence, il s’agissait là d’une stratégie d’extermination de la population algérienne, s’inscrivant dans un double objectif.
 
Primo, et ce fut le motif premier du débarquement en 1830, il fallait mettre la main sur le Trésor du Dey d’Alger [19] estimé à quelques 750 millions de francs de 1830, soit un peu moins de 6 milliards d’euros. Ce qui correspondait à 70% du Produit Intérieur Brut de la France de 1830 ! Le général de Bourmont réussit l’opération et transféra le Trésor non pas au Trésor Public français, mais à Louis Philippe [20], qui en usa, notamment, pour corrompre et liquider ses ennemis politiques et pour s’attirer les faveurs de ses partisans. L’Algérie sera ainsi le réceptacle de tous les « contestataires » du pouvoir métropolitain.
 
Secundo, en massacrant et en détruisant toute vie humaine, végétale et animale, il s’agissait de libérer le foncier (terre et immobilier) pour systématiser la colonisation de peuplement. Ainsi, des 5 000 maisons d’Alger, 3 000 furent confisquées et 900 démolies. « Le général de Bourmont laissa détruire ces bazars où se trouvaient des ateliers de tissage, de broderies et de soieries qui faisaient la renommée d’Alger et les ressources de tout un petit peuple d’artisans et de marchands. » Dès le 8 septembre 1830, un décret séquestre les biens habous (des fondations religieuses) et ceux des domaines de l’Etat, c’est-à-dire la majorité des propriétés urbaines, une grande partie de la Mitidja et des plaines côtières. 

Et cela ne faisait que commencer, car toute l’histoire foncière de l’Algérie coloniale ne sera qu’une suite de confiscations collectives ou individuelles, séquestres de tribus « rebelles, punies ou en fuite ». C’est ainsi que fut prise une loi en 1840 sur l’expropriation forcée (« inique et scandaleuse », dira Tocqueville), puis des décrets de cantonnements, puis les lois de 1863 et 1887 individualisant les terres collectives ou familiales indivises de sorte à permettre une spéculation européenne effrénée face à une population indigène de plus en plus misérable, éperdue de faim et d’épuisement. Dès lors, l’achat plus ou moins forcé des terres, revendues cinq à dix fois plus cher, fut la principale ressource de bien des colons. En 1954, le résultat, nous le connaissons : Trois millions d’hectares des meilleures terres entre les mains de quelques centaines de colons européens qui détiennent plus de 90% des plaines céréalières et 95% des plantations de vigne et d’agrumes, et la mainmise sur l’essentiel du patrimoine immobilier des grandes villes. 
 
Au plan culturel, il en fut de même. En 1865, une enquête officielle constatait que des 132 mosquées qui existaient à Alger en 1830, il n’en restait que 12 pour le culte musulman. Les autres avaient été, soit détruites, soit transformées en hôpitaux, casernes, écuries, bains publics, maisons closes, ou consacrées églises ou couvents. A Oran, ce fut pire, on ne laissa qu’une seule mosquée aux indigènes. Enfin, dans biens des endroits, les ossements des cimetières furent jetés au vent ou vendus pour faire du noir animal, et le maréchal Clauzel en personne s’empara de pierres tombales pour se faire construire...trois moulins. 
 
Par ailleurs, en matière d’éducation, les témoignages sont formels. En 1830, tous les Algériens savaient lire, écrire et compter, « et, la plupart des vainqueurs, précise la commission d’enquête de 1833, avaient moins d’instruction que les vaincus. » Á l’arrivée des français, il y avait plus de cent écoles primaires à Alger, 86 à Constantine, 50 à Tlemcen. Alger et Constantine avaient chacune 6 à 7 collèges secondaires et l’Algérie était dotée de 10 Zaouïas (Universités). Chaque village ou groupe de hameaux avait son école. Tout cela fut systématiquement détruit et, en 1880, on ne trouvait plus que 13 écoles, désormais franco-arabes pour toute l’Algérie.
Au bout du compte, tout cet acharnement se traduisit, par une double tragédie humaine. D’une part, la population indigène fut décimée, repoussée hors des terres et des villes, dans les montagnes et dans le désert, jusqu’en 1872, avant d’être recrutée pour les besoins de l’armée (en Crimée, au Mexique, en Europe...), de l’agriculture coloniale émergente, ou de l’économie métropolitaine (émigration) jusqu’à 1954. 
 
D’autre part, la population coloniale fut inégalement « récompensée » et se trouva rapidement confrontée à la réalité du capitalisme agraire, minier et financier, avec sa cohorte d’ouvriers, d’employés et de petits artisans corvéables à merci au profit d’une caste minoritaire, véritable propriétaire de l’Algérie coloniale.
 
La réalité des massacres par les chiffres
 
On pourrait arrêter là le constat. Il est éloquent. Mais, puisque nous avons fait notre le souci de dire l’entière vérité, revenons un instant sur une question fondamentale : Puisqu’il y a eu tous ces massacres pendant au moins 40 ans (de 1830 à 1872) et que la population indigène restante était alors recensée à 2,1 millions d’âmes, combien d’Algériens ont-ils été massacrés ? 
 
Depuis les années 1950, il semble bien qu’un certain « consensus mou » se soit établi autour du chiffre de 900 000 personnes, puisque la population algérienne à la veille de la conquête serait de 3 millions de personnes. C’est en tout cas le chiffre retenu par Yacono dans la Revue Africaine, éditée alors à Alger, et qui sert aujourd’hui encore de référence, alors que pendant toute la période coloniale les plus radicaux ne retenaient que 2 millions d’habitants.
 
Pourtant, derrière ce chiffre « officiel », on va le voir, il y eut pendant toute la période coloniale une véritable guerre statistique déclenchée par le chiffre de 10 millions d’Algériens en 1830 présenté par Hamdan Khodja, dans un livre intitulé Le Miroir, publié à Paris en 1933. Ce livre, à nouveau disponible [21], est le seul document algérien de référence sur l’Etat de la Régence à la veille et au début de l’occupation française. Mais, qui est donc cet individu qui se permit de donner un tel chiffre ? Hamdan Khodja est-il digne de foi ? Comment a-t-il trouvé ce chiffre ? D’autres sources permettent-elles de le confirmer ?

Dès le débarquement de 1830, Hamdan Khodja [22] avait participé aux négociations avec les autorités françaises, qui lui reconnaissaient alors compétence et honnêteté. Il était plutôt en bons termes avec la plupart des officiels civils et militaires jusqu’à la publication du Miroir. Il était, rappelons-le, le fils du Premier secrétaire d’Etat de la Régence chargé de la comptabilité et de la correspondance diplomatique. Il était aussi le neveu du Directeur de la Monnaie. Il était professeur de droit à la Zaouïa (Université) d’Alger et parlait le turc, le français et l’anglais. Il était le conseiller et confident du Dey Hussein, le conseiller et l’ami des beys d’Oran et de Constantine. Grand voyageur et observateur attentif, il avait parcouru le pays de long en large et s’était rendu en Orient, en Angleterre et en France. 
 
Cela est-il suffisant pour accepter à priori son chiffre ? Probablement pas, bien qu’il ait clairement indiqué sa méthode d’enquête, aussi avons-nous essayé de le confronter à d’autres sources qui se sont exprimées sur la population musulmane en Algérie entre 1830 et 1872. L’exercice en valait la chandelle. Jugez-en.

Pour l’année 1830, on trouve plusieurs sources ou méthodes qui corroborent, plus ou moins, le chiffre de Hamdan.
 
Primo, Clauzel lui-même conviendra que le pays comprenait déjà (en 1830) quelques 10 millions d’habitants, de même que Bugeaud parla de 8 millions. Mais on déclara alors que c’était pure vantardise de leur part.
 
Secundo, si l’on se base sur les constantes géographiques, à savoir que la population musulmane de la province d’Oran représente 1/6ème du total algérien, celle de Constantine ½ et celle du Sud 1/10ème, on peut approcher la population totale à différentes dates. Ainsi, en 1831, le Bey de Constantine avançait le chiffre de 5 millions pour sa province, soit un total de 10 millions pour l’Algérie. En 1841, les travaux de Lamoricière évaluent la densité minimum d’Oran de 12 à 13 par Km2, sur une superficie de 116 000 Km2, soit une population oranaise de 1,4 millions et un total pour l’Algérie de 8,4 millions. En 1844, la commission scientifique cite le chiffre de 700 000 habitants pour le Sud, soit un total pour l’Algérie de 7 millions. Par ailleurs, le recensement de 1856 donne 700 000 musulmans pour Oran, soit un total de l’ordre de 4,5 millions pour l’Algérie. Tous ces chiffres tracent une ligne qui conduit, peu ou prou, au chiffre de Hamdan.
 
Tertio, l’approche par les constantes humaines et animales permet également de reconstituer les chiffres. Ainsi, il existait un rapport constant entre le nombre de tribus et le nombre de chevaux possédés. En 1869, on dénombrait 659 tribus, or la tribu maghrébine était, en moyenne, de 15 à 20 000 âmes. En situation « normale », la population totale serait donc de l’ordre de 9,5 millions d’habitants. Par ailleurs, Bugeaud lui-même reconnaît qu’en Algérie il y a un cheval pour 25 à 30 habitants. Or, en 1841, Lamoricière dénombre 80 000 chevaux pour Oran, ce qui donne 400 000 chevaux pour les trois provinces et au moins 10 millions d’habitants en situation « normale ».
 
Quarto, en 1860, Emile Girardin reconnaît que la population algérienne en 1831 était de 5 à 7 millions et qu’en 1847, après seize ans d’occupation elle tombait à 2,5 millions.

Quinto, en 1840, à titre de comparaison, les autorités françaises reconnaissent que la population du Maroc voisin est de 8 millions d’habitants. Or, le pays est moins étendu que l’Algérie, et sa surface « utile » inférieure d’un tiers à celle de la Régence.
 
Sexto, En 1845, plusieurs personnalités militaires et ecclésiastiques donnent des chiffres voisins pour la population musulmane à cette date. Le général Bellonet et le ministre de la guerre parlent de 7 millions d’habitants. L’évêque d’Alger parle de 6 millions d’habitants.
 
Au bout du compte, quand on place tous ces chiffres dans un tableau et sur un graphique, on constate que la plupart de ces points se retrouvent le long d’une droite passant par les 10 millions d’habitants en 1830 et les 2,1 millions en 1872. A contrario, les chiffres de 3 millions donnés par Yacono, de 5 et 7 millions donnés par Girardin pour 1830, sont nettement hors de cette droite. Tout cela, en l’absence de recensement à cette époque et de chiffres scientifiquement élaborés, est bien troublant. Pourtant, il ne s’agissait là que d’approximations. On n’avait toujours pas de chiffres scientifiquement élaborés. 
 
Il faudra attendre 1982 pour qu’une partie des éléments méthodologiques de Yacono soit contestée par Djillali Sari, un universitaire algérien, spécialiste en la matière. Corrigeant la sous-estimation de certains paramètres par Yacono, Sari conclut « qu’une population de 4,5 millions de personnes en 1830 constitue un minimum vraisemblable. » De son côté, en 2001, Kamel Kateb se basant sur une réévaluation des travaux de Boyer datant de 1954, estime que « la population en 1830 approchait les 3 850 000 habitants auxquels il faudrait ajouter les nombreux Kabyles qui faisaient du colportage hors de leur région surpeuplée jusqu’en Tunisie. La population en 1830 aurait donc été proche de 4 millions d’habitants. » Avant de conclure « Trois, quatre ou cinq millions d’habitants ? Il est évident que nous ne saurons jamais quel a été l’effectif réel de la population de l’Algérie en 1830. [23] » Ce faisant, il mettait fin à cette guerre des chiffres qui commença par la destruction des archives de la Régence lors de la prise d’Alger.
 
Le résultat, même approximatif, est cependant saisissant d’horreur. En effet, quelques soient les chiffres retenus, en 42 ans, de 1830 à 1872, l’armée coloniale, aidée en cela par les épidémies, les sécheresses et les séismes, aura fait disparaître un à deux tiers de la population algérienne. Dès lors, comment qualifier, aux yeux de l’Histoire, un tel méfait ? Le qualificatif de génocide serait-il exagéré ? Faut-il hésiter à parler de crimes contre l’humanité ? Est-ce la crainte du jugement de l’Histoire qui déclencha cette véritable guerre des chiffres qui a suivi la publication du Miroir ? Ou bien, plus simplement celle de voir la population française et internationale refuser la poursuite de cette tragique et sale aventure coloniale ?
 
Pour Michel Habart, nul-doute, « les raisons de ce déguisement délibéré de la démographie algérienne sont faciles à comprendre. Jamais une opinion française éclairée n’aurait accepté, l’inhumaine entreprise qui consistait à coloniser un territoire aussi peuplé, à refouler ou exterminer une population aussi nombreuse. On comprend mieux la fureur des maniaques de l’Algérie française devant le Miroir, l’écrasement de son auteur, en même temps que leur obstination de 130 ans à maintenir ce chiffre de trois millions. »
 
Devant une telle tragédie, comment ne pas voir là le vrai visage de la colonisation. Un visage brutal et hideux qui, à l’évidence, montre qu’il est pour le moins indécent, comme certains ont tenté de le faire en France à travers la loi en 2005, de parler des « effets positifs de la présence française en Algérie ». Dès lors, comment s’étonner et s’offusquer qu’un tel sujet resurgisse, au bout de toutes ces années de déni, à l’occasion des débats pour la l’élection présidentielle de 2017 en France. 

[1] Le budget du centenaire fut de 60 millions de francs de l’époque. Les organisateurs avaient demandé 130 millions.
[2] A. MEMMI, Portrait du colonisé précédé du portrait du colonisateur. Editions Pauvert, Paris 1966
[3] Réhabilité par Louis Bertrand dans « Le roman de la conquête », écrit spécialement pour le centenaire
[4] L.BERTRAND, Devant l’Islam, éditions Plon, 1926
[5] F. DUCHÊNE, Mouna, cachir et couscouss, éditions Albin Michel, 1930
[6] F. DUCHÊNE, Mouna, cachir et couscouss
[7] J. DESPOIS, L’Afrique du Nord, éditions PUF, 1964
[8] G. MERCIER, Le centenaire de l’Algérie, éditions Soubiron, 1931
[9] J. LEJEUNE, Le miracle algérien, éditions Berger Levreault, 1930
[10] M.BUJEGA, Cœur de kabyle, éditions internationales de Tanger, 1939
[11] O. DEPONT, L’Algérie du centenaire, éditions Cadocet, 1928
[12] Le Livre d’Or de l’Algérie Française, ouvrage financé par le Commissariat Général du Centenaire, préfacé par le gouverneur général Pierre BORDES
[13] L. MOUILLESEAUX, Histoire de l’Algérie, éditions Productions de Paris, 1er
trimestre 1962
[14] Peu de gens se rappellent que le Sénatus-consulte de 1865 accordait déjà la nationalité française à tout Juif qui la demandait à titre individuel, sous condition de renoncer à son statut personnel (la loi religieuse). Ce fut un échec : à la veille du décret Crémieux, seules 228 demandes furent exprimées et exaucées, soit moins d’un pour cent de la population juive. Face à cela, le décret Crémieux réalisa automatiquement, en une seule fois et de façon administrative, la naturalisation de presque tous les juifs d’Algérie (à l’exception de ceux des territoires du Sud).
[15] Il n’est d’ailleurs pas rare que des enfants meurent pour avoir mangé des racines vénéneuses.
[16] L’Algérie a été le domaine de prédilection du grand capitalisme agraire, minier et financier où se côtoyaient les fortunés Borgeaud, Blachette, De Wendel, Rothschild, Péchiney et Mirabaud dans le cadre de grandes banques (de l’Indochine, de Paris, de l’Union parisienne...).
[17] Ces paragraphes doivent beaucoup à Michel HABART, Histoire d’un parjure, éditions ANEP, Alger 2002. Michel Habart, Homme de lettres libre, fut journaliste à La Croix. Il publia son livre, tiré en 17 exemplaires, en 1961. Celui-ci déclencha la colère des milieux ultras qui incendièrent les locaux de son imprimeur...à Marseille.
[18] Témoignage de Rozey, cité par G.Esquer, La prise d’Alger, éditions de L’Afrique Latine, 1930
[19] Voir P. PEAN, Main basse sur Alger, éditions Chihab, Alger 2005
[20] Le rapport Pietri fait de Louis Philippe le principal bénéficiaire des détournements : « Les Trésors du dey d’Alger n’ont profité à la France que pour une faible partie...La plus grosse part a servi à grossir la fortune de la branche déchue et quelques fortunes personnelles. » Pour plus de détails, voir Pierre Pean, Main basse sur Alger.
[21] Hamdan KHODJA, Le Miroir, éditions Actes Sud, 1999
[22] Dès le début de la conquête, tout le monde reconnaissait en lui un sincère ami de la France. Il décida le Dey de traiter avec Bourmont, puis, au péril de sa vie, dirigea, sur proposition de Rovigo, les négociations avec le Bey de Constantine. Bien que Clauzel l’eût haï, Hamdan Khodja était très apprécié de ses autres partenaires français. Le Général Pélissier reconnaissait en lui « un homme d’esprit plus éclairé que ne le sont les Maures ». Le Général d’Armandy convenait que « ses idées étaient très raisonnables ». Le duc de Rovigo lui-même, dans un rapport au ministère indiquait : » C’est l’homme le plus intelligent de ce pays, le plus habile et le plus justement vénéré. Et il est foncièrement honnête, ce qui est fort rare. » Le baron Pichon, premier gouverneur civil ajoutait : « C’est le plus notable de ces Maures capables qui sont l’aristocratie et la force morale de la nation algérienne, et qui ont des connaissances étendues et approfondies de ce pays. » Enfin, même après la publication du Miroir, en 1834, dans un message au Parlement, le docteur Barachin, préfet d’Oran, déclarait : « Je dois signaler à votre attention tout ce que dit Sidi Hamdan dans son ouvrage sur ce pays qu’il connaît mieux que personne. » Dans ses rapports avec les français, et dans ses écrits, Hamdan Khodja faisait toujours la différence entre les exactions de l’armée coloniale et les principes de la France des Libertés.
Pourtant, à partir de la publication du Miroir, Hamdan Khodja fut le point de mire des tenants de l’extermination. Il sera convoqué en janvier 1834 devant la commission d’Afrique à laquelle il remit un rapport confirmant ses écrits antérieurs. Face à la machine coloniale, Hamdan Khodja ne tint pas longtemps. Ruiné, menacé, sa famille persécutée, son neveu disparu à Bône en quelque « corvée de bois », il finit par se réfugier en Turquie en mai 1836. Il mourut en exil.
[23] Kamel Kateb, Européens, « Indigènes » et Juifs en Algérie (1830-1962), Paris, Ined/PUF,
2001

Voir aussi :

Les crimes contre l’humanité du colonialisme, c’est qu’il n’est pas reconnu, qu’il continu et qu’il est le fondement du capitalisme, mais encore la monstrueuse hypocrisie de ceux qui le dénoncent sans développer son origine, son fondement et sa continuation.
Par exemple cet ancien de chez Rothschild qui parle aussi de "révolution", la banque qui, avec d’autres, finançaient les expéditions coloniales et autres guerres impérialistes. Les banques de nos jours continuent logiquement partout dans le monde, c’est leur oeuvre.

http://www.anticolonial.net/

Semaine Anticoloniale du 4 au 20 Mars 2017 
http://www.anticolonial.net/spip.php?rubrique150

http://www.anticolonial.net/spip.php?rubrique149
- Programme Marseille
- 1er mars à 20 h : Projection du film de Daniel Kupferstein, "Les balles du 14 juillet", sur le massacre par la police de manifestants algériens le 14 juillet 1953 à Paris. En présence du réalisateur.
2 mars à 20 h : La bataille d’Einaudi, comment la mémoire du 17 octobre 1961 revint à la république en présence de Fabrice Riceputi, lauréat de Prix du Livre Anticolonial 2016
Café-librairie associatif MANIFESTEN 23 rue Thiers Marseille

http://www.anticolonial.net/spip.php?article3025

- SALON ANTICOLONIAL 4 ET 5 MARS
Espace stands de la solidarité internationale, Débats, Salon du Livre, Rencontre avec les auteurs, Performances, Expositions, Concerts, ...
Lire la suite de l’article
http://www.anticolonial.net/spip.php?article3022
La Bellevilloise 21 rue Boyer Paris 20è M°Ménilmontant Entrée solidaire 2 euros

LOFT Espace stands internationaux, Salon du Livre, Rencontre avec les autrices
Exposition : Angela Sept 
Angela Magnatta est artiste affichiste, elle dessine des portraits de femmes qui ont marqué l’histoire sociale. Elle utilise essentiellement l’affiche comme support et réalise aussi des peintures sur toile. Ses convictions en tant que militante féministe, antiraciste, anti-impérialiste et pacifiste définissent ou orientent largement son travail.

A l’occasion de la Semaine Anticoloniale, elle a réalisé des portraits de femmes mais aussi de quelques hommes ayant marqué les luttes antiracistes et anti-coloniales.
http://sept-art.fr/

SAMEDI 4 MARS

SALLE FORUM 
10h – 11h30 Rroms, mineurs isolés et jeunes majeurs étrangers : Interdits d’école !
Une partie de l’enfance et la jeunesse de France est aujourd’hui Interdite d’école,

Parce qu’ils sont pauvres et perçus comme roms, habitent avec leurs parents dans des squats et des bidonvilles, parce qu’ils sont "mineurs isolés étrangers" ou "jeunes majeurs", l’Etat les prive arbitrairement du droit élémentaire à l’Éducation, leur interdit l’avenir et les voue à l’exclusion.

Si quelques uns accèdent malgré tout à l’école, ils doivent alors faire preuve d’efforts exceptionnels pour choisir leur destin et accéder à des études supérieures contre l’avis de l’administration.

Il y va du sens de notre société dont la valeur doit se mesurer à son pouvoir d’offrir à un enfant ou un jeune, quelle que soit sa condition, les moyens d’apprendre, de grandir, de choisir un métier.

Invités :
Anina Ciuciu, élève avocate, pour La Voix des Rroms
Liliana Hristache, présidente de l’association Rom réussite
Une intervenante non-Rrom
Sonia Nemo, soutien solidaire des mineurs isolés
Joao, jeune majeur
Pierre Linguanotto pour CPMJIE

11h45 - 13h15 Sortir du Franc CFA
Quelles causes, quelles conséquences, quelles solutions ?
Hortense Fangoe (journaliste)
Karine Oriot (journaliste et modératrice)
Mwazulu Dyabanza (Porte parole du Mouvement " Marron-Unité.Dignité.Courage "
Louis Georges Tin (Président du CRAN)

13h30 - 15h Appel pour la reconnaissance des crimes coloniaux
http://www.mesopinions.com/petition...
Invité Olivier Lecour Grandmaison

15h15- 16h45 Guadeloupe Mé67, 50 ans déjà 
Les martyrs guadeloupéens victimes de la répression coloniale de mai 67
Le Comité du 10 Mai invite :
Elie Domota, syndicaliste du LKP (visio conférence)
Luc Reinette, indépendantiste guadeloupéen (sous réserve)
Raymond Gamma, historien (visio conférence)
Théo Lubin (modérateur)

17h-18h "Je suis Bamboula"
Proclamation du Prix du Colonialiste 2017
https://fr.surveymonkey.com/r/P5MBNW3

SALLE CLUB

11h -12h30 Comment combattre concrètement les offensives et les idées d’extrême droite ? 
Débat organisé par VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes) et le CUAFA 20ème (Collectif Unitaire Antiraciste et AntiFascistes)

12h45 - 14h15 Le Secret défense, contre la vérité et la justice ?
organisée par le réseau "Justice pour Sankara justice pour l’Afrique", avec le comité de soutien à Elisabeht Borrel, l’institut Ben Barka, SURVIE, Sortir du Colonialisme, et Au nom de la mémoire.
Bachir Ben Barka fera l’historique du secret-défense dans l’affaire Ben Barka et informera des dernières démarches judiciaires et autres.
Elisabeth Borrel témoignera de son combat pour connaître la vérité sur l’assassinat de son mari, juge à Djibouti, que des réseaux franco-djiboutiens ont tenté de faire passer pour un suicide.
François Graner, chercheur, auteur du livre Le sabre et la machette -officiers français et génocide tutsi, témoignera de ses travaux sur le génocide des Tutsis au Rwanda et des blocages qu’il rencontre pour obtenir des documents pourtant déclassifiés.
Bruno Jaffré, animateur du réseau Justice pour Sankara, justice pour l’Afrique, auteur d’ouvrages sur Thomas Sankara, fera le point sur l’affaire Sankara et la demande de levée du secret défense par un juge burkinabè.
Mehdi Lallaoui, réalisateur, président de Au nom de la mémoire, témoignera des blocages rencontrés lors de ses travaux sur le 17 octobre 1961 et les massacres de Sétif en mai 1945.
Armelle Mabon, historienne, évoquera les obstructions à la manifestation de la vérité sur le massacre des ex-prisonniers de guerre tirailleurs"sénégalais" au camp de Thiaroye le 1er décembre 1944 et de la fraude scientifique au service d’un mensonge d’Etat.
Henri Pouillot, Membre du Bureau Exécutif National du MRAP, du Bureau National de l’ARAC, Président de "Sortir du Colonialisme", Témoin de la Guerre de Libération de l’Algérie interviendra sur les zones d’ombre de l’affaire Maurice Audin toujours couvertes par le secret défense.

14h30 – 16h Cameroun, une guerre à l’origine de la Françafrique
Survie invite Thomas Deltombe

DIMANCHE 5 MARS

SALLE FORUM

10h30 - 12h Liberté de circulation et d’installation

Conférence organisée par la FASTI
Invitées : Prudence Riff et Josie Boucher, co-présidentes de la Fasti

12h15- 13h45 1947-2017 L’insurrection malgache- Histoire Universitaire, Mémoires Populaires
Présentation de l’événement du 29 mars à l’INALCO

14h – 15h30 Mémoire Eclatée, De la décolonisation au déclin de l’Occident

Nils Andersson invite Samir Amin philosophe, économiste franco-égyptien et président du Forum mondial des alternatives et Vanessa Codaccioni Historienne et politisée, spécialiste de la répression politique. Maîtresse de conférences à l’université Paris 8, elle a publié un ouvrage sur les procès politiques pendant la guerre froide et la guerre d’Algérie (Punir les opposants, Editions CNRS), et, plus récemment, sur la justice d’exception et l’antiterrorisme (Justice d’exception, Éditions CNRS). Ce livre constitue un témoignage exceptionnel sur plus de 60 ans du parcours d’un homme depuis les années 50 à nos jours. Deux tiers de l’ouvrage raconte les années d’activités littéraires, théâtrales et éditoriales de Nils Andersson à Lausanne – la fondation de la Diffusion et des Editions de La Cité. En 1957, Nils Andersson rencontre Jérôme Lindon (Editions de Minuit), Jean-Jacques Pauvert (Editions Pauvert), et Robert Voisin (Editions de l’Arche) afin de leur proposer la diffusion de leur catalogue en Suisse. Il deviendra éditeur lorsque Lindon lui demande d’éditer La Question d’Henri Alleg, ouvrage interdit en France. Dès 1961, il diffusera également les Editions Maspero et deviendra, après de nombreuses publications liées à la cause algérienne, l’éditeur du Petit livre rouge de Mao et d’autres publications maoïstes. Après son expulsion de Suisse par le Conseil fédéral en 1966, il travaillera cinq ans à Radio Tirana (émissions françaises), puis il deviendra le diffuseur des maisons d’éditions françaises en Suède. A sa retraite, il s’installe à Paris et devient actif au comité scientifique d’attal tout en s’engageant sur les problématiques des droits humains. Cet ouvrage raconte également l’aventure de la décolonisation et de ce que Nils Andersson appelle le " déclin de l’occident ".

15h45 – 18h Violences policières et Racisme d’Etat
Invitées : Ramata Dieng (Collectif Vie Volées), Nacira Guenif (sociologue)

18h15 Concerts : Cihan, musicien et chanteur kurde + EDS, rap décolonial

SALLE CLUB

11h- 12h45 Racisme et colonialisme : Le cas d’Israël
Organisé par l’ UJFP

13h – 14h15 Maghreb : Comment sortir du racisme antinoir ?
Les conséquences des migrations africaines subsahariennes, et le poids de l’histoire subie par les Noirs du Maghreb

Invités :
Mireille Fanon - Mendès France Experte, ex-président du Groupe de travail des Nations Unies sur les personnes descendant d’Afrique, Conseil des droits de l’homme
Fabien-Didier Yéné Militant Réseau Afrique Echanges Migrants
Karima Souid ex députée-Constituante, Chef de projet chez Euromed Droits (REMDH) (en Visio conférence)
Joanes Louis Avocat
Eléonore Bassop (modératrice)
Organisé par le CRAN

14h30- 16h Cameroun : Quelle solution à la crise dans les régions dites anglophones, genèse d’une unité de façade ?

Partition, fédéralisme, la somalisation peut elle permettre de répondre aux problèmes des populations ou ne faut il pas apporter une réponse politique globale qui prenne en compte les particularités de chaque région dans le cadre d’un devenir commun ?
Au moment où la lutte s’intensifie dans les régions du nord ouest et du sud ouest avec pour seule réponse de la part du régime néocolonial de Paul Biya une répression aveugle, brutale, l’UPC se propose d’analyser la situation et de présenter les possibles solutions politiques. Plusieurs leaders d’opinions sont arrêtés, trois d’entre eux vont être présentés devant une cour militiaire et risquent la peine de mort.

Paul Biya, au pouvoir depuis 35 ans, ne cesse d’enfoncer le pays dans une crise politique, économique, sociale sans précédent en semant la terreur, la division et en tentant de créer les conditions du chaos après son départ. Il envisage, malgré tout, à 85 ans de se représenter aux prochaines élections présidentielles en 2018.

Invités : Njufom Samuel et/ou Essoh Moïse, tous deux membres du Bureau du Comité directeur de l’Union des Populations du Cameroun (UPC)

Partenaires : 
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http://survie.org/publications/brochures/article/cinq-guerres-pour-un-...

Dernier rapport de Survie "Cinq guerres pour un empire"
Bilan de l’interventionnisme militaire français en Afrique. 2011-2016

Mi-janvier s’est tenu le dernier sommet Afrique France à Bamako. Á cette occasion, Survie a publié son dernier rapport, proposant un bilan critique des dernières interventions militaires françaises en Afrique.

Les 13 et 14 janvier 2017 se déroulera à Bamako, au Mali le 27ème Sommet Afrique-France, pompeusement nommé « Sommet de Bamako pour le Partenariat, la Paix et l’Emergence ». En réalité, les questions de sécurité seront au centre des discussions. Le Mali, pays où François Hollande a lancé sa première grande opération militaire, sept mois après son élection, est ainsi choisi pour servir de vitrine au bilan de la politique africaine du quinquennat. La présence militaire française en Afrique s’est considérablement renforcée depuis 2011, au travers d’interventions de grande envergure, sensées contribuer à la paix et à la sécurité en Afrique et en Europe. Le résultat d’une telle politique est pourtant loin d’être positif, comme en témoigne notamment la militarisation française de toute la zone sahélienne vouée à durer et la récurrence des combats dans celle-ci, le chaos en Libye et le maintien des tensions en République Centrafricaine.

En effet, depuis 2011, une intervention militaire française en Afrique semble en appeler une autre. Présentées comme des victoires, ces opérations posent éminemment question. Le passage à l’offensive de la force Licorne en Côte d’Ivoire en 2011 pour faire tomber le régime de Laurent Gbagbo est un nouvel exemple d’une France qui outrepasse ses mandants onusiens. L’intervention Harmattan en Libye a eu des répercussions particulièrement néfastes, en témoigne le chaos qui perdure à l’heure actuelle.

D’autant que cette guerre a aussi eu des répercussions sur les pays de la région, et notamment sur le Mali où des combattants touaregs démobilisés de l’ancienne armée du Guide libyen sont rentrés avec armes et bagages. Ces derniers participeront à la déstabilisation du pays et à l’implantation de différents groupes armées, dont certains se revendiquant de l’Islam radical. C’est ainsi que la France est intervenue pour combattre les groupes armés implantés dans le nord avec l’opération Serval, mais a, dans le même temps, remis en selle le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA), pourtant à l’origine de la crise.

Cinq guerres pour un empire Bilan des OPEX 2011-2016 Avec Barkhane, et au nom de la « guerre contre le terrorisme » l’armée française est désormais durablement implantée au Burkina Faso et au Niger, et relégitime la dictature d’Idriss Déby au Tchad en en faisant le point nodal de ses guerres africaines. Enfin, en Centrafrique, la France s’est embourbée dans une guerre civile d’une rare violence dont elle était en même temps juge et partie.

A l’occasion de ce nouveau sommet françafricain, Survie a donc décidé de publier un nouveau rapport afin de faire un bilan des opérations militaires de la France en Afrique, ce depuis l’intervention en Libye (2011) jusqu’à aujourd’hui.

Rapport à télécharger ci-dessous.
- Rapport de Survie - Bilan des OPEX (2011-2016)
http://survie.org/IMG/pdf/version_web_-_rapport-opex.pdf
- Cing guerres pour un empire (PDF – 1.4 Mo) 
http://survie.org/IMG/pdf/version_web_-_rapport-opex-2.pdf

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254 - février 2016 - Information en guerre 
260 - septembre 2016 - Trois morts qui font tâche 
187 - Janvier 2010 - Le coût des Opex classé « secret défense » ! 
152 - Novembre 2006 - Cameroun : Guerre du Liban : dégâts collatéraux au Cameroun 
147 - Mai 2006 - Tchad : Françafrique toujours debout 
141 - Novembre 2005 - Côte d’Ivoire - A fleur de presse - Novembre 2005 - Françafrique

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http://frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com/article2379.html

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle- legislatives-2017/2017/02/16/ benjamin-stora-la- colonisation-n-est-pas-encore- une-sequence-historique- admise_1548882

http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2017/02/16/ peut-on-dire-comme-emmanuel- macron-que-la-colonisation- est-un-crime-contre-l- humanite_5080715_823448.html

http://www.aps.dz/monde/53519-manceron-et-g%E8ze-appellent-les-fran%E7...

samedi, 18 février 2017 16:21 
Manceron et Gèze appellent les Français à "regarder en face" le passé colonial 
DR 
PARIS- L’historien Gilles Manceron et l’éditeur François Gèze ont appelé samedi les Français à "regarder en face" le passé colonial de la France, relevant que l’oubli gangrène la société.
"La nécessité de +regarder ce passé en face+ (à) est devenue d’autant plus impérative que l’+oubli+ de la part coloniale de notre histoire a produit une forme de +gangrène+ qui affecte toujours la société française", ont-ils affirmé dans une tribune publiée samedi par le quotidien Le Monde, suite à la polémique sur la qualification, par Emmanuel Macron, de la colonisation comme "crime contre l’humanité".
Les deux intellectuels ont estimé que le candidat Macron "a eu le mérite de lancer, le 15 février, dans la campagne électorale présidentielle, tel un pavé dans la mare, le sujet de notre passé colonial. Et de dire clairement que la colonisation a été en contradiction avec les principes des droits de l’homme", relevant que ce passé colonial "a laissé des traces durables dans les représentations collectives et dans les comportements de parties importantes de notre société".
Pour eux, au regard de la durée "exceptionnelle" (132 ans) de la colonisation de l’Algérie et la présence d’une importante population de colons, "il n’est pas exagéré, à notre sens, de parler d’une maladie algérienne de la société française depuis l’indépendance de cette ancienne colonie". 
"La reconnaissance (à) de ce que fut cette page d’histoire, dans toute sa complexité et sans occulter ses pages les plus sombres et contradictoires, reste très insuffisante", ont-ils soutenu, soulignant que les séquelles de ce passé "constituent le soubassement de manifestations racistes et islamophobes, parfois au cœur de l’Etat".
Gilles Manceron et François Gèze on fait observer que cette "maladie" explique également les difficultés "récurrentes" des relations politiques franco-algériennes tout comme les stigmatisations récentes des titulaires de la double nationalité franco-algérienne. 
"Les courants nostalgiques de l’Algérie française, qui en sont d’autres symptômes, constituent pour l’extrême droite un terreau fertile", ont-ils indiqué, affirmant que le fait de "ne pas avoir regardé en face cette page de son histoire, la France en est encore malade".

»» http://librealgerie.info/2017/02/19/le-vrai-visage-de-la-colonisation-...
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Et du « printemps » s’écoula un inutile flot de sang arabe… Avec Bernard-Henri Lévy, le « rossignol des charniers »

31 Juillet 2017 , Rédigé par S. Sellami

« We came, we saw, he died » [1].

C’est ainsi que Hillary Clinton, alors secrétaire d’État, avait accueilli l’annonce du sauvage assassinat de Kadhafi. La tirade césarienne, théâtralement prononcée en appuyant chaque phrase avec un mouvement de l’avant-bras, était accompagnée d’un sourire fendu jusqu’aux oreilles, d’yeux pétillants de joie et d’un gloussement de plaisir que seul un profond bonheur peut procurer.

La nature humaine est ainsi faite : il y a des sentiments qu’il est difficile de dissimuler, même lorsqu’on est au sommet du pouvoir et que la retenue est une exigence de la fonction.

Mais pourquoi diable madame Clinton a-t-elle réagit si joyeusement à un lynchage si inhumain ? Éprouvait-elle tant d’animosité pour Kadhafi qu’elle n’a pas pu respecter son devoir de réserve ?

Et cela nous amène à une question fondamentale : l’inimitié des décideurs politiques peut-elle influencer la politique d’un pays envers un autre, quitte à y provoquer le chaos, la mort et la désolation ?

La Libye

Comme dans le cas de la Tunisie et de l’Égypte, des appels à manifester en Libye ont été relayés par les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en tête. Ainsi le 17 février 2011, un « Jour de colère » a été décrété, évènement qui a collecté près de 10 000 inscriptions sur Facebook. La contestation n’a pas débuté dans la capitale, mais à Benghazi, la seconde ville du pays. Des jeunes ont manifesté dans les rues, brandissant des pancartes avec des slogans identiques à ceux utilisés lors des révolutions colorées et des vidéos bas de gamme ont été diffusées par les médias mainstream.

Mais la situation a rapidement dégénéré. La jeunesse a vite disparu de la scène pour laisser place à des acteurs beaucoup plus à l’aise dans le maniement des kalachnikovs que dans les claviers d’ordinateurs. La révolte s’est ainsi rapidement métamorphosée en guerre civile et les insurgés se sont regroupés sous un « nouveau-ancien » drapeau qui n’était autre que celui qui existait du temps du roi Idriss Senoussi, renversé en 1969 par le colonel Kadhafi.

Galvanisée par l’impulsion du « printemps » arabe, la rébellion anti-Kadhafi s’est regroupée autour d’une entité politique se nommant le Conseil national de transition (CNT). Bernard-Henri Lévy (BHL), le philosophe-guerrier aux chemises immaculées même en temps de guerre, prit fait et cause pour les insurgés libyens et réussit à convaincre le président Sarkozy de les recevoir. Ainsi, le 10 mars 2011, trois représentants du CNT rencontrèrent le président français à l’Élysée : Ali Zeidan, Mahmoud Jibril et Ali Essaoui.

Ali Zeidan, diplomate en Inde sous Kadhafi, réapparaissait après un long exil en Allemagne après défection en 1980. En février 2011, il revint au-devant de la scène insurrectionnelle libyenne par le biais d’une obscure Ligue libyenne des droits de l’homme (LLDH) dont il était le porte-parole officiel. C’est lui qui annonça, dès le début du mois de mars 2011, que la répression gouvernementale de l’insurrection libyenne avaient fait « 6000 morts, dont 3000 dans la seule ville de Tripoli, 2000 à Benghazi et 1000 dans d’autres villes. Et elles pourraient être plus importantes encore ».

Il s’avéra quelques mois plus tard que cette annonce était un mensonge et que le nombre de décès ne dépassait pas les 300 selon la plupart des organisations internationales [2].

Le secrétaire général de la LLDH, Slimane Bouchuiguir avoua ne posséder aucune preuve de la véracité de ces chiffres volontairement exagérés qu’il avait pourtant lui-même présentés à la 15e session spéciale du Conseil des droits de l’homme [3].

Le 14 mars 2011, vers 22h, Hillary Clinton sortit de l’ascenseur de l’hôtel Westin, à Paris. BHL, qui l’attendait de pied ferme, avait tout fait pour lui présenter la personne qui l’accompagnait : Mahmoud Jibril. Finalement l’entrevue tant espérée entre Clinton et Jibril allait avoir lieu. Christopher Stevens, le futur ambassadeur américain en Libye, était présent à la rencontre qui dura environ 45 minutes. Le dissident libyen y disserta de son rêve « d’un État civil démocratique où tous les Libyens sont égaux, d’un système politique participatif sans l’exclusion d’aucun Libyen, même les partisans de Kadhafi qui ne commettent pas des crimes contre le peuple libyen et comment la communauté internationale devrait protéger les civils d’un éventuel génocide [...] ». Et, conseillé par BHL, Jibril a évidemment exhorté Clinton de soutenir la proposition d’une zone d’exclusion aérienne, d’armer les rebelles et de lancer des attaques sur l’armée de Kadhafi.

Mais, persuadé de n’avoir réalisé qu’une piètre prestation, il rejoint BHL après l’entrevue. Fulminant, il sortit par une porte dérobée pour éviter les journalistes qui voyageaient avec la secrétaire d’État [4].

Bien que cette rencontre fût la première entre Clinton et Jibril, ce dernier n’était pas un inconnu pour l’administration américaine. Après un premier cycle universitaire au Caire, il continua ses études à l’université de Pittsburgh (États-Unis) où il y obtint sa maîtrise (dont le titre de thèse est « La politique américaine envers la Libye 1969-1982 : le rôle de l’image ») puis son doctorat en sciences politiques. Il enseigna ensuite plusieurs années dans cette université avant de rejoindre le gouvernement Kadhafi pour mener des réformes économiques en dirigeant, de 2007 à 2010, le Bureau du développement économique national.

Le câble Wikileaks 09TRIPOLI386, daté du 11 mai 2009, lève un peu plus le voile sur les relations entre Jibril et l’administration américaine et tout semble montrer qu’il est dans ses bonnes grâces. En effet, Gene Cretz (l’ambassadeur américain à cette époque) y mentionne que « titulaire d’un doctorat en planification stratégique de l’Université de Pittsburgh, Jibril est un interlocuteur sérieux qui "comprend" la perspective américaine » et que « Jibril souhaite la bienvenue aux compagnies américaines, aux universités et aux hôpitaux ».

En citant l’université américaine et en mettant « comprend » entre guillemets, l’ambassadeur Cretz voulait probablement insinuer que « Jibril est quelqu’un qui a étudié chez nous : il est de notre côté ».

Cette « préparation du terrain » au développement du secteur privé libyen assistée par le gouvernement étasunien et utilisant des personnalités de premier rang a fait dire à certains que depuis 2007, Mahmoud Jibril et d’autres opposants à Kadhafi avaient « ouvert la voie à la conquête de l’OTAN » [5].

Le 15 mars 2011, soit le lendemain de la rencontre de l’hôtel Westin, le président Obama réunit son staff et des membres du Conseil de sécurité nationale, dans la salle de crise de la Maison-Blanche, pour discuter de la position à prendre dans le dossier libyen. On pouvait y voir, adossée à un mur, Samantha Power, adjointe spéciale au président et directrice des affaires multilatérales au Conseil de sécurité nationale (elle est actuellement ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU et membre du cabinet du président Obama) ; Robert Gates, Secrétaire à la défense ; Tom Donilon, président du Conseil de sécurité nationale ; Denis McDonough, conseiller à la sécurité nationale (actuellement chef de cabinet de la Maison Blanche). Hillary Clinton y participa à partir du Caire, Susan Rice de New York et Gene Cretz de Paris. À l’époque ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, Rice occupe actuellement le poste de Donilon.

Toutes ces personnes formaient cependant deux camps distincts : les opposés à l’intervention américaine en Libye (dont Gates, Donilon et McDonough) et les fervents supporters d’une action musclée contre Kadhafi (dont Power, Cretz et Rice).
Clinton informa le président de sa rencontre avec Jibril et ajouta que la Ligue arabe soutiendrait l’idée d’une zone d’exclusion aérienne. Djibril s’était trompé : selon BHL, elle cacha bien sa réaction lors de la rencontre. « C’est elle qui, sans rien laisser paraître, sur l’instant, de ses sentiments privés, saura, dans les heures qui suivent, convaincre le Président de ne surtout pas suivre le non-interventionniste secrétaire à la Défense, Robert Gates », écrit-il [6]. Cretz, quant à lui, mentionna l’existence d’un rapport sur un hôpital libyen aux murs maculés de sang. Il ajouta que Kadhafi avait « abattu 1200 prisonniers pris en otage dans les années 90 » [7].

L’administration Obama ne s’est pas contentée de son personnel pour se faire une idée sur la position à prendre face à la problématique libyenne. Elle a utilisé les compétences d’« experts » néoconservateurs, véritables faucons de l’ère Bush fils, artisans du désastre irakien, tel Elliott Abrams [8] ou le cofondateur du think tank américain pro-israélien « Washington Institute for Near East Policy » (WINEP), Dennis Ross. Il est intéressant de noter que WINEP est une création de l’« American Israel Public Affairs Committee » (AIPAC), le lobby juif pro-israélien le plus puissant des États-Unis [9].

Dès sa première élection, Obama nomma Dennis Ross comme Conseiller Spécial pour le Golfe et l’Asie du Sud-ouest auprès de la Secrétaire d’État Hillary Clinton. Quelques mois plus tard, Ross quitta le Département d’État pour se joindre à l’équipe de la Maison Blanche chargée de la Sécurité Nationale et occuper le poste d’assistant spécial du président Obama et de directeur senior pour le Moyen-Orient, le Golfe Persique, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Asie du Sud. Ross, qui avait soutenu l’invasion de l’Irak, est surnommé l’avocat d’Israël car connu comme supporter inconditionnel de l’État hébreu. Membre influant de l’AIPAC, c’est probablement pour le remercier de son appui auprès de la communauté juive américaine lors de la campagne présidentielle de 2008 qu’Obama le nomma à ce poste [10]. Il va sans dire que Ross et Abrams sont allés grossir les rangs de l’équipe Power-Cretz- Rice.
Deux jours plus tard, soit le 17 mars 2011, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 1973 permettant l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne et de prendre toutes les mesures nécessaires « pour protéger les populations et les zones civiles menacées ».

Selon certaines sources, Mme Clinton avait travaillé très fort pour convaincre les états membres du Conseil de sécurité de ne pas utiliser leur droit de veto en appelant personnellement leurs représentants [11].

Malgré cela, la résolution fut adoptée avec cinq abstentions : celles de la Chine, de la Russie, de l’Allemagne, du Brésil et de l’Inde.

Un Américain proche de la famille Kadhafi rapporta que la nuit suivante (le 18 mars 2011), Seïf al-Islam Kadhafi, le fils du chef d’état libyen, a essayé d’organiser une conversation téléphonique avec Hillary Clinton qui refusa de lui parler. Elle demanda au contraire à Gene Cretz de le rappeler pour lui ordonner de retirer toutes ses troupes des villes et de quitter le pouvoir [12].

Le 19 mars 2011, l’intervention militaire débuta : l’armée américaine lança, ce jour-là, pas moins de 110 missiles de croisière Tomahawk pour atteindre des cibles de la défense aérienne libyenne à Tripoli, la capitale, et à Misrata, dans l’ouest du pays [13].

En quelques semaines, le pays a été pilonné et, le premier mai, une frappe aérienne tua le fils cadet de Kadhafi ainsi que trois de ses petits-fils. Cela relança le débat à savoir si la résolution 1973 faisait de Kadhafi et sa famille des cibles légitimes.
Mais cette expédition militaire de Clinton et de son équipe de va-t-en-guerre n’était pas du goût de tout le monde. C’est le cas de Dennis J. Kucinich, membre du Congrès américain, qui a admis avoir gardé des contacts avec Kadhafi et son entourage. Il craignait que Mme Clinton utilise l’émotion pour vendre une guerre non justifiée contre la Libye. Kucinich a reconnu avoir été contacté par des intermédiaires en Libye qui ont affirmé que Kadhafi était prêt à négocier une fin au conflit dans des conditions qui semblaient favoriser la politique de l’administration américaine. 
Kucinich n’était pas le seul à émettre des réserves. Très sceptiques à l’égard du bellicisme clintonien, des hauts responsables du Pentagone ont aussi ouvert des canaux diplomatiques avec la Libye de Kadhafi.

Des enregistrements secrets de conversations authentifiés par leurs protagonistes ont été minutieusement analysés par des journalistes du Washington Times. Cette analyse montre que Mme Clinton a mené les États-Unis à une guerre inutile sans se soucier des recommandations de la communauté du renseignement [14]. Selon cet article, de nombreux responsables américains ont confirmé que c’était Mme Clinton et non le président Obama qui a poussé pour l’utilisation de la force militaire de l’OTAN pour se défaire de Kadhafi. Dans ses conversations privées, Obama informait les membres du Congrès que la Libye était « l’affaire de Clinton ». Ainsi, au lieu de s’appuyer sur le ministère de la Défense ou de la communauté du renseignement pour l’analyse, la Maison Blanche a fait confiance à Mme Clinton qui était soutenue par Susan Rice et Samantha Power.

Après la chute de Kadhafi, Christopher Stevens a été nommé ambassadeur en Libye, poste qu’il n’occupa qu’un peu plus de trois mois. Le 11 septembre 2012, il fut assassiné par des islamistes libyens, ceux-là même qu’il avait aidé à prendre les rênes de la Libye post-Kadhafi [15]. Ce qui a fit dire à la secrétaire d’État : « De nombreux Américains se demandent aujourd’hui, je me le suis demandé moi-même, comment cela a pu se produire. Comment cela a-t-il pu se produire dans un pays que nous avons aidé à libérer, dans une ville que nous avons aidée à échapper à la destruction ? » [16].

À la suite de ce dramatique événement, la « Citizens’ Commission on Benghazi » (CCB) a été créée. Cette commission citoyenne, dans laquelle siègent des officiers retraités de l’armée américaine ainsi que d’anciens responsables de la CIA, s’est donnée pour mission de « tenter de déterminer la véracité et l’exactitude de ce qui est arrivé à Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012, en référence à l’attaque terroriste sur le complexe diplomatique américain qui a entraîné la mort de quatre Américains, y compris l’ambassadeur en Libye, Chris Stevens » [17].

Les travaux de cette commission ont été publiés le 22 avril 2014 dans un rapport intitulé « How America Switched Sides in the War on Terror » (Comment l’Amérique a changé de camp dans la guerre contre le terrorisme) [18].

Ce document rapporte les différentes discussions qui ont eu lieu entre des militaires américains de haut rang et les proches de Kadhafi.

Le 20 mars 2011, soit le lendemain du début des frappes américaines, le général Abdelkader Youssef Dibri, chef de la sécurité personnelle de Mouammar Kadhafi, transmit la proposition de Kadhafi pour établir une trêve afin d’amorcer des pourparlers directs avec le gouvernement des États-Unis. Le contre-amiral américain à la retraite Charles R. Kubic, qui œuvrait comme consultant d’affaires en Libye, en fut rapidement informé.

Dès le lendemain, soit le 21 mars 2011, Kubic entreprit de faire parvenir la proposition à AFRICOM-Stuttgart. Son contact, le lieutenant-colonel Brian Linvill, fit le nécessaire pour que l’information arrive le jour même au commandant de l’AFRICOM, le général Carter Ham qui a accepté de collaborer. Linvill avait préalablement discuté directement avec le général libyen Ahmed Mahmoud, un proche de Kadhafi. À son tour, le général Carter Ham communiqua avec beaucoup d’enthousiasme la proposition au Pentagone via la chaîne de commandement.

Selon Kubic, « les Libyens arrêteraient toutes les opérations de combat et retireraient toutes les forces militaires à la périphérie des villes ».

Le 22 mars, Kadhafi commença à retirer ses forces d’importantes villes tenues par les rebelles comme Benghazi et Misrata.

Mais après deux jours d’attente et de va-et-vient avec les Libyens, le général Ham n’avait reçu aucune confirmation quant à la suite à donner à l’offre de Kadhafi.

Le contre-amiral Kubic déclara que le général avait plutôt reçu des ordres de se retirer des négociations et que ces ordres émanaient du département d’État. Questionné par les journalistes du Washington Times, le général a refusé de commenter cette déclaration.

Et Kubic de se poser les « vraies » questions : « Si leur but était d’écarter Kadhafi du pouvoir, alors pourquoi ne pas essayer une trêve de 72h ? ». Pour enfin conclure : « ce n’était pas suffisant de l’écarter du pouvoir ; ils le voulaient mort ».

Kubic fit d’autres révélations : « [Kadhafi] revint et dit qu’il était prêt à partir pour permettre l’établissement d’un gouvernement de transition, mais il avait deux conditions. La première était de s’assurer, après son départ, qu’une force militaire reste pour chasser Al-Qaïda. Dans la seconde, il demandait un libre passage ainsi que la levée des sanctions contre lui, sa famille et ses fidèles. À ce moment-là tout le monde pensait que cela était raisonnable. Mais pas le Département d’Etat ».

La conclusion du rapport de la CCB est très éloquente. Elle mentionne que la guerre en Libye n’était pas nécessaire, qu’elle aurait pu être évitée si les États-Unis l’avaient permis et que l’administration américaine a facilité la fourniture d’armes et le soutien militaire à des rebelles liés à Al-Qaïda.

La guerre a alors continué comme si de rien n’était. Selon une déclaration du CNT datant d’août 2011, pas moins de 50 000 personnes ont été tués après à peine six mois de conflit [19]. Et cela ne s’est pas arrêté. Des dizaines de milliers de vies ont été inutilement sacrifiées sur l’autel d’une « démocratie » chimérique et un pays nommé Libye a périclité...

Capturé le 20 octobre 2011, Mouammar Kadhafi a été sauvagement lynché et sodomisé [information non vérifiée. LGS] par des rebelles hystériques. Allongé sur un sale matelas, son corps écorché et sans vie fut exposé comme un trophée de chasse à une foule de badauds friands d’images macabres.

« We came, we saw, he died ». Clinton a fini par avoir la peau de sa « proie ».

Et elle n’était pas la seule. Dans ce chapitre, l’histoire retiendra aussi les rôles des fervents promoteurs de l’intervention militaire contre la Libye, à savoir le président Nicolas Sarkozy, le sénateur John McCain et le « rossignol des charniers », Bernard-Henri Lévy.

En décembre 2011, Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), s’était écrié : « Je pense que la manière dont M. Kadhafi a été tué donne naissance à des soupçons de [...] crimes de guerre » (sic) en ajoutant qu’il enquêtait sur des soupçons de crimes de guerre de la part des insurgés ayant renversé Mouammar Kadhafi et de la part de OTAN, qui leur a fourni son appui [20].

Le 2 mars 2012, un rapport de la commission d’enquête de l’ONU sur la Libye, mise en place par le Conseil des droits de l’homme, a accusé les insurgés anti-Kadhafi de violations graves incluant des crimes de guerre et des infractions aux droits de l’homme. La commission a mentionné les exécutions sommaires, la torture, les disparitions forcées, les attaques indiscriminées, les pillages et tout particulièrement le ciblage des Tawergha, une communauté libyenne noire [21].

Et, comme le note le journaliste Karim Lebhour, « Si les pays de la coalition ont été très vocaux à l’encontre des crimes du colonel Kadhafi, leurs critiques sont beaucoup plus discrètes quand il s’agit des rebelles et du nouveau gouvernement libyen » [22].

Gloire aux vainqueurs : le 9 mars 2012, l’AFRICOM a été décoré du « Joint Meritorious Unit Award » pour son rôle dans la « printanisation » de la Libye [23].

Mais combien de sang libyen a coulé inutilement ?

La Syrie

La guerre civile qui secoue actuellement la Syrie a des curieuses similitudes avec la celle qui a prévalu en Libye : a) l’épicentre initial de la révolte syrienne n’était pas situé dans la capitale mais dans une région frontalière (contrairement à la Tunisie et l’Égypte) ; b) Un « nouvel ancien » drapeau est apparu comme étendard des insurgés ; c) La phase non-violente de la révolte a été très courte ; d) L’implication militaire étrangère (directe ou indirecte) a rapidement transformé les émeutes non-violentes en sanglante guerre civile.

Et, comme dans le cas de la Libye, cette « révolution » aurait pu rapidement finir avec l’image du président Bachar, le cœur dévoré par des djihadistes spécialistes de la question, puis exposé sur un matelas sordide. « Aidée » par la machine de guerre otanienne, la Syrie aurait rapidement connu le même sort que la Libye si ce n’était la leçon de « la résolution 1973 ».

En effet, de nombreux pays ont estimé que les États-Unis et leurs alliés ont détourné et abusé de cette résolution en permettant à l’OTAN d’outrepasser le mandat du Conseil de sécurité. En particulier la Russie et la Chine qui, à chaque fois que l’occasion se présente, opposent leurs vétos à toute résolution onusienne condamnant la Syrie ou son président, Bachar Al-Assad.

Reste une similitude de taille entre les deux conflits : la tragédie syrienne aurait pu, elle aussi, être évitée et ce, dès le mois de février 2012. C’est ce qui a été récemment révélé par l’ancien président de la Finlande (1994-2000) et prix Nobel de la Paix (2008), Martti Ahtisaari [24].

Le 22 février 2012, Martti Ahtisaari rencontra les représentants des cinq nations membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies pour le compte de « The Elders », une ONG qui regroupe des personnalités indépendantes agissant pour la paix et les droits de l’homme dans le monde. Ahtisaari, qui possède une grande expérience dans la résolution des conflits internationaux, se rappelle bien de sa rencontre avec une vieille connaissance : Vitali Tchourkine, le représentant russe.
Tchourkine lui proposa un plan de résolution du conflit syrien en trois points : 1) ne pas armer l’opposition ; 2) organiser un dialogue entre l’opposition et Bachar Al-Assad ; 3) permettre à Bachar Al-Assad de se retirer élégamment.

Selon Ahtisaari, Tchourkine parlait au nom du président russe Vladimir Poutine [25]. Il s’empressa donc de présenter le plan aux représentants américain, britannique et français. Mais aucune suite n’y fut donnée. Selon l’ex-président Finlandais, l’indifférence à la proposition russe était motivée par le fait, qu’à cette époque, tout ce beau monde pensait qu’il ne restait que quelques semaines à Bachar et, donc, il n’y avait aucun besoin de faire quoi que ce soit.

Sans doute encore sous l’euphorie de son « triomphe » contre Kadhafi, Hillary Clinton déclara, le 28 février 2012, que le président Bachar « répondait à la définition d’un criminel de guerre » [26]. À cette époque, le conflit avait causé la mort d’environ 7500 personnes. Aujourd’hui, ce nombre s’élève à 250 000 avec 8 millions de déplacés dans le pays et 4 millions de réfugiés dans les pays voisins [27].

Commentant cette affaire, le journaliste britannique John Hall écrit : « Si ses allégations sont vraies, cela signifie que la sanglante guerre civile syrienne aurait pu avoir une conclusion pacifique trois ans plus tôt, sauvant des centaines de milliers de vies, bloquant l’arrivée de l’ISIS dans le pays et même évitant à l’Europe de connaître sa pire crise des migrants de depuis le Seconde Guerre mondiale » [28].

En ce qui concerne les « migrants », Ahtisaari a un avis arrêté : « Nous aurions pu empêcher que cela n’arrive car il s’agit d’une catastrophe que nous avons créée nous-mêmes [...]. Je ne vois pas d’autre option que de prendre soin de ces pauvres gens...Nous payons les factures de ce que nous avons nous-mêmes causé » [29].

Combien de vies auraient pu être sauvées, combien de malheurs auraient pu être évités, combien de peines auraient pu être épargnées si la recherche d’une solution avait placé l’Être humain au-dessus des intérêts bassement politiques ou des sentiments personnels des leaders politiques occidentaux ?

Les différentes péripéties de ces bouleversements tragiques qui ont touché les pays arabes et que les bien-pensants veulent vendre comme étant un « printemps » montrent à quels sommets s’est hissée l’hypocrisie des décideurs politiques occidentaux. Derrière leurs discours mielleux d’où suintent une morale fallacieuse et des formules creuses, se cachent des mains éclaboussées.

Éclaboussées par cet inutile flot de sang arabe qui ne finit plus de s’écouler de ce malheureux « printemps »...

Ahmed Bensaada

»» http://www.ahmedbensaada.com/index.php++cs_INTERRO++option=com_content++cs_AMP++amp ;view=art...

Références

1- « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort »

2- Ahmed Bensaada, « Arabesque$ : Enquête sur le rôle des États-Unis dans les révoltes arabes », Éditions Investig’Action, Bruxelles, 2015, chap.5

3- Julien Tell, « La guerre humanitaire », Documentaire (2011), YouTube, (mis en ligne le 28 novembre 2011), https://www.youtube.com/watch?v=koYzkEWHtQA

4- Jeffrey Scott Shapiro et Kelly Riddell, « Exclusive : Secret tapes undermine Hillary Clinton on Libyan war », The Washington Times, 28 janvier 2015,http://www.washingtontimes.com/news/2015/jan/28/hillary-clinton-underc...

5- Voir référence 2

6- Bernard-Henri Lévy, « Trois rencontres avec Hillary Clinton », L’Orient le jour, 28 avril 2015, http://www.lorientlejour.com/article/922611/trois-rencontres-avec-hill...

7- Michael Hastings, « Inside Obama’s War Room », Rollingstone, 13 octobre 2011,http://www.rollingstone.com/politics/news/inside-obamas-war-room-20111013

8- Ahmed Bensaada, « Syrie : le dandy et les faucons », Reporters, 15 septembre 2013,http://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=art...

9- Ahmed Bensaada, « Les activistes du « printemps » arabe et le lobby pro-israélien », Reporters, 26 septembre 2013, http://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=art...

10- Ahmed Bensaada, « Ahmadinejad à Times Square », Le Quotidien d’Oran, 15 août 2010,http://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=art...

11- Voir référence 4

12- Voir référence 7

13- Merle David Kellerhals et Stephen Kaufman, « Une coalition internationale frappe l’armée libyenne », IIP Digital, 19 mars 2011,http://iipdigital.usembassy.gov/st/french/article/2011/03/201103211438...

14- Voir référence 4

15- Ahmed Bensaada, « Haftar : le « partenaire efficace » des États-Unis en Libye », Reporters, 3 juin 2014, http://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=art...

16- IIP Digital, « Déclaration de Mme Clinton sur la mort d’Américains en Libye », 12 septembre 2012,http://translations.state.gov/st/french/texttrans/2012/09/201209121358...

17- Citizens’ Commission on Benghazi, « Declaration of the Citizens’ Commission on Benghazi », http://www.aim.org/benghazi/declaration-of-the-citizens-commission-on-benghazi/

18- Citizens’ Commission on Benghazi, « How America Switched Sides in the War on Terror - An Interim Report by the Citizens’ Commission On Benghazi », 22 avril 2014,http://www.aim.org/benghazi/wp-content/uploads/2014/04/CCB-Interim-Rep...

19- Reuters, « Le conflit a fait 50000 morts, dit le pouvoir intérimaire libyen », BFMTV, 30 août 2011, http://www.bfmtv.com/international/conflit-a-fait-50000-morts-dit-pouv...

20- Reuters, « Libye : La mort de Kadhafi pourrait constituer un crime de guerre, selon la CPI », 20 Minutes, 16 décembre 2011, http://www.20minutes.fr/monde/843896-20111216-libye-mort-kadhafi-pourr...

21- Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, « Report of the International Commission of Inquiry on Libya », 2 mars 2012,http://scd.rfi.fr/sites/filesrfi/A_HRC_19_68_en.doc

22- Karim Lebhour, « Un rapport de l’ONU accuse les rebelles libyens de crimes de guerre et pointe les erreurs de l’Otan », RFI, 9 mars 2012, http://www.rfi.fr/afrique/20120309-onu-accuse-rebelles-libyens-crimes-...

23- United State Africa Command, « U.S. Africa Command Receives Joint Meritorious Unit Award for Libya Operations », 21 mars 2012,http://www.africom.mil/newsroom/article/8869/us-africa-command-receive...

24- Julian Borger et Bastien Inzaurralde, « West ’ignored Russian offer in 2012 to have Syria’s Assad step aside’ », The Guardian, 15 septembre 2015,http://www.theguardian.com/world/2015/sep/15/west-ignored-russian-offe...

25- John Hall, « Could the Syrian civil war have ended peacefully THREE YEARS ago ? Former Finnish president says the US and Britain ignored Russian proposal for Assad to step down », Daily Mail, 16 septembre 2015, http://www.dailymail.co.uk/news/article-3236543/Could-Syrian-civil-war...

26- Donna Cassata, « Hillary Clinton : Bashar Assad Fits War Criminal Category », The Huffington Post, 28 février 2012, http://www.huffingtonpost.com/2012/02/28/hillary-clinton-assad-war-cri...

27- La Croix, « Syrie : 8 millions de déplacés et 4 millions de réfugiés », 21 septembre 2015,http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Syrie-8-millions-de-deplaces-e...

28- Voir référence 25

29- Voir référence 24

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L’homme qui fait parler la France... Si seulement il pouvait la faire swinger .

31 Juillet 2017 , Rédigé par S. Sellami

« Je ne suis plus de gauche, car la gauche a trahi sa promesse républicaine en précipitant le désastre de l’école au nom de l’égalité de tous avec toutes et de tout avec tout. Pour abolir, une fois pour toutes, les privilèges des héritiers, l’héritage a été réduit à sa plus simple expression. Sous prétexte de ne laisser personne sur le bord du chemin, l’école prétendument progressiste a sacrifié la rigueur, l’exigence et la langue française elle-même : un galimatias sans syntaxe fait désormais l’affaire. » 
Alain Finkielkraut / Le Point / 05 / 03 / 2015.

Et il a raison le bougre, la preuve par Syntaxe de Galimatias élève perpétuel de l’école publique .

Amis du peuple, bonjour,

Alain Finkielkraut nous dit, dans sa propre syntaxe et de ses hauteurs langagières : ( 1 ) qu’il ne croit pas en dieu, ( 2 ) qu’il n’est pas pratiquant, ( 3 ) qu’il est juif identitaire.

Pour moi, élève scolarisé uniquement à l’école PUBLIQUE de la République Française et vu ce qu’elle m’a appris et enseigné : M. Finkielkraut n’est pas juif. Il est peut être d’origine juive, si éventuellement ses parents étaient pratiquant et croyaient en leur dieu, mais lui par 1 et 2, non .

Il peut bien dire ou crier qu’il est pré-pro-before-after juif ou les défendre à tort ou à raison et à qui veut bien l’écouter avec ou sans uniforme, pour qui ? pour moi ? Non ! Merci, je ne le crois pas. Non ! Monsieur, avec tout le respect que je dois à chaque être humain et plus si affinité, vous ne croyez pas en Yahweh ou YHWH et ne pratiquez pas cette religion, alors vous êtes un Français, non croyant, laïque ( et à priori politiquement, un conservateur de droite ). Depuis « au minimum » le 9 septembre 1905, comme d’autres Français et Françaises peuvent être éventuellement d’origines Chrétiennes, Musulmanes, Juives, Bouddhistes, Animistes, etc ....

( la religion est politique aussi d’ailleurs ? Oui, mais bon ! Pour la paix des ménages et pour aujourd’hui cela sera suffisant )

Qu’il dise qu’il est juif identitaire, il me semble que cela soit un fait politique par contre très important .

Étant Français depuis (hélas pour mes os) la préhistoire et parce que par pudeur je suis aussi un peu con et pour la paix entre les humains, j’ai la faiblesse de penser qu’Alain Finkielkraut s’est trompé de mot ou fait une erreur de vocabulaire dû à une sur-connaissance trop démultiplié.

Car ! Et ! On ne va rester uniquement qu’en France, en pays « dit ou se pensant » civilisé pour bien se comprendre entre nous, avant d’aller emmerder la terre entière : les Français identitaires, les Samariens identitaires, les Bucco-rohdaniens identitaires, les Charentais identitaires, les Doubistes identitaires, les chrétiens identitaires, les musulmans identitaires, les juifs identitaires, les Parisiens identitaire, les banlieusards identitaires, les lunatiques identitaires et autres cosmopolites identitaires, etc.

Pour un nombre assez important de Françaises et de Français (et plus, si rencontre du 3eme, 4eme... Sexe) en passant par Nuit Debout ou du plus gentils des « anti-fa# » en repassant par vous Monsieur l’académicien, un identitaire ce n’est pas le plus proche cousin d’un fasciste remixé, fantasmé ou trop réellement d’actualité ?

Ou alors pour un immortel, le mot identitaire n’a pas la même signification que pour les simples mortels dont hélas je fais partie, si cela est le cas je m’excuse courbé à vos pieds depuis le fin fond des champs d’où mugissent les tendres vaches de France.

Allons Monsieur Finkielkraut, personne ne vous déteste vraiment en France autant que vous même, à part quelques irréductibles critiques et encore par excès de vanité personnel qu’en fin gourmet vous connaissez que trop bien pour en avoir longuement savouré comme conquérant les règles. Puis s’en retournant contre votre personne, elles suscitent maintenant du plus profond de vos entrailles de grandes et terribles colères victimaires. Et, comme disent certaines langues : fait exprès ! Juste par provocations humanitaires, tel l’exemple de l’arroseur arrosé ou du piégeur piégé.

Psychologie de comptoir, très certainement mais il faut bien aider les petits commerçants de nos villes et de nos campagnes ! Tout le monde doit vivre ? Poujadiste ! Qui moi ? la radio, époque noire et blanc, mais c’est sur votre banc privé qu’elle est assise maintenant cette chaîne unique, anti-sémite qui Yacoub ? Le tenancier du bar tabac de la rue des Martyrs, dont les parents ont quitté la Palestine un peu comme les vôtres ont quitté la Pologne, non, franchement je ne crois pas.

De plus comme beaucoup de trop bons Français*, on palpe en vous une certaine grisaille en l’encontre de la musique populaire, alors la prochaine fois, lorsque vous montez sur un plateau télé sans faire dans le vulgaire flashy de convenance trop en vogue dans ces milieux tant éclairés, esquivez un léger déhanché à la James Brown en chantant comme Aretha Franklin : “ Freedom, freedom, freedom ”. Bien évidement que cela soit mauvais ou faux, il n’y aura aucune conséquence, vos amis directeurs, rédacteurs en chef, mais oui ! Les privilèges des héritiers, nous injectent toujours et encore bien pire sur d’innombrables écrans pour parfaire très certainement notre éducation, ah ! C’est bon, votre mémoire vive n’est pas morte, elle vous revient, bien, très bien. Et alors qui sait ? Cela vous rappellera peut être votre jeunesse ?
Salut à toi mon frère, longue vie à tous et rendez vous sur la piste aux étoiles.

Si vous le voulez ? Non !

Ben....tant pis .

*Oui ça ! C’est du mauvais esprit mais uniquement à l’encontre des personnes qui font fermer les bars où jouent des musiciens le samedi soir avant 1 h du matin pour de fallacieux problèmes de nuisances sonores et qui ne disent rien des Marteaux-Piqueurs Décibels chantants, bien réels du Lundi matin après 9 h. (Oui ! Je sais, ça c’est du vrai travail et j’en vois déjà qui pouffent, alors que musicien sauf quand ils sont célèbres, ce n’est pas un vrai travail ? Mais, c’est une autre histoire.)

Euh, philosophe, écrivain, essayiste la franchement c’est un vrai métier, ça ? Essayiste non mais....pourquoi pas galimatiste ou syntaxiste c’est du boulot pour la promesse républicaine ? Comme d’ailleurs le désastriste, le toutiste, sans compter sur le progressiste. Élève Finkielkraut, reprenez avec coeur et honneur votre copie, trop conformiste et apprenez en partant de votre propre texte :

La plus simple expression abolie les privilèges des héritiers par la langue française elle-même promesse républicaine.

En tant que Docteur en science inconnu :

Diagnostique : Problème de vision dû à un trouble auditif droite et gauche ( assez fréquent dans la population de nos contrées qui peut prendre l’apparence parfois trompeuse d’entendre que trois notes : le bleu, le blanc et le rouge ) peut engendrer des crises chroniques, systémiques et organiques dites : écoute vaniteuse ou condescendante .

Symptôme : volonté absolue de s’exprimer sur un sujet peu ou mal maîtrisé de façon consciente ou subliminal en vu de définitivement discrédité le dit sujet pour infériorité inhérente ou sociale, préconçu par le malade pourtant pas très bien foutu lui même mais convaincu de sa suprématie ou supériorité intellectuelle. Pouvant provoquer, une ineptie parfois fatale.

Résultat : maladie dite de l’écoutille selectivofermée sur large egotrip, si cas très grave : maladie de la feuille en berne ou morte qui peut hélas détruire de façon permanente l’appareil sensitif humain mais pas l’absurdité.

Remède ( miracle ? ) / Ordonnance non contractuelle / Posologie :

3 fois par jour pour débuter, écouter du Blues ou Rythm’n’Blues ( label : Chess**, Stax**, etc.)

Puis, en fonction du patient prendre X fois par jour ou nuit, une infusion par voie orale (de préférence ) de musicalité, Goûts et Couleurs. Exemple : l’infusion Hendrixienne** / Voodoo Child (slight return) pour comprendre qu’en musique avec peu d’accords et peu de notes, on peut en dire beaucoup .

Après, faite comme bon vous semble ...

Contre-indication : ( aucune )

**Au fait ces trucs la, ça chantent en Anglais mais il y en a aussi en France près de chez vous, dans un bar, une petite salle qui le font en Français, pas tous, oh ! oui et je le sais que trop bien. (Pour les salles moyennes et grandes ? C’est comme demander au PS d’être socialiste en 100 fois plus dur, minimum, mais c’est une autre histoire, Chut ! Tabou et Capitalisme €€€).

Informations Supplémentaires :

Pour allergique éventuel : La musique n’est pas du bruit même celle que vous n’aimez pas.

( 1 ) ( 2 ) ( 3 )

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Le groupe État islamique revendique une attaque contre l’ambassade d’Irak à Kaboul

31 Juillet 2017 , Rédigé par S. Sellami

Le groupe État islamique revendique une attaque contre l’ambassade d’Irak à Kaboul

KABOUL | Le groupe État islamique a revendiqué une attaque contre l’ambassade d’Irak à Kaboul, située au centre de la capitale afghane, où de fortes explosions et des tirs ont retenti jusqu'en milieu de journée, lundi.

L’organe de propagande de l’EI, Amaq, évoque dans un très court communiqué en arabe «deux» combattants menant une attaque contre «le bâtiment de l’ambassade irakienne dans la ville afghane de Kaboul», sans donner plus de précisions.

C’est la première fois que l’ambassade d’Irak à Kaboul est attaquée, après plusieurs attentats contre des missions occidentales.

Après deux heures de mutisme, le ministère de l’Intérieur afghan a confirmé dans un communiqué l’attaque contre la légation irakienne.

«Vers 11 h 20 ce matin, un groupe de quatre terroristes a attaqué l’ambassade irakienne dans le district 4 de Kaboul».

«Un premier kamikaze s’est fait exploser à l’entrée de l’enceinte et trois autres se sont frayés un chemin à l’intérieur. La police a réagi promptement et le personnel de l’ambassade a été emmené en lieu sûr», ajoute-t-il

«L’attaque est terminée, les quatre assaillants ont été tués», a précisé le ministère sur sa page Facebook plus de quatre heures après le début de l’assaut.

La cible avait été précisée auparavant à l’AFP par un responsable de la sécurité à l’AFP, sous couvert d’anonymat. Selon cette source, «Un kamikaze s’est fait exploser devant l’entrée de l’ambassade irakienne et deux ou trois assaillants se trouvent à l’intérieur».

«Les forces spéciales sont sur place et les civils riverains ont été évacués» avait-t-il ajouté.

Les tirs continuent

Plusieurs explosions de forte puissance et des tirs résonnaient toujours près de deux heures après la première déflagration, selon les riverains.

Les premières détonations ont été entendues peu après 11 h 00 locales: au moins quatre explosions, des tirs d’armes à feu et des grenades, ont été entendus ont précisé plusieurs riverains à l’AFP.

Une épaisse fumée noire s’élevait au-dessus du quartier visé et des sirènes de police et d’ambulance retentissaient plus d’une heure après le début de l’attaque selon des photographes de l’AFP.

«Les ambulances et les forces de sécurité, y compris américaines, sont déployées sur place», a rapporté l’un d’eux.

Tenus à distance cependant de l’entrée de l’enceinte, ils n’ont pas vu de blessés ni autres victimes.

L’ambassade irakienne est située à proximité de plusieurs bâtiments abritant des services de police, dont le siège des «Afghan Public Protection Police forces» (APPF), un service du Ministère de l’Intérieur créé pour protéger les bâtiments non officiels.

L’EI qui perd du terrain en Syrie et en Irak est présent en Afghanistan depuis début 2015, principalement dans l’est et désormais le nord du pays. Le groupe a revendiqué plusieurs attentats sanglants au coeur de Kaboul depuis un an, dont le premier le 23 juillet 2016 avait fait 84 morts et 300 blessés au sein de la minorité chiite afghane.

 

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